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Confession d'un vieil homme

 
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The Dude
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MessagePosté le: Jeu 18 Mai 2017 - 19:50    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

Gros coup de cœur sur ce texte. Son auteur, Jacob Healey, m'a gentiment donné les droits, et comme j'en ai convenu avec lui, voici un lien vers sa page fb. Un grand merci à SuperPlatypus pour m'avoir permis de reprendre la traduction, et pour son aide.  

 

 
C’est officiel : je suis vieux.  
  
Ces dernières années, je me réconfortais en me disant que j’entamais ma septième décennie, mais les mathématiques sont une discipline simple, qui ne pardonne pas. Aujourd’hui je fête mon 75ème anniversaire, et mon Dieu ce que les années filent.  
  
Je ne suis pas venu ici pour entendre vos meilleurs vœux, ce n’est pas un évènement qui me réjouis vraiment. Je suis content d’être toujours debout, bien sûr, mais chaque année emporte son lot de raisons de vivre. Mes os me font mal, mes enfants vivent loin de moi, et l’autre côté de mon lit est vide depuis maintenant plus de huit mois. En réalité, une fois que j’aurais voté contre ce fichu Trump en novembre prochain, j’ai bien peur de n’avoir plus rien à quoi me raccrocher.  
  
Donc épargnez-moi vos « Joyeux anniversaires » et vos félicitations, voulez-vous. Je suis ici parce que j’ai une histoire à vous raconter, une que je n’ai jamais racontée auparavant. Je pensais que je la gardais pour moi parce qu’elle était idiote, ou peut-être parce que personne n’y croirais. Il m’apparait, cependant, que plus vous vous faites vieux, plus il devient difficile de vous mentir à vous-même. Soyons honnêtes, je n’ai jamais raconté cette histoire à personne parce qu’elle m’effraie, presque à mort. 
  
Mais la mort ne m’a jamais semblée aussi amicale, alors ouvrez bien vos oreilles.  

 
  
C’était l’année 1950, dans une petite ville du Maine. J’étais un garçon de neuf ans, pas très grand pour mon âge, qui n’avait qu’un seul et unique ami à qui parler, et sa famille a décidé, sur un coup de tête apparemment, de déménager à 3000 kilomètres de moi. Cela s’annonçait comme le pire été de ma vie.  
  
Mon paternel nous avait laissé en plan, et ma mère était une ménagère compulsive (ah, ce que j’étais fier de l’avoir trouvée celle-là), donc je ne pouvais pas trainer dans la maison. Après avoir un peu hésité, j’ai décidé que la bibliothèque publique serait le meilleur endroit où passer l’été. Le choix de livres dont elle disposait, et en particulier de livres pour enfants, était pour le moins frugal. Mais au sein de cet établissement avare, on ne risquait pas de me demander d’aider à entretenir la maison, il n’y avait pas de mère acariâtre (Dieu ait son âme), et peut-être plus important encore, on ne risquait pas de me coller avec d’autres enfants. J’étais le seul gamin avec un statut social suffisamment bas pour passer ses précieuses journées de liberté à bouder entre les étagères remplies de livres, et cela m’allait très bien.  
  
La première moitié de mon été a été encore plus ennuyante que ce que j’imaginais. Je dormais jusqu’à 10h du matin, je faisais mes corvées, et puis je sautais sur mon vélo pour aller à la bibliothèque (et par vélo, j’entends un vieux bout de ferraille rouillé attaché à deux roues). Une fois sur place, je passais mon temps à soit embêter involontairement les vieux propriétaires, soit les enquiquiner délibérément. Une charmante dame, interrompue par mon incessant claquement de langue, m’a même lâché un « ferme ta putain de gueule ! », et c’était la première fois que j’entendais un adulte employer le mot qui commence par P. Ca vous fait une belle putain de jambe, je sais, mais à cette époque, c’était assez rare.  
  
Les jours monotones ont mués en semaines déprimantes. J’avais même commencé à souhaiter la reprise de l’école, jusqu’à ce que je découvre la cave. J’aurais pu jurer avoir arpenté chaque recoin de cette bibliothèque, mais un beau jour, au fond derrière une collection d’ouvrages étrangers, je suis tombé sur une petite porte en bois que je n’avais jamais vue auparavant. C’est là que tout a commencé.  
  
La porte n’avait pas de vitre, et était faite d’un bois de chêne qui paraissait bien plus vieux que le mur. Elle possédait une poignée en métal noir, qui avait l’air plutôt ancienne, ça ne m’aurait pas surpris d’apprendre qu’elle avait été fabriquée au XVIIème siècle. Sur cette poignée était gravé ce qui semblait être une unique empreinte de pas. J’avais le sentiment que quoiqu’il puisse se trouver derrière cette porte, cela m’était interdit, et par conséquent probablement la chose la plus intéressante que je verrai de tout l’été. J’ai rapidement jeté des regards autour de moi pour m’assurer que personne ne m’observait, puis j’ai tourné la lourde poignée, me suis faufilé à l’intérieur, et j’ai refermé la porte derrière moi.  
  
Il n’y avait rien ; seulement les ténèbres. J’ai fais quelques pas, puis je me suis arrêté, troublé par l’opacité des ombres qui m’entouraient. J’ai agité mes mains devant moi afin de trouver un mur ou une étagère ou quoique ce soit à quoi m’accrocher. Ce que j’ai fini par trouver était plus subtil - une fine cordelette, qui pendait depuis le plafond - mais bien plus utile. Je l’ai attrapée fermement, et l’ai tirée vers le bas. 
  
Autrefois, beaucoup d’ampoules fonctionnaient avec des cordons, et c’était l’une d’entre elles. L’endroit s’est immédiatement éclairé. Je me tenais sur une petite plateforme poussiéreuse, qui semblait ne pas avoir servi depuis un certain temps. Il y avait à ma gauche une cage d’escalier en spirale brinquebalante, en bois, qui menaçait de s’effondrer à tout instant. L’ampoule était la seule source de lumière dans la pièce, et elle était assez faible, si bien que lorsque j’ai regardé par-dessus la rambarde pour voir ce qu’il y avait en bas, le pied des escaliers se perdait dans les ténèbres.  
  
Je commençais à être effrayé. Ce lieu, où qu’il ait pu être, semblait n’avoir nullement sa place dans une bibliothèque municipale. C’était comme si j’étais dans un bâtiment totalement différent. Mais aucun enfant de neuf ans n’accepte de laisser un mystère irrésolu. Avec le recul, je voudrais pouvoir me dire de tourner les talons, de retourner faire n’importe quoi d’autre que de descendre ces escaliers. « Tu t’épargneras de nombreuses nuits blanches, » me dirais-je. Mais, bien entendu, ça je ne le savais pas à l’époque, et j’aurais même pu ne pas m’écouter. Alors au lieu de tourner les talons, j’ai pris une profonde inspiration, je me suis accroché à la rampe, et j’ai résolument regardé devant moi à tandis j’entamais ma descente. 
  
Le bois de la rampe était sec et couvert d’échardes. J’ai tout de suite lâché prise, en me servant plutôt de mes mains pour m’équilibrer pendant que je descendais les escaliers. C’était (ou du moins cela semblait être) très long, et avec seulement la pâle lumière de l’ampoule au-dessus de moi, mon cœur battait la chamade dans l’obscurité. Même les enfants peuvent le sentir lorsque quelque chose ne va pas, je pense, c’est juste qu’ils n’en ont pas toujours quelque chose à foutre.  
  
Quand mes pieds ont finalement foulé le sol bétonné du bas, l’ampoule n’était plus qu’un souvenir. Mais il y avait une nouvelle source de lumière, et mon Dieu, je ne l’oublierai jamais. Directement face à moi se trouvait une porte, imposante, et une teinte de rouge profond. La lumière venait de derrière la porte, et elle brillait en fine lignes depuis ses quatre côtés, un sinistre rectangle, faiblement lumineux. Pour la deuxième fois, j’ai pris une profonde inspiration, et j’ai franchi une porte que je n’aurais pas dû.  
  
Contrastant avec la pièce obscure d’où je venais, la pièce derrière la porte était aveuglante. Une fois que mes yeux s’y sont ajustés, ce que j’y ai vu m’a coupé le souffle.  
  
C’était une bibliothèque. La plus parfaite des bibliothèques que l’on puisse imaginer. 
  
Je suis resté bouche bée d’admiration en m’avançant, presque religieusement, dans cette pièce. C’était magnifique. C’était plus petit que la bibliothèque d’au-dessus, bien plus petit, mais elle semblait presque avoir été faite sur mesure pour moi. Les étagères étaient remplies d’ouvrages aux couleurs vives, les deux fauteuils au milieu de la pièce étaient délicieusement confortables, et l’odeur - mon Dieu cette odeur - était tout simplement incroyable. Une sorte de mélange d’agrumes et de pin. Je ne peux pas lui faire honneur avec des mots, donc je me contenterai de dire que je n’ai jamais rien senti de meilleur. Jamais de mes 75 ans. 
  
Quelle était cette pièce ? Pourquoi n’en avais-je jamais entendu parler auparavant ? Pourquoi n’y avait-il personne d’autre ? C’étaient les questions que j’aurais dû me poser. Mais j’étais hypnotisé. Tandis que je contemplais tous les livres et que je savourais l’odeur du paradis, je ne pouvais penser qu’à une seule chose : jamais plus je ne m’ennuierai. 
  

 
  
En réalité, je n’ai évité l’ennui que pendant trois années. C’était le jour de mon 12ème anniversaire, il y a 63 ans de cela, que tout a changé. 
  
Avant cette date, je me rendais à cette cave aussi souvent qu’il m’était possible, généralement plusieurs fois par semaine. Je n’y ai jamais vu âme qui vive, ce qui n’éveillait étonnamment pas mes soupçons. Je n’ai jamais emporté un livre de la pièce, au lieu de ça je continuais la lecture des ouvrages là où je l’avais laissée à ma précédente visite. Je m’asseyais, toujours sur le même fauteuil d’un violet profond, et je laissais toujours son jumeau vide, juste devant moi. Ce fauteuil était le mien - enfin, je suppose que je n’aurais pas su le formuler de meilleure manière alors qu’aujourd’hui. Mais c’était le mien, j’en étais bougrement convaincu.  
  
Le jour de mon douzième anniversaire, je suis arrivé plus tard qu’à l’ordinaire. Ma mère avait invité quelques camarades de classe ainsi que certains cousins chez nous pour fêter l’occasion, une attention que j’ai trouvée plus harassante que touchante ; dans le fond, je voulais simplement passer mon anniversaire à lire et à sentir le paradis. Nos invités ont fini par rentrer chez eux, et j’ai atteint la bibliothèque un quart d’heure avant sa fermeture. Ce n’était pas grave, les employés ne vérifiaient jamais en bas avant de partir. J’étais libre de rester aussi tard qu’il me plaisait. Cette nuit-là, je dévorais les derniers chapitres d’une aventure épique ; des chevaliers, des dragons, et toute cette sorte de choses. Je ne l’avais pas senti avant de lire les derniers mots et de refermer l’ouvrage.  
  
L’odeur exquise de la pièce était devenue aigre. Je suis resté assis un moment, dérouté. Objectivement, je pouvais reconnaître que l’odeur était en réalité la même qu’avant, un mélange d’agrumes et de pin. Je la percevais simplement différemment, et je ne l’appréciais plus du tout. C’était la version olfactive d’une illusion d’optique, vous savez, quand vous pensez que c’est une jolie jeune fille de dos, mais que de face vous réalisez que c’est une vieille femme. Vous ne pouvez pas revenir à l’image d’avant, et je ne pouvais pas revenir à la première odeur. Le charme était rompu.  
  
L’odeur semblait également, pour la première fois, provenir d’un endroit précis. Avec une certaine impatience, j’ai balayé la pièce du regard, humant l’air comme un chien fou, jusqu’à tomber sur une étagère dans le fond. Elle était parfaitement normale, à l’exception d’un ouvrage, épais, relié d’un cuir couleur bordeaux pâle, avec une empreinte de pas noire au sommet de son dos. C’était la source de l’odeur. Je l’ai ouvert, et en haut de la première page j’ai vu une phrase écrite soigneusement dans une encre d’un rouge sang :  
  
Apaise tes chagrins, mon ami, et laisse-les où ils reposent. 
  
J’ai fixé la phrase, fasciné, en commençant à revenir vers mon fauteuil. J’ai tourné la page. Vierge. L’odeur s’est faite plus forte. Une autre page, vierge encore, et l’odeur a continué à croitre en intensité. Je me suis arrêté un instant, j’ai réprimé un haut-le-cœur, et j’ai poursuivi. Puis, alors que je m’approchais des fauteuils, j’ai tourné la dernière page ; et là, dans la même encre sinistre, il y avait la dernière chose que je m’attendais à voir : mon propre nom. J’ai lâché le livre. J’ai commencé à courir vers la porte, mais dès que j’ai relevé la tête, mon cœur a fait un bond dans ma poitrine, et je me suis figé net. 
  
Le fauteuil habituellement vide ne l’était plus. 
  
Un vieil homme dans un costume était assis devant moi, les jambes croisées, m’observant avec des yeux gris perçants, et un léger rictus. C’était trop d’un coup. Je suis tombé sur mes genoux, et j’ai régurgité le contenu de mon estomac sur le tapis. Je me suis essuyé la bouche, en fixant mon vomi, lorsque j’ai entendu que l’homme avait un petit rire.  
  
Je l’ai regardé, incrédule. « Qui êtes-vous ? » lui  ai-je demandé, d’une voix paniquée. 
  
L’homme s’est penché, m’a pris gentiment par les épaules, et m’a aidé à m’asseoir sur mon fauteuil, avant de se rasseoir lui-même. « J’ai peur que nous ne soyons parti du mauvais pied, » dit-il, en regardant la tâche sur le tapis. « L’odeur… il faut un peu de temps pour s’y habituer. » 
  
« Qui êtes-vous ? » ai-je insisté.  
  
« Ce soir, tu vas devoir faire face à une épreuve comme jamais tu n’en as connues, » dit-il. « Je viens en ami, je t’offre un refuge, de celle-ci comme de toutes les autres tempêtes qui t’attendent. » 
  
La seule chose qui je voulais à ce moment était partir, mais je suis resté assis. Je lui ai demandé de quoi il parlait. 
  
« Ta mère est morte, mon garçon. De sa propre main, dans sa cuisine. La scène est atroce, je dois bien l’admettre. » annonca-t-il d’un ton empreint de peine, mais y avait-il une étincelle de malice dans ses yeux ? « Tu souhaites probablement éviter ce chemin. Je peux t’en montrer un plus sûr. » 
  
Mon sang s’est glacé face aux horreurs dont parlait cet homme, mais je ne le croyais pas. « Que voulez-vous de moi ? » j’ai demandé, en essayant de faire preuve de plus de courage que je n’en avais réellement. Il a ri, un vieux jappement grinçant, qui semblait le secouer jusqu’aux os.  
  
« Rien d’autre que ton amitié, mon cher enfant, » dit-il. Et puis, sentant bien que je trouvais sa réponse inappropriée, il a développé. « Je veux que tu m’accompagnes dans une aventure. Mon travail est noble, et tu feras un bon élève. Et peut-être, quand j’en aurais terminé », il a soupiré de fatigue, en passant ses doigts squelettiques dans ses cheveux blancs, « peut-être alors, pourras-tu me succéder. » 
  
Je me suis levé, en me dirigeant vers la porte sans jamais le quitter des yeux. « Vous êtes fou », lui ai-je dis. « Ma mère n’est pas morte. Elle ne l’est pas. » 
  
« Vois par toi-même, si tu le souhaites », répondit-il, en m’indiquant la porte. Je lui ai jeté un regard dédaigneux, et me suis précipité vers la sortie. Alors que ma main s’emparait de la poignée, il a doucement prononcé mon nom. Je me suis retourné malgré moi. 
  
« Ta route ne sera pas facile, mon ami. Si jamais cela devient trop dur pour toi, et je dis bien si jamais, » dit-il, en marquant une pause pour balayer la pièce de la main, « tu sais où me trouver. » 
  
J’ai claqué la porte derrière moi, et j’ai monté les marches deux à deux. Je suis sorti de la bibliothèque, j’ai enfourché mon vélo, et j’ai foncé jusqu’à chez moi. La porte d’entrée était grande ouverte. Je suis descendu de mon vélo en le laissant tomber par terre, et je me suis approché prudemment de la maison. Le vieil homme mentait, c’était obligé. Pourtant, des larmes commençaient à perler à mes yeux. Le cœur serré, j’ai pénétré à l’intérieur et j’ai appelé ma mère. Aucune réponse ne se fit entendre, alors je suis allé dans la cuisine. 
  
Au moment d’écrire ces lignes, je ne sais toujours pas pourquoi elle l’a fait. 

 
  
J’ai vécu dans cette petite ville du Maine ma vie entière, bien que je n’aie plus beaucoup remis les pieds dans la bibliothèque municipale. Une fois, un peu avant ma trentaine, j’ai eu le courage de m’y rendre. La vie était belle à cette époque, et ma peur avait commencé à se changer en curiosité paresseuse. Là où se tenait autrefois la porte vers mon sanctuaire souterrain, il n’y avait plus qu’un simple mur.  J’ai demandé à la bibliothécaire ce qu’était devenue cette cave, mais je connaissais déjà la réponse. Il n’y avait pas de cave, m’a-t-elle dit. Il n’y en avait jamais eu. En fait, si elle ne se trompait pas, des décrets concernant l’aménagement urbain interdisaient la présence d’une cave ici. 
  
J’ai été hanté par cette odeur faussement douce, cet arôme empoisonné d’agrumes et de pin, depuis ce lointain anniversaire. Lorsque j’ai vu ma mère dans la cuisine, effondrée dans une mare de son propre sang, je l’ai sentie. Lorsqu’un homme qui affirmait être mon père est venu frapper à la porte de ma chambre d’étudiant, en me demandant de l’argent, et qu’il m’a presque battu à mort lorsque j’ai refusé, je l’ai sentie. Lorsque ma femme a fait une fausse couche de notre deuxième enfant, je l’ai sentie, tout comme lorsqu’elle a fait une fausse couche du quatrième. Lorsque notre ainé a pris le volant de la Buick familiale et a tué sa copine, je l’ai sentie. 
  
J’ai commencé à la sentir régulièrement lorsque ma femme est tombée malade. Elle est morte à la fin de l’année dernière, et à présent, pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, je suis seul. Maintenant, je la sens tous les jours, et ça ressemble à une invitation.  
  
Il y a quelques mois, je suis retourné à la bibliothèque, et la petite porte en chêne avec la poignée ancienne était là, comme autrefois. Depuis lors, mes marches nocturnes m’ont toujours mené à cette bibliothèque, mais je ne suis pas entré. Peut-être ce soir le ferai-je. J’ai peur de mourir, certes, mais en ce moment j’ai encore plus peur de continuer à vivre. Le vieil homme avait raison, ma route n’a pas été facile, et je doute qu’elle devienne plus simple. 
  
Apaise tes chagrins, mon ami, et laisse-les où ils reposent. 
  
Il m’a promis un soulagement. Un refuge, avait-il dit. Avait-il raison à ce propos également ? Il n’y a qu’une seule manière de le découvrir. Après tout, je sais toujours où le trouver.  

 

 
Le texte tel que je l'ai trouvé. 

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MessagePosté le: Jeu 18 Mai 2017 - 19:50    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 31 Mai 2017 - 01:03    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

Comme je ne connais pas les critères de votes pour le Nécronomorial, je  vais m'inspirer de ceux déjà existant pour les creppypastas.

Cohérence de l'intrigue et de l'univers : Oui, pas de problème.

Les sentiments éveillés: Beaucoup de questions (Qui est le vieux, la mort ? Quel est cette tâche ?), mais c'est volontairement mystérieux donc pas de problème également.

Style d'écriture: Sans être parfait, plus que convenable.

Plaisir de lecture: Vu que j'aimerai bien connaître le fin mot de l'histoire, je vais dire: c'était cool ^^

Par contre, je me demande pourquoi tu ne propose pas ce texte en tant que creepypasta. Elle me parait en être une, plus qu'une nouvelle. Enfin, quoiqu'il en soit je mets POUR.  
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MessagePosté le: Mer 31 Mai 2017 - 08:47    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

À cause du niveau de langue déjà, et puis je trouvais ce texte trop élégant pour être une cp. On lui aurait d'ailleurs probablement reproché ce côté mystérieux, si j'en juge par mon expérience. C'est aussi pour proposer du contenu pour le blog, parce qu'au moment où j'ai traduit ce texte il n'y avait vraiment pas grand chose.
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MessagePosté le: Mer 31 Mai 2017 - 11:42    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

Pour l'élégance du texte, je ne suis pas d'accord avec toi. Pour moi, une creepypasta peut tout à fait être soutenu suivant le contexte. Dans ce cas, le niveau de langue se justifie par l'âge du personnage et le faite que ce soit une sorte d'ultime témoignage autobiographique. Il est donc logique qu'il s'applique dans la rédaction. 
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MessagePosté le: Mer 31 Mai 2017 - 12:39    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

L'élégance que je trouve au texte n'est pas liée à son niveau de langue. Et certes oui sur le principe cela pourrait être effectivement une creepypasta, ça en rempli le cahier des charges, mais c'est le cas pour beaucoup de nouvelles. Le genre des cp et celui des nouvelles ne sont pas deux ensembles disjoints, et la fiction d'un texte littéraire n'a pas toujours à être assumée. Ce texte en particulier, je préfère le considérer comme une nouvelle, et vous le présenter comme tel. Vois-le comme un choix personnel. 
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MessagePosté le: Mer 31 Mai 2017 - 13:05    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Cependant, je trouve qu'il y a un rejet de certains styles dans la confection de creepy. Ce que je trouve dommage, car à force, le genre risque de se scléroser et de dépérir par la lassitude des lecteurs.
Comme je l'ai dis dans ma critique, peu importe ton choix, pour moi ce texte mérite son Pour.

Je pense, également, que vu que les textes du nécro sont des nouvelles, il faudrait citer l'auteur et le traducteur dans ce cas lors des publications. Histoire de rendre justice au travail accomplit (Peut être est ce déjà prévu ?).
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MessagePosté le: Mer 31 Mai 2017 - 13:30    Sujet du message: Confession d'un vieil homme Répondre en citant

Oui, absolument, c'est prévu ne t'en fais pas. Le traducteur à la limite je m'en branle, mais il est évident que l'on donnera le nom de l'auteur. Je le reprécise d'ailleurs au passage, pour toi comme pour ceux qui pourraient lire ces lignes : il est impératif d'avoir les droits d'auteurs des nouvelles que l'on traduit. Autant les creepy il peut y avoir un flou, parce que underground et tout, mais les nouvelles sont clairement des propriétés intellectuelles à part entière. Certaines sont même copyrightées, et certains auteurs sont des écrivains professionnels (comme celui de ce texte me semble-t-il d'ailleurs). Veillez donc à avoir les droits, ou alors postez dans la section bibliothèque. 
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:42    Sujet du message: Confession d'un vieil homme

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