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Ubloo partie 5

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Creepypasta from the Crypt Index du Forum -> Nécronomorial -> Traductions
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SuperPlatypus
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MessagePosté le: Dim 12 Mar 2017 - 12:44    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Salut, 


Comme convenu avec TheDude, voilà ma traduction de la partie 5 de Ubloo. 


Sans plus attendre, la traduction:



Mes mèches tombaient sur une petit partie de mon front, au dessus d'un bandeau qui me cachait les yeux. Mes cheveux étaient emmêlés. J'étais surtout en sueur, mais aussi poussiéreux et sale en vivant depuis un mois et demi dans ce putain de trou insalubre.


Je me suis relevé, là où je m'étais auparavant mis à genoux pour éviter d'avoir des crampes aux cuisses. Je marchais lentement pas après pas car j'avais la tête qui tournait après ce mouvement brusque, le sang me montait également à la tête. S'ils ne nous donnent pas bientôt à manger, je ne pense pas pouvoir survivre au prochain voyage.


Mes genoux ont fait un petit craquement lorsque je me suis à nouveau assis. A travers la porte en bois grinçante, je pouvais entendre des cris parmi des sons stridents en rythme. Qu'est ce que c'était aujourd'hui ? Un manche de balais ? Une batte de cricket ? Quoi que ça puisse être, le bruit était relativement inaudible. Je me suis toujours dit qu'il était étrange que des choses plus légères avaient tendance à plus nous blesser quand on devait en subir leurs coups.


Les bruits de frappement persistaient. J'ai entendu quelques mots murmurés, échangés avec colère. Il y avait des frottements, un craquement, puis des sons de pieds traînants au sol.


La porte s'est ouverte brusquement dans un fracas. J'ai perçu un bruit fort sur le sol au milieu de la pièce là où ils avaient auparavant jeté Mitch.


Les gardes ont dit quelques mots en Arabe, puis j'ai senti mon bandeau se déchirer. La lumière m'aveuglait même sur ce sol pourri au sein de ce bâtiment rudimentaire. Cette pièce était revenue au centre de leurs préoccupations. Ils m'ont relevé. Ce n'était pas un visage qui m'était familier. Celui-là m'était inconnu. Il s'est dressé devant moi portant des vêtements propres et une barbe bien taillée et pointue.


Nous nous sommes renvoyés nos regards pendant un moment, puis il a souri, ce qui lui dévoilait quelques dents manquantes.


« Nous gardons le meilleur pour toi » a-t-il dit avec un fort accent arabe.


Ensuite, ils m'ont emmené dans l'autre pièce. J'ai entendu la porte se claquer derrière moi. Puis, ils m'ont jeté au milieu.


Je me suis retourné afin de jeter un coup d'œil aux environs. Le traducteur me regardait fixement, de haut depuis le coin de la pièce, vraisemblablement frustré. Les deux qui m'avaient jeté et le nouveau restaient là près de la porte, seulement pour me dévisager.


Le nouveau a formulé quelques mots en arabe, langue avec laquelle je commençais maintenant à me familiariser. Puis, ils se sont avancés, ont mis chacun une main sous mes épaules et m'ont installé sur une chaise. Le premier marchait derrière moi et conservait sa position, l'autre bougeait doucement avec habileté devant moi. Ce rituel... J'étais désormais bien habitué à tout ça.


Après avoir relevé ma tête, je regardais son visage tout en ne le détournant pas du regard. Il avait l'air particulièrement énervé aujourd'hui.


Le nouveau a rapidement crié un mot en arabe, de la même intensité qu'une cloche sur un ring de boxe aurait pu avoir, et le garde énervé s'est exécuté aussitôt.


Il a porté deux coups puissants sur mon ventre ce qui m'a coupé le souffle et m'a contraint à me recroqueviller un instant.


« Comment les américains prévoient de prendre la ville ? Quand vont-ils attaquer ? » demandait le traducteur.


Je répondais par un silence digne de ce nom.


Je fus frappé brutalement par une paume moite sur mon oreille gauche, ce qui a explosé cette partie de ma tête. Les questions redondantes ont soudainement repris.


« Quels secrets savent-ils sur nous ? Où pensent-ils que nous nous cachons ? »


Toujours le silence, puis un coup fort sur ma cage thoracique, suivi d'un autre coup rapide sur ma tempe, si fort que ma vue en était devenue floue.


Ca a continué de cette sorte pendant quelques minutes. L'incessant et répétitif questionnement, les frappements, les halètements, et ma lutte pour rester conscient. Pourtant, j'étais encore intrigué par le nouvel arrivant.


A un moment, l'homme énervé était arrivé à bout de souffle, j'ai entendu quelques mots en arabe venant du coin de la pièce. Ma tête pendait inerte sur mon ventre avec des va-et-vient qui restaient hors de contrôle.


La porte s'est ouverte. Bien, c'était enfin terminé.


Mais je percevais des bruits de pas derrière ma chaise, celui qui me retenait en place s'est dirigé vers l'autre pièce.


Sans son appui pour me maintenir, je me suis effondré sur le sol amplifiant par conséquent ma gêne à respirer. J'ai ouvert mes yeux au bon moment pour voir qu'ils traînaient Danny de force à l'intérieur de cette salle. Ils ont délié ses mains et l'ont amené sur un fauteuil où le traducteur s'asseyait habituellement. Puis, ils ont à nouveau relié ses mains et chevilles aux bras et aux pieds du fauteuil.


Lorsqu'ils ont terminé, ils se sont dirigés vers la salle des gardiens, qui était hors de portée pour voir ce qu'ils trafiquaient. Je regardais Danny qui examinait les lieux, les personnes à l'intérieur de la salle puis il a baissé son regard dans ma direction, pendant que le nouveau restait de marbre contre le mur en caressant l'extrémité de sa barbe.


Les bruits de pas revenaient de la salle des gardiens avec des bruits de bout de verre qui s'entrechoquaient. Le premier à rentrer était celui qui tenait habituellement ma chaise. Ce dernier a installé une petite table près de moi. Puis est arrivé le cogneur qui a posé sur le sol une bouteille d'eau si froide que l'eau s'était déjà condensé , il y avait également une assiette avec du pain et de l'agneau. L'agneau était tiède, bien entendu, mais je pouvais déjà sentir l'odeur qui s'en dégageait de là où je reposais sur le sol, privé de tous moyens d'agir.


Ensuite, les deux hommes se sont dirigés vers un placard et l'ont ouvert. Je les ai entendu prendre quelque chose mais je ne pouvais rien discerner étant donné ma situation. Ils l'ont laissé traîner au sol et ont essayé de trafiquer je ne sais quoi sur cette chose. Il s'est ensuivi quelques manœuvres supplémentaires desquelles je ne pouvais toujours rien distinguer. Ce boucan révélaient qu'ils avaient fait tombé quelque chose qui paraissait lourd, et, au final, ils se sont approchés de l'endroit où j'étais et m'ont soulevé pour me remettre sur la chaise.


J'ai réussi à relever ma tête en me forçant à regarder. Là, c'était Danny qui me fixait, droit dans les yeux. Il a ensuite dévié son regard sur la table à mes côtés. J'ai d'ailleurs fait de même. J'ai observé le récipient d'eau et l'assiette avec l'agneau et le pain qui était suffisamment proche pour pouvoir quasiment la savourer. Je savais que Danny pouvait tout aussi bien le faire. Puis, du coin de l'œil, j'ai vu ce que les deux gardes mijotaient depuis tout à l'heure.


Il y avait contre le mur de la pièce un générateur. Une corde en sortait jusqu'à atteindre une grosse machine noire qui possédait un long tuyau d'arrosage. Il y avait également ce qui ressemblait à un embout de Karcher accroché au bout de ce tuyau. Je fixais du regard tout le système avec stupéfaction. Puis, un des gardes s'est avancé vers le générateur et a tiré la corde. Elle s'est activée, en vrombissant et laissant couler les premiers jets d'essence. J'ai vu le tuyau qui gigotait depuis la machine noire jusqu'en dehors de la salle. J'en étais horrifié car ça m'était revenu à l'esprit.


C'était effectivement un Karcher.


Le nouveau s'en est approché lentement et pris l'embout noir du tuyau qui crachait de l'eau. Il l'a tenu dans ses mains et s'est accroupi pour me regarder droit dans les yeux.


« Imma 'an tashrab, 'aw yafeal » a-t-il annoncé avec un sourire sadique.


J'ai jeté un regard avec inquiétude au traducteur, qui paraissait lui-même effrayé.


« Il dit « soit tu bois, soit c'est lui qui s'y colle » »


Il s'est dirigé lentement vers Danny qui était toujours attaché, s'est retourné, m'a observé un instant
avec ce même sourire sadique tout en approchant l'extrémité du Karcher à quelques centimètres du mollet à découvert de Danny, et l'a mis en marche.


L'odeur de l'eau chaude et les hurlements stridents ont emplis la pièce. Je restais assis en fixant avec horreur la vitesse des jets d'eau arrachait petit à petit la chair de sa jambe. Une flaque de bouillie et de sang s'accumulait sous son pied et éclaboussait son autre jambe.


Après cette torture qui avait duré environ 5 secondes, ça s'est arrêté. Les cris de Danny résonnaient dans la pièce sans aucun obstacle pour les arrêter, pénétrant au plus profond de mon esprit.


Le sadique a fait un signe de la tête aux gardes, ils se sont baissés derrière moi et m'ont coupé les liens au poignet. Je me suis frotté les mains après les avoir placées devant moi, là où les cordes avaient rongé ma peau et m'avaient désossé.


Il me fixait avec un large sourire.


« Shurb »


Le traducteur s'est tourné vers moi.


« Il dit « boit » »


J'ai baissé mon regard vers la bouteille d'eau puis je l'ai regardé de nouveau. Il souriait.


Je descendais lentement ma main vers l'eau.


Il a ensuite crié un truc en arabe qui m'a fait sursauter et par la même occasion a fait reculer ma main.


« Il dit : « pour chaque gorgée vous devez répondre à l'une de mes questions » »


Je me suis retourné vers le traducteur qui commençait également à sourire.


A ce moment, j'ai compris le jeu.


« Et si je bois et que je ne réponds pas ? » lui ai-je demandé


Il y a eu un rapide échange en arabe, qui s'est ensuivi d'une prompte réponse


« Alors il le fera » a répondu le traducteur tout en indiquant de la tête Danny, dont ses cris étaient maintenant devenus des gémissements. La tête baissée, il observait ce qui était parti de sa jambe.


J'ai eu un serrement au ventre, et je sentais mon torse qui se crispait comme un serpent qui se mord la queue.


J'ai regardé l'homme qui tenait le Karcher le suppliant avec mes yeux de ne pas faire cela. Il m'a fait un sourire en retour, mais son sourire s'est progressivement estompé en un regard noir.


Il a pris le bout du Karcher et l'a élevé contre l'une des mains de Danny qui était attachée, et l'a mis
de nouveau en marche.


La pièce a en un instant été emplie une nouvelle fois d'humidité, d'hurlements, et d'odeurs de plaies fraîches. J'ai essayé de réagir mais les deux gardes derrière moi m'ont immédiatement remis en place en me retenant par les épaules. Danny se débattait avec acharnement en essayant d'éloigner le haut de son corps de ce supplice. Ses doigts avaient des convulsions et des spasmes à l'instar de pattes d'une araignée blessée.


Après ce qui avait semblé duré une éternité, les jets d'eau se sont arrêtés. J'ai vu ce qui restait de sa main : des bouts de chair éparpillés et un os blanc pâle. Danny pleurait maintenant, son corps ne ressemblait plus à rien.


« SHURB » a crié l'homme


Je commençais aussi à pleurer.


« Danny, ils vont te tuer » lui ai-je déclaré en sanglotant.


Il haletait et fut pris de hoquets, il n'est pas parvenu à dire le moindre mot. Nous-deux étions assis là, ensemble, dans cette pièce en pleurant. A seulement quelques mètres, mais qui semblaient représenter des kilomètres.


« Je ne peux pas supporter ça. Je ne peux tout simplement pas rester là alors qu'ils sont en train de te tuer »


Le nouveau souriait une fois de plus. Il s'est lentement accroupi pour être à hauteur de nos yeux, uniquement pour s'imprégner de la situation.


« Nous étions d'accord, Jeff » a-t-il rétorqué au milieu de ses sanglots « On savait que ça allait arriver. Nous n'étions pas effrayés »


« Mais j'ai peur maintenant Danny ». Je pleurais après tout ce qu'il avait dit. « Je ne peux pas supporter ça. Je ne peux pas »


Danny a levé sa tête suffisamment haut pour me regarder dans les yeux durant un court instant.


« Tient le coup »


Je maintenais mes yeux fermées et pleurais à chaudes larmes, celles-ci déferlaient sur mon visage. J'ai levé mon bras gauche et ai frappé le dessus de la table du bas de ma main. Ce geste a envoyé l'assiette et la bouteille en verre vaciller contre le mur et le sol où elles se sont brisées en morceaux.


Nous étions tous deux là assis en train de pleurer.


Il y a eu un cri en arabe mais je n'ai pas pu le comprendre. J'ai levé mes yeux en adressant un dernier regard à mon meilleur ami. Un des gardes a sorti de sa ceinture une machette luisante. Je n'étais pas certain de l'identité de celui qui avait donné la machette au nouveau. De toute façon, ça n'avait pas d'importance pour moi.


Le Karcher a retenti au sol puisque le nouveau l'avait jeté avec colère, en tenant, au lieu de cela, la machette dans ses 2 mains. Il a continué de me désigner, hurler en arabe mais je n'écoutais pas. J'étais plus occupé à profiter de chaque dernier instant que j'avais avec mon ami.


Un des gardes s'est approché et a attrapé Danny par les cheveux, en mettant sa tête vers le bas pour qu'il soit penché. Le nouveau ne souriait plus du tout. Il était furieux en me criant dessus en arabe et en agitant de haut en bas la machette comme un psychopathe.


Il s'est positionné du côté de Danny afin d'avoir un angle idéal. Il s'est retourné en me regardant dans les yeux, et a hurlé une nouvelle fois en brandissant la machette au dessus de sa tête.


« NON ! ARRÊTEZ PAR PITIE ! » ai-je crié dans cette cellule faiblement éclairée, et cauchemardesque.


La machette s'est abattue dans un éclat éblouissant, réfléchi par le métal. Elle a frappé l'arrière du cou de Danny, et tout a giclé à cet instant.


« UBLOO! »


J'ai eu l'impression d'avoir crié avant de me réveiller. Comme toute cette histoire semblait encore réel, je sentais mon ventre vibré et gigoté pendant que j'étais en train de me rouer de coups jusqu'à ce que je me sois assis.


Mon cri fut remplacé par le vrombissement paresseux du climatiseur, tout en restant là, assis à humer l'air froid dans le noir. J'étais en sueur et haletant. Ca m'a fait froid dans le dos lorsque je me suis rendu compte que l'air étouffant du cauchemar était devenu frais et sec comme dans la réalité.


La lumière à l'autre bout du lit s'est allumé ce qui me permettait de distinguer les formes dans le noir.


« Est-que tu vas bien ? » m'a demandé timidement Mary. « Tu te mettais des coups »


« Oui, oui, je vais bien » ai-je rétorqué entre mes expirations « Seulement un cauchemar ».


Il y a eu un long silence entre nous. Je faisais des efforts pour retenir ma respiration.


« Ta captivité ? » a questionné Mary, effrayée.


Je me suis laissé retomber sur mon oreiller et mis mes bras en l'air au-dessus de ma tête.


« Oui » ai-je répondu.


Elle est retournée s'allonger puis s'est blottie contre moi en mettant sa tête sur mon ventre. J'ai baissé un de mes bras transpirants et l'est placé autour d'elle en lui caressant l'arrière de sa tête. Elle a commencé à pleurer calmement.


« Hé, hé maintenant je vais bien, je suis là ». lui-ai je garanti tout en levant ma tête afin de pouvoir la regarder dans les yeux. « C'était juste un mauvais rêve ».


Nous nous sommes allongés durant un court moment en silence. Elle était sur le point d'arrêter de pleurer. Dans ma tête, je ressassais mon rêve. Qu'est-ce que c'était ce truc qui a été dit lorsque mon cauchemar s'est subitement terminé ? « Ubloo » ?


J'avais appris par-ci par-là quelques notions en arabe mais je ne me souvenais pas d'avoir déjà entendu ça. J'étais en train de me remuer les méninges. A ce moment même, la porte de la chambre s'est grincée en étant doucement entrouverte par une fente.


Ma femme est revenue sur son oreiller. Je suis descendu du lit, et je me suis forcé à marcher en approchant lentement de la porte, où je me suis accroupi.


« Pardon petit bonhomme, est-ce que je t'ai réveillé ? »


Il m'a fait un signe de la tête depuis le couloir avec la moitié de son visage cachée par une peluche d'un labrador noir. J'étais pratiquement certain qu'il était trop grand pour y être encore attaché.


« Je suis désolé de t'avoir réveillé fiston, Papa a juste fait un mauvais rêve, c'est tout ».


Il a fait un autre signe de la tête et a fixé du regard le sol, inquiet et embarrassé.


J'ai soupiré.


« Dis-moi, pourquoi tu ne viens pas me tenir compagnie ? Je ne veux pas que Maman sache que je suis un froussard. Je ne suis pas aussi courageux que toi » ai-je pourtant annoncé par la fente de la porte.


Ses yeux se sont illuminés.


« D'accord Papa »


J'ai ouvert la porte et il s'y est aventuré lentement d'un air somnambule. J'ai ensuite fermé la porte derrière lui, puis je l'ai porté et l'ai amené au lit en le mettant entre Mary et moi.


Elle m'a acquiescé un sourire au moment de lui donner un oreiller, puis je me suis retourné pour éteindre la lumière.


Dans l'obscurité, mon fils a changé de position et a recouvert ma main par la sienne.


« Je t'aime Papa ». a-t-il déclaré en s'endormant derrière la fausse fourrure de sa peluche.


J'ai souri.


« Je t'aime aussi Danny »





Les téléphones sonnaient tandis que des gens à moitié-éveillés déferlaient de droite à gauche au poste. J'ai ingurgité ma première gorgée de café ce qui m'a fait froncé les sourcils en remarquant que son goût avait celui d'un sale liquide brûlé.


« Salut Bill, bon boulot pour le café aujourd'hui mon pote ! » ai-je dis sarcastiquement en passant devant son bureau.


« Merci Jeff ! » a-t-il répondu tout excité, et de façon spontanée.


J'ai posé mon classeur sur mon bureau et ai bougé ma souris jusqu'à ce que l'écran de mon ordinateur s'allume.


Le visage de Thomas Abian me fixait du regard.


J'ai bu une grosse gorgée de café, et ai parcouru son dossier une fois de plus.


Résident à Stoneham, Massachusetts, c'était un praticien psychologue et si on en croit sa secrétaire, plutôt cher à consulter. Un jour, il a subitement tout quitté pour des raisons très mystérieuses, et est arrivé à Tawson, Louisiane avec une voiture remplie à rabord de drogues, pilules, bouteilles d'alcool vides, et a été retrouvé avec un flingue dans la bouche dans la maison hantée du coin.


J'ai secoué ma tête. Les nouvelles locales vont avoir une putain de journée bien remplie avec ça. Les fourgonnettes des médias sont déjà en train d'encercler le poste comme des vautours. Je suis seulement satisfait qu'on ait pu réussir à extraire le corps sans qu'aucun d'entre eux ne soient arrivés là avant.


« Salut, Jeff » ai-je entendu juste avant qu'un porte-documents soit projeté sur le bureau à côté de moi. J'ai levé mes yeux, c'était Reg, notre commissaire. « Tu t'occupes d'analyser l'autopsie »


« Bien, merci chef » ai-je répondu pendant qu'il partait en sirotant son café.


J'aimais bien Reg. C'était quelqu'un de clair et réfléchi, un ancien militaire comme moi. Cependant, je l'admets, il avait plusieurs années d'avance sur moi.


J'ai ouvert le rapport d'autopsie et ai commencé à passer en revue les données. Décès par une blessure fatale provenant d'un tir d'une arme à feu, ça ne pouvait pas être plus évident. L'angle du tir révélait que c'était un acte volontaire, aucun délit n'était noté...


Le dossier s'est ensuivi de cette sorte, toujours sans aucun détail suspect, jusqu'à ce qu'une information précise m'ait intrigué :
« Le corps de la victime a présenté des symptômes tangibles de stress cardiovasculaire occasionnés par une privation de sommeil extrême. Ces symptômes sont également liés à des dégâts prématurés et par intermittence au foie, ce qui laisse suggérer une consommation soudaine et abusive d'alcool. »


C'était étrange. Ok, la privation de sommeil peut s'expliquer avec l'Adderall. Mais, ce gars avait quand même environ dix ou quinze bouteilles vides uniquement dans sa voiture. La consommation d'alcool, j'aurais pu le deviner parce que ça lui avait donné l'apparence d'un gars qui avait avalé une distillerie entière de gin sur son chemin, mais soudainement ?


Je me suis réinstallé sur ma chaise, puis je me suis frotté le menton avec ma barbe de plusieurs jours.


Pourquoi diable un docteur riche et fortuné aurait subitement tout quitté pour consommer abusivement de l'alcool et des pilules, et aurait fini son long périple en Louisiane ? Ca n'avait pas de sens. Je continuais de me frotter le menton, puis je me suis avancé au dessus du téléphone de mon bureau.


J'ai lancé une recherche sur google pour avoir les coordonnées des hôtels de la zone, en commençant par le plus proche de l'ancienne école, jusqu'à m'en éloigner. Au quatrième, à l'extérieur de Tawson, j'ai obtenu au téléphone ce que je voulais.


Le voyage vers ce dernier fut court et agréable. Il n'y avait pas de trafic car je suis parti assez tôt dans la matinée. J'ai seulement réussi à capter sur la radio la fin de l'émission sportive que j'avais l'habitude d'écouter lorsque j'étais en patrouille.


J'ai garé ma voiture devant l'entrée de l'hôtel, puis j'y suis entré. L'un des avantages d'être flic c'est qu'on n'a jamais besoin de se garer trop loin sur les parkings.


En franchissant la porte, j'ai ressenti un vent d'air frais climatisé à proximité de la réception. Puis, je me suis approché de la réceptionniste qui avait l'air calme. Elle venait d'envoyer un couple de personnes âgées vers leur chambre avec un employé qui portait leurs bagages. Lorsqu'elle m'a vu venir, elle m'a fait un sourire et ses yeux ont scintillé d'une teinte bleue brillante.


« Bonjour M'dame » ai-je commencé « Officier Jeff Danvers de la police de Tawson, je crois qu'on s'est parlé au téléphone ? »


« Oui officier » a-t-elle rétorqué avec un autre sourire séduisant « On vous attendait »


Elle a cliqueté sur son clavier pendant quelques secondes puis a sorti une carte de chambre du tiroir à côté d'elle. Elle a regardé l'écran puis a enregistré le numéro du dos de ma carte sur son ordinateur.


« Et voilà » a-t-elle dit en laissant glisser la carte sur le comptoir. « Chambre 359, au coin de l'hôtel ».


J'ai souri en retour et pris la carte sur le comptoir. J'allais commencé à partir lorsque je me suis brusquement arrêté.


« 359, c'est bien la chambre à l'angle ? » ai-je demandé.


« En effet officier, c'est exact. »


Je n'ai pas bougé d'un pouce tout en réfléchissant pendant quelques secondes.


« La chambre la plus proche de la sortie de secours, n'est-ce pas ? »


Elle était un peu décontenancée de la question comme n'importe qui aurait pu l'être.


« Oui c'est correct. »


Intéressant. Alors que j'étais en train de m'éloigner, j'ai entendu sa voix perçante derrière moi.


« Officier ! » a-t-elle époumoné. Je me suis retourné et je l'ai vu me regarder fixement. « Est-ce vrai que... Enfin qu'il est... ».


Elle a mis son doigt sur sa gorge et a fait ce geste tranchant comme si elle se coupait la tête. Ca m'a vaguement remémoré les souvenirs des machettes.


« C'est classé mademoiselle » ai-je répondu dans un ton aussi calme que possible, puis j'ai pris l'ascenseur.


Il y a eu un bruit de sonnette lorsque les portes se sont ouvertes. La moquette ornée de rouge qui harmonisait l'entrée recouvrait chaque étage de l'hôtel. Il y avait deux panneaux directement opposés devant l'ascenseur.


L'un où était inscrit « 301-325 » avec une flèche pointant vers la gauche et l'autre « 325-360 » avec une flèche indiquant la droite.


J'ai jeté un rapide coup d'oeil dans les deux directions. Il n'y avait personne dans les environs. J'ai commencé mon long périple dans le couloir menant à la chambre 359.


Les couloirs me foutaient les jetons. C'est un truc que je ne peux plus nier désormais. Je ne suis pas sûr si ça vient du film « Shining » que je regardais avec ma mère lorsque j'étais gamin pendant les vacances d'hiver. Mais, si j'étais parieur, je dirais que ça m'a aidé à accentuer cette phobie. Je pense par dessus tout que c'est la sensation d'avoir seulement une direction où fuir si jamais on est poursuivi qui me fait ça. Un seul choix, aucune autre option possible.


Avant de le savoir, j'étais devant la chambre 359. J'ai pris une profonde inspiration, ai glissé la carte dans le mécanisme de la porte, ai vu la lumière verte s'illuminer, puis j'ai poussé la porte.


L'odeur du gin périmé est soudainement venu et emplissait la pièce. Les rideaux étaient tirés malgré le fait que le lit paraissait parfaitement intact.


J'ai allumé la lumière, puis j'ai remarqué que des bouteilles vides de gin traînaient dans la chambre. Parmi elles, il y avait quelques boîtes pour stocker la paperasse. Des boîtes qu'il avait transporté avec lui sur la route ? Après avoir haussé des épaules, j'ai inspecté la chambre en ayant enfilé une paire de gants blancs en caoutchouc.


Hormis les bouteilles, la chambre était assez bien rangée. Il y avait une petite pile de linge soigneusement pliée à côté de la fenêtre, des clés de voiture de rechange ainsi qu'une paire de chaussures neuve. J'ai ouvert les stores pour me rendre compte que cette fenêtre donnait directement sur le chemin de secours. Mes soupçons se révélaient donc être justes. Quelqu'un pourchassait ce type. Il avait planifié en avance tout son parcours s'il devait fuir, et eut la présence d'esprit de laisser ce plan en place lorsqu'il est sorti de sa chambre, au cas où il aurait tout oublié s'il serait rentré. On ne peut qu'admirer la préparation devant cela. J'imagine qu'il a gagné le moindre centime de ses revenus grâce à ce cerveau.


J'ai ouvert la commode en remarquant qu'elle était vide. Il n'y avait rien sur les cintres dans le placard et rien non plus sur la moquette excepté les bouteilles de gin et une boîte à pilules vide.


Je me suis avancé au dessus du bureau pour ouvrir les tiroirs. Il n'y avait rien dans le premier. En tirant le second, j'ai senti quelque chose rouler. Il était rempli de balles éparpillées et d'Adderall. J'en saisi une pour l'examiner. Magnum, calibre .357, ça correspondait à l'arme utilisée. J'ai rangé la cartouche dans le tiroir et j'ai ouvert celui du haut. Son contenu m'a grandement déconcerté.


Lentement et avec précaution, j'ai saisi le cahier. Je le tenais dans mes mains et l'ai inspecté pendant quelques secondes pour m'assurer qu'il était bien réel. C'était un cahier bleu avec des anneaux et avec une inscription qui avait été griffonnée à la hâte sur la page de couverture.


J'ai entendu le parquet devant la chambre se craquait ce qui m'a brusquement fait retourné pour voir cette chose debout dans le couloir. Lorsque l'excitation de la découverte dans laquelle j'étais s'était estompée, j'ai pu discerner un homme. Il portait un pantalon marron avec des chaussures marrons reluisantes. Il avait des bretelles au dessus d'un bouton blanc en bas de sa chemise qui s'harmonisait avec ses cheveux et son bouc. J'ai remarqué qu'il portait des lunettes baissées de moitié sur son nez, au dessus de sa peau marron foncée. C'était un homme noir beaucoup plus âgé que moi avec ses rides de la patte-d'oie bien visibles.


Nous sommes restés debout tout en se renvoyant nos regards l'un à l'autre, droit dans les yeux. Puis, il les a baissé sur ce que je tenais dans mes mains, tout comme je l'ai fait. On pouvait lire sur la couverture :


« Journal personnel de Thomas Abian »







le texte original: http://www.creepypasta.com/ubloo-part-five/
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MessagePosté le: Dim 12 Mar 2017 - 12:44    Sujet du message: Publicité

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Lalya
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MessagePosté le: Dim 12 Mar 2017 - 14:07    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Bon, on l'a déjà dis, c'est la suite donc on ça serait absurde de ne pas la publier, il ne se passe pas grand chose dans cette partie mais comme elle sert d'introduction à la suite c'était assez prévisible. Ca reste tout de même sympathique à lire, bref, pour.
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"J'aime les filles cinglées parce qu'elles n'ont pas de limites, elles passent leurs temps à provoquer. Parce qu'elles vont vite, sans s'arrêter, respirent juste le temps de reprendre leur souffle entre deux embardées. Parce que, par instant de grâce, elles sont belles comme un matin de fin du monde. Parce qu'elles font mal à regarder, et qu'elles n'aiment personne."
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SuperPlatypus
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MessagePosté le: Sam 18 Mar 2017 - 20:17    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Est-ce que Ubloo est tombé dans l'oubli?
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Magnosa
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MessagePosté le: Mer 22 Mar 2017 - 11:08    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

On va essayer d'ouvrir la nouvelle version des Pages Sombres le plus vite possible, pour attirer nos lecteurs habituels dessus y mettre la suite d'Ubloo me semble une bonne stratégie, donc non, pas dans l'oubli, juste en attente.
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Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière.

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MessagePosté le: Ven 31 Mar 2017 - 18:29    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Je transfère dans les propositions du nouveau blog !
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Well...What can i say ?

You guys...



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MessagePosté le: Dim 2 Avr 2017 - 22:13    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Il faut attendre l'ouverture
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Magnosa
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MessagePosté le: Jeu 8 Juin 2017 - 10:22    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Dude, tu as des nouvelles de l'auteur ?
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MessagePosté le: Jeu 8 Juin 2017 - 12:01    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

EDIT


J'avais compris traducteur au lieu d'auteur. Oui l'auteur du texte, DifferentWind, m'a donné les droits, c'est tout bon. 
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MessagePosté le: Jeu 8 Juin 2017 - 15:40    Sujet du message: Ubloo partie 5 Répondre en citant

Parfait, demain je m'occupe de la boîte mail pour voir ce qu'il en est de la participation au concours design, on voit si on bidouille un petit peu, et dès qu'on aura une deuxième publication de prête pour suivre celle d'Ubloo et pas faire un one-shot qui bide, on lance.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:53    Sujet du message: Ubloo partie 5

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