Creepypasta from the Crypt Forum Index
 
 
 
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En vain

 
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Cardia
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PostPosted: Sat 13 Oct 2012 - 17:56    Post subject: En vain Reply with quote

Te souviens-tu ? Tu te tenais ici. Oui, ici. Très exactement sur ce rocher, celui sur lequel tu es actuellement. C'était il y a cinq ans, sur ce même rocher, au milieu de cette même forêt. T'en souviens-tu ? Tu n'étais pas aussi pessimiste, à l'époque. Pour toi, l'humanité n'était qu'un autre animal et non pas un déchet, ta vie valait au moins le coup d'en faire l'expérience, et un sourire lunatique illuminait encore ton visage si pâle. Tu côtoyais encore tes congénères, tu montrais encore une once de respect au monde qui t'a porté durant toutes ces longues années. Tu t'en souviens ? C'est le jour où tu as tout perdu. Sur ce rocher, cinq ans auparavant.
 
Ca ne te rappelle rien, vraiment ? Il était tard ce soir-là. Tu étais dehors, assis sur ce rocher, à fumer tranquillement ta cigarette. Une habitude que tu as perdu depuis. Tout te semblait banal, toi assis sur le rocher au milieu des arbres, dans la petite clairière, tandis que les autres étaient assis dans l'herbe. C'était une coutume aussi. C'était le petit instant de la semaine où tu t'amusais à effrayer tes amis avec des histoires effrayantes, et où tu te délectais de leurs regards inquiets aux alentours. Tu mettais tellement de coeur à raconter ces histoires qu'ils y croyaient. Et toi tu riais, impressionné par leur naïveté. L'histoire du soir, tu l'avais choisie bien spécialement. Il s'agissait de l'histoire d'un fou qui se baladait en forêt et qui tombait sur un groupe de jeunes, et les tuait tous en les étouffant silencieusement, après quoi il les découpait en morceaux.
 
Tu t'amusais follement à les voir regarder de tous les côtés, une goutte de sueur perlant sur leur tempe. Les yeux écarquillés et le rire nerveux de ceux qui tentent de se convaincre que ce n'est qu'une histoire parmi d'autres. En vain. Ils n'y arrivaient pas. Ils étaient convaincus que tu racontais un fait divers. Une histoire sanglante. Tu tentais de les rassurer, un sourire aux lèvres, en pensant intérieurement que l'humain était une créature des plus amusantes. Tu savais que ce n'était pas vrai, mais tu ne pouvais t'empêcher de penser qu'il y avait toujours la possibilité que la vérité cohabite avec la fiction. Cette forêt de nuit était d'un naturel inquiétant. Tu essayais d'oublier ce que tu venais de raconter, en vain.
 
Tu étais doué pour raconter des histoires car tu souffrais de quelque chose proche de la mythomanie. Tout ce que tu disais, tu commençais inévitablement à y croire. Et tu y mettais du coeur, tout en sachant que ce n'était pas tout à fait vrai. Mais pour toi, ce n'était pas tout à fait faux non plus. Tu étais méfiant envers toute personne, mais extrêmement crédule envers toi-même. Ce que tu te disais quand tu racontais une histoire était inévitablement une pensée lugubre : et si ça arrivait vraiment ? Tu essayais à chaque fois de chasser cette pensée, en vain. Toute tentative avait été vaine, et tu étais devenu très méfiant. Tout ce que tu faisais, tu le faisais avec mille précautions. Tu étais monté sur le rocher en en faisant le tour avant, au cas où un tueur en série se serait caché derrière pour assassiner tout le monde.
 
C'était pour certains un défaut, mais pour toi cet aspect restait une qualité. Ta propre crédulité envers ta personne était ce qui t'avait appris à te méfier de quiconque... et de toute chose. Bien assez tôt, cette méfiance porta ses fruits. Tu avais fait le tri parmi tes amis, en ayant bien vite discerné qui restait avec toi par intérêt et qui restait par empathie pure et simple. Il faut dire que tu n'étais pas n'importe qui. Le fils d'un célèbre écrivain, qui avait fait succès avec une trilogie mondialement connue. Cependant, tu préférais de loin la simplicité au reste. Tu jugeais que la célébrité n'était pas faite pour toi. Et tu avais raison : vu ton état actuel, la célébrité t'aurait détruit entièrement. Tout ton honneur reste dans le fait que tu restes à jamais un ermite, et que je reste l'un des seuls à garder un contact avec toi.
 
La nuit se faisait de plus en plus noire. Tu ne distinguais plus personne, malgré tes yeux qui étaient relativement habitués à l'obscurité. Tu arrivais à lire sans problème avec pour seul éclairage un maigre croissant de lune, restes de la lumière divine du jour. A vrai dire, tu avais toujours préféré la nuit au jour. Le soleil te faisait mal aux yeux. Mais cette nuit-là était noire, l'une des plus noires que tu as vécu. Tu ne voulais pas prendre ça pour un signe. Qui dit nuit noire appelle un destin tout aussi noir. Tu restais focalisé sur le fait que la nuit porte conseil, et que si quelque chose se passait tu pourrais compter sur le fait que la nuit est assez profonde pour donner un conseil tout aussi profond.
 
Tu avais tort. Lorsque tu descendis du rocher, une odeur désagréable t'interpella. Elle te soulevait le coeur, tandis que tu cherchais les autres à tâtons. Ce n'est que lorsque tu avais marché dans une flaque et que le bruit reconnaissable avait atteint tes oreilles que tu te décidas à remarquer que quelque chose était louche. Il n'y avait aucune flaque lorsque tu étais arrivé, accompagné de tes amis. Tu sortis alors ton portable pour regarder à tes pieds. Dans la lumière bleutée de l'écran, tu ne pus en être sûr, mais l'opacité du liquide associée à l'odeur nauséabonde te faisait penser que c'était du sang. Quel sang alors ? Tu déplaças alors le faisceau de ta lampe improvisée vers ta droite, et tu retins un cri. Une main, séparée du bras. Une bague bleue te connait l'identité de la personne à qui appartenait cette main : c'était l'un de tes amis.
 
Le cri que tu avais retenu se transforma en gémissement. Tu tombas à genoux, et l'instant d'après tu vomissais de tout ton coeur. Tu venais de comprendre. Cette fois-ci, la réalité et la fiction avaient entamé une danse endiablée. Quelqu'un les avait étouffés silencieusement, puis les avait découpés en morceaux. Et bientôt, ce serait ton tour. Tu te relevas tant bien que mal et tu entrepris alors de courir, aussi vite et aussi loin que tes jambes pouvaient te porter. Tes pas n'étaient pas les seuls derrière toi. Tu entendais quelqu'un d'autre courir. Sans doute le malade qui avait massacré tout le monde ? Une détonation retentit, et une douleur atroce te transperça le dos. Tu tombas une nouvelle fois à genoux, puis enfin à plat ventre. Tu ne pouvais plus bouger. Tu te vidais de ton sang, tu ne pensais plus. Tu vivais l'effroi, la peur de mourir, tu vivais tes derniers instants, tu en étais sûr.
 
Mais ton aventure n'était pas finie. Tu t'étais réveillé dans une salle blanche, allongé dans un lit blanc. Tu entendais un de ces hommes en blouse blanche parler. Il disait que tu allais te réveiller d'un moment à l'autre, mais que les séquelles du coup de feu qui avait atteint ton dos seraient irréparables. Il ajouta derrière qu'un traumatisme crânien pourrait très bien te rendre amnésique. Tu fis tout ce que tu pus pour te rappeler de tout. En vain. Tu ne te souvenais même pas de ton propre nom. C'est ici que tu compris que l'homme en blouse blanche parlait de toi. Tu en avais décidé, tu ne vivrais pas amnésique. D'une main fébrile, tu attrapas l'aiguille reliée à ton avant-bras droit et tu l'arrachas sauvagement de ton corps. Tu fis de même pour les deux tuyaux qui étaient logés dans ton nez, et tu t'éteignis sans que l'homme en blouse blanche ne puisse y faire quoi que ce soit.
 
Tu es devenu un ermite, oui. Tu as voyagé vers un autre lieu, et tu t'es exilé sous terre. Tu nous as tous laissés ici, toi qui pouvais encore vivre et qui a préféré rejoindre le reste du monde. Toi qui disais, pendant que tu mourais, que le monde était empli de déchets et que tu préférais mourir plutôt que de vivre entouré de déchets. Tu es mort alors que tu pouvais vivre, alors que tes amis qui voulaient vivre sont morts. Tu as pris ta décision, eux ont subi la décision d'un autre. Je reste l'un des seuls à te visiter encore, car tout le monde a jugé lâche de préférer mourir après avoir survécu à un meurtrier en série. Tu avais tes raisons, j'en suis persuadé. Je t'ai apprécié en tant que vivant, et tes cinq dernières minutes de vie ne font pas les dix-sept ans que tu as passé sur cette terre. Il est temps pour moi de m'en aller.
 
Bah, je suppose que tu ne te souviens pas de moi non plus, donc ça ne fait rien. De toute manière, tu ne m'as jamais vu. Tu m'as entendu, tu m'as senti, mais jamais tu ne m'as vu. Tu avais ruiné une belle œuvre d'art en t'échappant ce jour-là. Il ne restait plus que toi sur ce rocher, et je n'ai guère eu le choix que de te poursuivre et te tirer dessus. Tu devrais être fier, non ? Ton assassin vient sur ta tombe, c'est du domaine du rarissime, tu sais.
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PostPosted: Sat 13 Oct 2012 - 17:56    Post subject: Publicité

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ChubbyCrow
Cryptien
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Joined: 31 Jul 2012
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Masculin Capricorne (22déc-19jan) 蛇 Serpent

PostPosted: Sun 21 Oct 2012 - 09:58    Post subject: En vain Reply with quote

Mon avis est partagé.


D'un point de vue littéraire, je la trouve presque remarquable, tant l'orthographe et la formulation que la manière d'amener le sujet progressivement, c'est une très bonne nouvelle !


Le point négatif est que je n'ai ressenti aucun mal-être. Est-ce une pasta, destinée à susciter un sentiment de peur, de gêne, d'insécurité ? Ou est-ce une très bonne nouvelle inspirée de films d'horreur ou de pastas, destinée à d'autres objectifs ? Là est toute la question. Pour conclure, je m'abstiens de voter pour le moment tant que je n'ai pas déterminé s'il s'agit d'une mauvaise pasta ou d'un bon récit policier.


Je t'encourage à continuer, j'aime beaucoup ton style, en gardant bien en tête ce que tu veux provoquer chez le lecteur !
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Cardia
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PostPosted: Mon 22 Oct 2012 - 18:01    Post subject: En vain Reply with quote

Merci pour le post ^^

En effet, comme tu l'as deviné "En vain" est à la base une nouvelle volontairement inspirée des plus grands clichés afin que le lecteur se doute de la fin. Mon raisonnement est trop long à expliquer, mais le narrateur peut être considéré comme le lecteur, qui a tué le héros en écrivant la suite de cette histoire dans sa tête. J'ai juste pensé qu'elle avait un petit côté creepypastique, le fait que le doute entre la mauvaise creepypasta et la simple nouvelle subsiste me suffit amplement.

Merci pour l'éloge au passage. Si tu veux d'autres écrits de moi, n'hésite pas à me MP. J'ai un lien bienquepassuperglorieux qui renvoie à cinq de mes plus récentes nouvelles.
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Rob Nukem
Inconnu
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Joined: 01 Apr 2012
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Masculin 馬 Cheval

PostPosted: Mon 10 Dec 2012 - 01:35    Post subject: En vain Reply with quote

N'oubliez pas de voter pour ceux qui passent dans le coin afin de ne pas laisser cette nouvelle tombée dans le coin des rejetés. :chris:
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« Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. »

- Stephen King

« La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. »

- Maître Yoda (Star Wars)

« Quand on ne le connaît pas, l'homme est un loup pour l'homme. »

- Plaute (La Comédie des Ânes, vers 195 av. JC)

« There was a crooked man, and he walked a crooked mile.
He found a crooked sixpence against a crooked stile.
He meets a crooked dog with a crooked smile, which kill some crooked people.
And they all lived together in the darkness of a little crooked house. »


« 'U lupu càngia 'u pìlu ma 'u vìzziu no. » (Le loup change son poil, mais il ne change pas ses vices.)
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Litrik
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PostPosted: Thu 3 Jan 2013 - 01:49    Post subject: En vain Reply with quote

Un pour pour la beauté de l'écriture, mais ça n'est pas creepy.
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Wargamer et lecteur de creepypastas
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