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[C] Tierra de Luz
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Atepomaros
Cryptien
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PostPosted: Wed 30 Sep 2015 - 22:39    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

PUTAIN DE SA RACE qu'elle était longue à faire et à mettre en page. Désolé d'avance aux membres de la Waffe qui vont devoir se taper touuut le texte en détail pour y corriger les fautes que j'ai laissé passer ^^ J'espère que cette histoire vous plaira. Je me suis donné du mal à l'écrire et à la dessiner, donnez vous du mal pour la lire Wink   

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Je m'appelle Arthur Clydwyn, je suis professeur d'histoire à l'université de Cardiff, au pays de Galles. Je suis également archéologue, spécialisé dans la période des Grandes Découvertes. Étant ami avec le conservateur du National Museum de Cardiff, j'ai quelquefois accès aux "coulisses" des expositions. L'été dernier, le musée a accueilli une exposition dédiée aux Grandes Découvertes, en partenariat avec plusieurs musées espagnols et portugais. Étant un expert en la matière, j'ai été embauché comme consultant et assistant du conservateur. J'ai eu l'occasion de mettre la main sur des petits bijoux, tels des instruments de navigation en état de conservation superbe, des pièces de monnaie en or, des épées, des pièces d'artillerie, et nombre d'autres trésors non exposés. 

   Voyant l'intérêt que je portais aux reliques de cette époque, mon ami conservateur m'a mis en contact avec Juan de Anton, le responsable du musée du Prado à Madrid. Là-bas, j'ai eu accès à un nombre incalculable d'archives allant de l'époque romaine à la guerre civile espagnole. J'étais littéralement au paradis. C'est en cherchant dans ces archives des rapports de navigation de grands explorateurs que j'ai trouvé l'objet de ma présence ici. 

   En fouillant parmi les documents anciens, j'ai trouvé un parchemin en assez bon état, daté de 1557. C'était un texte qui décrivait un voyage, mais pas un rapport de navigation, dans le sens où le texte avait été écrit après le voyage. L'auteur, un certain Ernesto de Najera envoyé par le nouveau roi d’Espagne Philippe II pour commercer avec l'Inde, y raconte les circonstances dans lesquelles son voyage s'est déroulé. J'ai traduit intégralement le texte à partir du vieux castillan, même si j'ai buté sur quelques mots, que j'ai donc pu mal interpréter. La raison pour laquelle je vous en parle c'est qu'au cours du texte, De Najera relate avoir découvert une île au Sud-Ouest de l'Afrique du Sud actuelle. Hors, il n'existe aucune île telle que celle décrite à l'endroit indiqué. Le récit est constellé de notes, de croquis, et même d'une carte improvisée. Je posterai en même temps des photos des croquis qui accompagnent les paragraphes sur les originaux.

Voici le texte traduit :

   Ce matin du septième d'aprilis de l'an 1557 (7 avril 1557), nous prîmes le départ de Palos de la Frontera, à bord de la Pureza, pour aller commercer avec les royaumes orientaux. Avec mes 40 hommes, 120 tonneaux de vin, ...[énumération des marchandises transportées]. Le ciel était clément et le vent favorable. Nous suivîmes les côtes africaines, faisant nombre d'escales pour nous ravitailler. Un mois durant, Dieu nous accorda sa grâce et nous arrivâmes sans encombre à Ribeira Grande (aujourd'hui Cidade Velha, au Cap-Vert), pour y commercer avec les Portugais et nous ravitailler. 

   La première fois que notre foi fut mise à l'épreuve, ce fut au large des côtes Nigérianes. Nous fûmes pris dans une tempête qui emporta par le fond quatre de mes vaillants marins. Le ciel déversait sur nous un déluge d'eau, mais il n'y avait point de peur dans mon cœur, car je savais que Dieu m'était alors favorable. Lorsque le calme revint, nul dégât n'avait entamé la coque, et nous reprîmes notre cap plus déterminés que jamais. 

   Six mois après notre départ, nous arrivâmes enfin au Cap de Bonne-Espérance. Nous y fîmes escale et en profitâmes pour commercer avec une tribu de nègres appelés "Khoï". Grâce à un interprète portugais, nous arrivâmes à échanger quelques paroles avec les sauvages. C'est alors que l'un d'entre eux me parla d'une légende que son ancien lui avait transmise voilà des âges. Me guidant vers une immense peinture murale, il entreprit un long discours. Il parlait d'une lumière, que l'on pouvait parfois apercevoir en observant l'océan au loin. Il fit mention d'une île, que ses ancêtres auraient atteinte il y a des siècles, et en seraient revenus couverts de trésors.
 

Croquis d'un Khoï en position de chasse, détails d'un visage, et un collier tribal : 



   Au cours des six jours que nous passâmes avec les Khoï, mon esprit fut tourmenté par d'innombrables questions. Au-delà de ma mission qui était de relier les Indes pour y commercer, je me demandais ce qu'il se cachait par-delà l'horizon. S'il était vrai que de telles richesses se trouvaient sur une île si proche que l'on pouvait en distinguer les lumières, alors quelqu'un devait la découvrir. Mon désir de gloire personnelle prit le dessus sur ma mission. Je voulais moi aussi faire de grandes découvertes, autant de richesses pour la couronne Espagnole, autant de terres à évangéliser. 

   Je pris donc la décision de détourner ma mission, et de mettre au plus tôt le cap vers cette île, non sans prendre le soin de prendre quelques sauvages avec moi. Plusieurs de mes hommes ne voulurent pas prendre la mer avec moi, la peur d'être considérés comme des déserteurs les tenaillant. Je les exhortais donc à faire partie de cette aventure que serait la découverte de cette île, de penser aux innombrables richesses qu'ils en ramèneraient. Mon aumônier refusa toutefois de m'accompagner. Je le laissai alors avec les sauvages, lui et les quelques hommes qui avaient décidé de rester à terre.

   Au moment de rejoindre la Pureza, les nègres refusèrent de me suivre. D'après leurs dires, leur sorcier avait eu des visions, et il nous déconseillait de prendre la mer. Je ne me fiais pas à ces pratiques de sauvages, c'était le Malin qui parlait à leur place, voulant m'empêcher d'accomplir ma destiné. Je forçai donc les nègres à monter dans le canot. Une fois sur la Pureza, ils nous donnèrent le cap à suivre, toujours vers le Sud, et le vent nous porta. 

   S'il est vrai que la plupart des nègres furent malades sur la Pureza, celui d'entre eux qui m'avait parlé de cette île résista remarquablement bien aux contraintes de la vie en mer. Trois jours après notre départ, l'air commença à se rafraîchir et la mer à s'agiter. Nul nuage pourtant, mais un ciel blanc s'étendant à perte de vue. Le moral des hommes s'ébranla lorsque la première tempête nous frappa. Arrivée de nulle part, la tourmente nous prit avec elle. Debout sur le pont, j'encourageais mes hommes à redoubler d'efforts et de prières. Les nègres s'étaient regroupés dans la cale, et chantaient des mélodies à l'attention de leurs divinités sauvages. 

   Nous ne sortîmes pas indemnes du torrent qui s'était abattu sur nous. La Pureza s'était vue amputée de deux mâts, l'un ayant entraîné l'autre dans sa chute. Le troisième et dernier mât ne comportait plus guère qu'une voile partiellement déchirée et des cordages emmêlés. C'est alors que la rumeur commença à courir sur le bâtiment. Dieu nous avait abandonné quand nous avions écouté et suivi les fausses divinités des nègres. Deux sauvages furent jetés par-dessus bord et deux autres pendus aux restes du troisième mât avant que je ne réussisse à faire revenir le calme. J'exécutai les trois marins responsables de la mutinerie, et les autres reprirent leurs postes. 

   La température avait beaucoup baissé, si bien que nos vêtements ne suffisaient plus à nous tenir suffisamment chaud. Les trois derniers nègres moururent du scorbut. Plusieurs hommes en furent aussi atteints, et l'on dut jeter leurs corps à la mer. Les provisions commençant à manquer, l'équipage à se réduire, et n'ayant plus de guide, nous dérivions vers notre trépas. Les hommes avaient cessé de prier, répétant que si l’aumônier n'était pas parti avec nous c'était qu'il savait que ce voyage était perdu d'avance et qu'il ne nous apporterait que souffrance et mort. Je décidai de m'enfermer dans ma cabine et de placer mon destin et celui de mes hommes dans la main de Dieu.

   Le matin du vingtième jour, alors que nous dérivions depuis deux cents nautiques vers l'Ouest, je fus réveillé par le cri d'un de mes hommes. Je montai sur le pont pour m’apercevoir qu'un épais brouillard nous enveloppait. La température était glaciale, et la Pureza était maculée de givre. Je regardai alors dans la direction que mon homme scrutait. Au loin, une lumière perçait l'épaisse brume. J'ordonnai alors de mettre le cap vers elle, me rappelant ensuite que la tempête avait rendu la Pureza inopérante. C'est alors que je m'aperçus que sans l'aide de mon équipage, le bâtiment changeait de cap, semblant être attiré vers la lueur. 

   Au fur et à mesure de notre progression, je sentais et entendais des choses buter sur la coque. Prenant le soin de mettre sur moi plusieurs couvertures, je m'approchai de la proue pour constater que tout autour de nous flottaient des morceaux de glace. Je vis aussi que tous mes hommes étaient présents sur le pont, nous n'étions plus que huit sur les vingt partis du Cap de Bonne Espérance. 

Lorsque la brume se dissipa, nous vîmes enfin ce que nous cherchions : la terre. À quelques kilomètres devant nous, nous pouvions voir des rivages de sable, des forêts. L'île n'était pas très grande, si bien que l'on pouvait en distinguer les deux extrémités depuis la Pureza. En son centre s'élevait une colline d'où semblait provenir la lumière. Je remerciais Dieu de nous avoir guidés, et mon cœur se remplissait à nouveau de courage. Lorsque nous fûmes assez proches, nous embarquâmes à bord d'un canot, non sans avoir pris le temps de remplir nos arquebuses.

   Je décidai d'appeler cette terre Tierra de Luz (terre de lumière) en y posant le pied. La température était toujours glaciale, mais notre entrain avait pris le pas sur notre corps. La forêt s'étendait devant nous, et nous entreprîmes de marcher vers la lumière. C'est alors que nous vîmes des silhouettes sortir des bois. De grandes femmes, la peau blanche comme le ciel d'hiver. Alors que nous étions couverts de peaux et de couvertures, elles étaient entièrement nues. Elles nous accueillirent sans crainte, nous observant, tournant autour de nous, riant et chuchotant. 


Croquis d'une de ces femmes, avec à ses côtés un marin, ou peut-être De Najera lui-même ? 



   Leurs visages étaient divins, ces femmes étaient des dons de Dieu. Leurs chants résonnaient autour de nous, emplissant nos cœurs de bonheur. Lorsque je les fixais dans les yeux, j'avais l'impression qu'ils changeaient de couleur sans jamais cesser. Là où nos visages étaient bien définis, les leurs semblaient vaciller par moments, comme s'il s'agissait de fumée. Nous les suivîmes, ébahis par tant de beauté, laissant nos armes dans le sable. Nous nous retrouvâmes devant un immense jardin où poussaient de gigantesques arbres auxquels pendaient des fruits inconnus. Des femmes se baignaient dans un cours d'eau, parlant une langue que je n'avais alors jamais entendue. La température était tout à fait agréable, et ces femmes qui nous tournaient autour nous déshabillèrent. Je comprenais qu'il ne pouvait s'agir d'un royaume des Hommes, mais bien d'un royaume Divin. 

   Nous fûmes conviés à une grande table où étaient disposés des plats magnifiques sur lesquels nous nous jetâmes, affamés que nous étions. Plusieurs fois j'essayai de parler avec ces êtres angéliques, mais je ne pouvais me faire comprendre d'eux. Le repas se terminant, les quelques hommes qui avaient accosté avec moi se prirent à danser avec ces femmes. Je me rendis compte qu'elles devaient mesurer au moins trois têtes de plus que le plus grand de mes hommes. Chose que je n'avais pas remarquée lors de notre arrivée. J'étais désormais le seul encore à table, tout le monde dansait autour du cours d'eau. 


Ici, on peut voir l'île, sûrement vue depuis la Pureza, un visage féminin, ainsi qu'une jarre à côté de laquelle il est écrit "oro", soit "or". En-dessous, on pourrait croire à un fruit, bien que sa forme ne rappelle aucun fruit connu.



   Je me pris à penser à la gloire qu'allait m'apporter cette découverte, la gloire pour la couronne d'Espagne, pour la maison De Najera. Les couverts dans lesquels nous avions mangé étaient d'or et de pierres précieuses, la table semblait être de marbre ou quelque pierre noble. Je voulais savoir d'où provenaient tant de richesses, mais mon idiome ne semblait pas atteindre ces femmes. J'essayai de leur parler de Dieu, de leur faire comprendre qu'il les avait mises sur notre route à dessein, que notre présence n'était pas un hasard. Elles rirent de plus belle, mais cette fois je crus déceler de la moquerie dans leurs éclats. Je leur montrai alors mon chapelet que je portais autour du cou, pour m'apercevoir qu'il n'y était plus. 

   Alors que tout le monde dansait, je décidai d'aller voir la source de cette lumière qui nous avait attirés ici. Ce devait être une montagne d'or considérable pour qu'un tel éclat en émane, même le soleil couché. Je m'écartai doucement de cette fête qui battait son plein, et commençai l'ascension de la colline. L'air était doux, agréable, je pouvais pourtant voir les morceaux de glace flotter au loin. La musique se faisait de plus en plus faible à mesure que je gravissais la pente. L'air était maintenant chaud, me rappelant les chaudes journées andalouses. La lumière semblait encore très loin, j'avais mal jugé la hauteur de cette colline. 

   La chaleur était maintenant presque insupportable, mon corps nu ruisselait de sueur. J'entendais des échos, comme des voix qui allaient en grandissant plus je montais. J'avais beaucoup mangé, mais dès le moment où j'avais quitté cette assemblée dansante, j'avais ressenti une vive faim. Cette faim me tiraillait désormais les boyaux, à croire que ce repas n'avait été qu'illusion. Je me rapprochais de la lumière qui était maintenant à quelques mètres. J'entendis comme un grésillement, ou un clapotement. Essuyant la sueur qui coulait sur mon visage, je fus alors stupéfait devant le spectacle qui s'offrait à moi. La chaleur insoutenable qui m'entourait et la lumière si apaisante que j'avais vue depuis la Pureza provenaient toutes les deux d'un immense brasier, dans lequel se tordaient de douleur des centaines ou des milliers de pauvres âmes. Je ne pouvais plus bouger, mon corps tout entier était paralysé par la peur.

   J'entendais leurs cris, leurs supplications, et je ne pus retenir mes larmes devant tant de souffrance. Je me retournai pour voir que les lumières qui provenaient de la fête que l'on donnait en bas n'étaient plus. Seule s'étendait la forêt et par-delà l'océan glacial, comme si jamais aucune lumière n'avait brillé ici. En bas de la colline, la gravissant tels des animaux enragés, les femmes hurlaient des paroles inintelligibles. Leurs visages étaient déformés par la colère, la rage les faisait courir à quatre pattes. Leurs yeux avaient cessé de changer de couleur, gardant une teinte rouge noirâtre. J'étais prisonnier entre les flammes et ces montres que j'avais cru être des anges. 

Un éclair me traversa soudain, et Dieu décida que ce n'était pas la fin pour moi. Au bord du brasier, mon chapelet et mes vêtements commençaient à être attaqués par les flammes. Je plongeai alors ma main dans le feu pour attraper l'objet sacré. Je ressentis une vive douleur tandis que le crucifix incandescent brûlait mes chairs. La dernière vision de l'enfer que j’eus avant de m'évanouir fut cette silhouette immense se lever doucement au fond du brasier et avancer lentement vers moi. 


On peut distinguer ici très clairement le visage d'une créature, ainsi que le brasier et la silhouette décrite par De Najera.



   Je ne pense pas blasphémer en racontant ceci, mais je vous prie de ne pas me considérer comme un fou, car jusqu'au bout mes actions n'auront été que de servir la couronne. Je puis avoir péché par orgueil et je m'en confesse aujourd'hui, mais jamais je n'ai trahi ma parole envers le Roi.

   Le texte était dans sa version originale beaucoup plus long, mais j'ai "écrémé" une bonne partie. J'ai longuement étudié ce texte, j'ai cherché des informations sur ce navigateur qu'était Ernesto de Najera. Les Najera sont une famille importante de la noblesse Espagnole et ce depuis le Moyen-Âge, mais jamais il n'est fait mention d'un Ernesto dans leurs registres de naissance. 

   J'ai toutefois retrouvé des documents où cet homme est mentionné. On a d'abord l'ordre de mission signé de la main du Roi, qui prouve qu'une mission commerciale a bien été envoyée vers l'Inde en 1557. J'ai ensuite un rapport de navigation d'un autre navire espagnol, "El Salvador", qui raconte avoir sauvé un homme qui dérivait sur une planche de bois au large de Cuba, dans les Caraïbes. Cet homme disait s’appeler Ernesto de Najera. 

   J'ai retrouvé des traces du passage de la Pureza au Cap Vert, comme écrit dans le récit de Najera, donc il est prouvé qu'il est bien passé par l'Afrique, et qu'à aucun moment il n'a pu se rendre aux Caraïbes. Surtout que Najera a été retrouvé au large de Cuba seulement un mois après être parti du Cap de Bonne Espérance, trajet impossible à faire en si peu de temps avec des navires de l'époque. 

   Toujours est-il qu'à son retour en Espagne, il a été emprisonné pour désertion et piraterie. En effet, d'après les registres de l'inquisition qui a mené le jugement de Najera, il aurait déserté aux Caraïbes pour y entrer dans la piraterie avec un navire appartenant à la couronne d'Espagne. C'est donc en prison qu'il a écrit son texte relatant ce qui (pour lui) se serait vraiment passé. 

J'ai regroupé les informations que le texte nous donne. Selon Najera, il aurait, en partant de l'Afrique du Sud, voyagé trois jours avec des conditions favorables. Il a donc pu parcourir environ 600 nautiques, soit 200 nautiques par jours. Il a ensuite dérivé de 200 nautiques vers l'Ouest. Ce qui nous donne donc 1110 kilomètres vers le Sud, puis 370 kilomètres vers l'Ouest. Sa carte n'étant pas à l'échelle, j'ai donc retranscris les vraies distances en pointant sur la carte la zone où devrait normalement se trouver Tierra de Luz.

Voici la carte de Najera.



Et voici ma carte.



Hors, il n'y a rien dans cette zone. Les îles les plus proches sont les îles Sandwich du Sud, et en aucun cas on ne trouve d'icebergs ou de glace flottant dans cette région du globe, même au XVIe siècle. 

Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Le texte peut être remis en cause, il a été écrit après coup par quelqu'un qui voulait se justifier. Mais pourquoi quelqu'un de haute lignée risquerait-il d'attirer la honte sur sa famille en inventant une histoire pareille ? Le dernier endroit où la Pureza est mentionnée dans d'autres textes, c'est dans les registres du Cap Vert. Admettons donc que Najera ait vraiment déserté et mis le cap aux Caraïbes depuis cet endroit, comment aurait-il pu couvrir une telle distance en si peu de temps ?

Toujours est-il qu'il fut exécuté, et apparemment déshérité et dépouillé de sa noblesse, étant donné qu'il n'apparaît nulle part dans les registres de la famille De Najera. 

Je tenais à partager ça avec vous, parce que je pense qu'il y a des tas d'incohérences qui pourraient étayer les dires de Najera, mais il y a aussi pas mal de faits qui pourraient aller contre sa version. En attendant, je n'en sais pas plus sur cette histoire, j'ai pourtant épluché un tas d'archives durant mon voyage à Madrid, mais je n'ai rien vu qui se rapproche de près ou de loin à cette histoire. Alors si vous avez des infos, si vous avez mené vos propres recherches, faites-le moi savoir à l'adresse suivante : ClydwynA@cardiff.ac.uk.

VIVE LA GRAMMATIKWAFFE.
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Last edited by Atepomaros on Thu 1 Oct 2015 - 17:23; edited 3 times in total
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PostPosted: Wed 30 Sep 2015 - 22:39    Post subject: Publicité

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Clint
Cryptien
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Masculin

PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 11:35    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Cohérence : ok

Sentiments : Bave j'apprécie toujours autant tes textes

Mdt : ok

Style/lisibilité : ok

Intérêt : bah j'ai franchement rien à dire, tes textes valent toujours autant la peine d'être lus.

Encore un gros pour
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But they saw something that's real
And they see it when they're on drugs
The only thing is they see it
Not through the light of God, and the way I show you
I show you to see it through the light of God
And the understanding of God
Because when you see the face of God you will die
And there will be nothing left of you
Except the God-man, the God-woman
The heavenly man, the heavenly woman
The heavenly child
There will be terror under this day of night
There will be a song of jubilee waiting for your king
There will be nothing you will be looking for in this world
Except for your God
This is all a dream
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SirJorgoroth
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 12:00    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

   J'ai pris un sacré plaisir à lire ton texte. En plus d'une belle leçon d'Histoire, tu l'as transcrite irréprochablement. Ça donne envie de se lancer dans les recherches de Najera. Un grand bravo à toi ! 
   Si je puis me permettre j'aimerais juste te faire part de fautes qui sont passées sous mes yeux, à vérifier mais les voici tout de même !  Very Happy   


   1/ "Mon aumônier refusât toutefois de m'accompagner", refusât écrit ainsi relève de l'Imparfait du Subjonctif et je suppose que ta phrase est conjuguée au Passé simple, donc : Refusa.  Smile


   2/ "...Et l'on du jeter leurs corps à la mer" Alors ici devoir est également conjugué au passé simple si je ne trompe pas. Il est donc conjugué ainsi : Dut


   3/ "Lorsque nous fûmes assez proche" Là par contre j'ai un doute mais il me semble que proche prend un "s" vu que vous étiez encore 8 lorsque vous approchiez de l’Île. Proches (mais à vérifier).


   4/ "Là ou nos visages étaient bien définis" ou devient simplement  vu que le simple fait d'avoir là signifie que tu parles d'un endroit.


   Voilà c'est ce que j'ai noté lors de ma lecture mais à part cela, tu as un sacré talent pour manipuler les mots donc encore bravo !  Okay



 
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RedRaven
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 14:02    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Bonne.
Rien à redire.
De la curiosité.
Très bon. Les croquis et tout sont très bien faits.
Bon.
Bonne.
J'ai vraiment pas grand chose à dire, j'ai beaucoup aimé et j'ai pas trouvé d'incohérences.

Je suis pour.
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Atepomaros
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 16:22    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Merci à tous, content que ça vous ai plu, j'étais pas sur que cette époque intéresse grand monde XD

SirJorgoroth, merci pour les précisions, c'est vrai que j'ai pas trop l'habitude d'employer ces temps là, je vais donc corriger de ce pas Smile
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 16:54    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Cohérence: bien


Sentiments: captivée 


Moyen de transmission: bien


Lisibilité: très bonne 


Intérêt: très bonne pasta, les lieux précis et les noms sont un gros plus. 


Ce seras donc un gros pour 
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Tabbender
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 17:18    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

-cohérence/vraisemblance de l'histoire : J'en vois pas, c'est bien ficelé. Y'a des trucs flou mais c'est clairement voulu.

-cohérence des actions du ou des personnages : Pas de problème.

-sentiment éveillé chez le lecteur : Pas grand chose mais bon c'est excusable (et subjectif).

-vraisemblance du moyen de transmission de l'histoire : La fin me pose un peu problème. Je veux dire la fin, VRAIMENT la fin, la dernière ligne. Le nom de domaine "walestorycardiff.ac.uk" n'a jamais existé, et je trouve ça bizarre que tu tombes là dessus avant que quiconque ait répondu. Enlève cette ligne, elle sert à rien, rien n'empêche le mec d'être venu poster sur le forum surtout que tu le justifies en début de texte. Par contre, l'adresse mail est, à ma grande surprise, authentique. On peut même lui écrire

-style d'écriture : Ok.

-lisibilité du texte : Ok.

-intérêt de l'histoire : Bah c'est très bien écoute, rien à redire. Je suis pour.
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Le Tabbender's Challenge, vaincu une seule fois depuis 2014 (GG à The Dude ).
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Atepomaros
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 17:22    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Ouais la dernière ligne, je t'avoue je l'ai rajoutée au dernier moment par peur que le moyen de transmission ne soit pas assez clair. J'en étais pas fan, je l'enlève donc.

Pour l'adresse mail, bah c'est du pif complet XD J'ai pris exemple sur les vraies adresses mails des profs et responsables de l'université de Cardiff, donc c'est un nom de domaine de l'université de Cardiff ^^

Merci pour tout, et merci aussi Princesse Wink
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Tac
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 17:59    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Et en toute logique , mini critique pour une pasta longue.

-c
ohérence/vraisemblance de l'histoire : Ok.

-cohérence  des actions du ou des personnages : Moui.

-sentiment éveillé chez le lecteur : Pô grand chose , ce qui est pas trop mal.

-vraisemblance  du moyen de transmission de l'histoire dont Tac se fout : Fuck You

-style d'écriture : Moui.

-lisibilité  du texte : Moui.

-intérêt de l'histoire : C'est pas mal du tout Very Happy ! J’apprécie particulièrement les croquis , qui sont bien foutus. J'aime bien. Pour.




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Syringe
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 19:50    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Bonsoir, je me suis permise de la corriger ^-^
Le texte était vraiment pas mal Smile Voici ma correction :



Je m'appelle Arthur Clydwyn, je suis professeur d'histoire à l'université de Cardiff, au pays de Galles. Je suis également archéologue, spécialisé dans la période des Grandes Découvertes. Étant ami avec le conservateur du National Museum de Cardiff, j'ai quelquefois accès aux "coulisses" des expositions. L'été dernier, le musée a accueilli une exposition dédiée aux Grandes Découvertes, en partenariat avec plusieurs musées espagnols et portugais. Étant un expert en la matière, j'ai été embauché comme consultant et assistant du conservateur. J'ai eu l'occasion de mettre la main sur des petits bijoux, tels des instruments de navigation en état de conservation superbe, des pièces de monnaie en or, des épées, des pièces d'artillerie, et nombre d'autres trésors non exposés. 

   Voyant l'intérêt que je portais aux reliques de cette époque, mon ami conservateur m'a mis en contact avec Juan de Anton, le responsable du musée du Prado à Madrid. Là-bas, j'ai eu accès à un nombre incalculable d'archives allant de l'époque romaine à la guerre civile espagnole. J'étais littéralement au paradis. C'est en cherchant dans ces archives des rapports de navigation de grands explorateurs que j'ai trouvé l'objet de ma présence ici. 

   En fouillant parmi les documents anciens, j'ai trouvé un parchemin en assez bon état, daté de 1557. C'était un texte qui décrivait un voyage, mais pas un rapport de navigation, dans le sens où le texte avait été écrit après le voyage. L'auteur, un certain Ernesto de Najera envoyé par le nouveau roi d’Espagne Philippe II pour commercer avec l'Inde, y raconte les circonstances dans lesquelles son voyage s'est déroulé. J'ai traduit intégralement le texte à partir du vieux castillan, même si j'ai buté sur quelques mots, que j'ai donc pu mal interpréter. La raison pour laquelle je vous en parle c'est qu'au cours du texte, De Najera relate avoir découvert une île au Sud-Ouest de l'Afrique du Sud actuelle. Hors, il n'existe aucune île telle que celle décrite à l'endroit indiqué. Le récit est constellé de notes, de croquis, et même d'une carte improvisée. Je posterai en même temps des photos des croquis qui accompagnent les paragraphes sur les originaux.

Voici le texte traduit :

   Ce matin du septième d'aprilis de l'an 1557 (7 avril 1557), nous prîmes le départ de Palos de la Frontera, à bord de la Pureza, pour aller commercer avec les royaumes orientaux. Avec mes 40 hommes, 120 tonneaux de vin, ...[énumération des marchandises transportées]. Le ciel était clément et le vent favorable. Nous suivîmes les côtes africaines, faisant nombre d'escales pour nous ravitailler. Un mois durant, Dieu nous accorda sa grâce et nous arrivâmes sans encombre à Ribeira Grande (aujourd'hui Cidade Velha, au Cap-Vert), pour y commercer avec les Portugais et nous ravitailler. 

   La première fois que notre foi fut mise à l'épreuve, ce fut au large des côtes Nigérianes. Nous fûmes pris dans une tempête qui emporta par le fond quatre de mes vaillants marins. Le ciel déversait sur nous un déluge d'eau, mais il n'y avait point de peur dans mon cœur, car je savais que Dieu m'était alors favorable. Lorsque le calme revint, nul dégât n'avait entamé la coque, et nous reprîmes notre cap plus déterminés que jamais. 

   Six mois après notre départ, nous arrivâmes enfin au Cap de Bonne-Espérance. Nous y fîmes escale et en profitâmes pour commercer avec une tribu de nègres appelés "Khoï". Grâce à un interprète portugais, nous arrivâmes à échanger quelques paroles avec les sauvages. C'est alors que l'un d'entre eux me parla d'une légende que son ancien lui avait transmise voilà des âges. Me guidant vers une immense peinture murale, il entreprit un long discours. Il parlait d'une lumière, que l'on pouvait parfois apercevoir en observant l'océan au loin. Il fit mention d'une île, que ses ancêtres auraient atteinte il y a des siècles, et en seraient revenus couverts de trésors.
 

Croquis d'un Khoï en position de chasse, détails d'un visage, et un collier tribal : 



   Au cours des six jours que nous passâmes avec les Khoï, mon esprit fut tourmenté par d'innombrables questions. Au-delà de ma mission qui était de relier les Indes pour y commercer, je me demandais ce qu'il se cachait par-delà l'horizon. S'il était vrai que de telles richesses se trouvaient sur une île si proche que l'on pouvait en distinguer les lumières, alors quelqu'un devait la découvrir. Mon désir de gloire personnelle prit le dessus sur ma mission. Je voulais moi aussi faire de grandes découvertes, autant de richesses pour la couronne Espagnole, autant de terres à évangéliser. 

   Je pris donc la décision de détourner ma mission, et de mettre au plus tôt le cap vers cette île, non sans prendre le soin de prendre quelques sauvages avec moi. Plusieurs de mes hommes ne voulurent pas prendre la mer avec moi, la peur d'être considérés comme des déserteurs les tenaillant. Je les exhortais donc à faire partie de cette aventure que serait la découverte de cette île, de penser aux innombrables richesses qu'ils en ramèneraient. Mon aumônier refusa toutefois de m'accompagner. Je le laissai alors avec les sauvages, lui et les quelques hommes qui avaient décidé de rester à terre.

   Au moment de rejoindre la Pureza, les nègres refusèrent de me suivre. D'après leurs dires, leur sorcier avait eu des visions, et il nous déconseillait de prendre la mer. Je ne me fiais pas à ces pratiques de sauvages, c'était le Malin qui parlait à leur place, voulant m'empêcher d'accomplir ma destiné. Je forçai donc les nègres à monter dans le canot. Une fois sur la Pureza, ils nous donnèrent le cap à suivre, toujours vers le Sud, et le vent nous porta. 

   S'il est vrai que la plupart des nègres furent malades sur la Pureza, celui d'entre eux qui m'avait parlé de cette île résista remarquablement bien aux contraintes de la vie en mer. Trois jours après notre départ, l'air commença à se rafraîchir et la mer à s'agiter. Nul nuage pourtant, mais un ciel blanc s'étendant à perte de vue. Le moral des hommes s'ébranla lorsque la première tempête nous frappa. Arrivée de nulle part, la tourmente nous prit avec elle. Debout sur le pont, j'encourageais mes hommes à redoubler d'efforts et de prières. Les nègres s'étaient regroupés dans la cale, et chantaient des mélodies à l'attention de leurs divinités sauvages. 

   Nous ne sortîmes pas indemnes du torrent qui s'était abattu sur nous. La Pureza s'était vue amputée de deux mats, l'un ayant entraîné l'autre dans sa chute. Le troisième et dernier mat ne comportait plus guère qu'une voile partiellement déchirée et des cordages emmêlés. C'est alors que la rumeur commença à courir sur le bâtiment. Dieu nous avait abandonné quand nous avions écouté et suivi les fausses divinités des nègres. Deux sauvages furent jetés par-dessus bord et deux autres pendus aux restes du troisième mat avant que je ne réussisse à faire revenir le calme. J'exécutai les trois marins responsables de la mutinerie, et les autres reprirent leurs postes. 

   La température avait beaucoup baissé, si bien que nos vêtements ne suffisaient plus à nous tenir suffisamment chaud. Les trois derniers nègres moururent du scorbut. Plusieurs hommes en furent aussi atteint, et l'on dut jeter leurs corps à la mer. Les provisions commençant à manquer, l'équipage à se réduire, et n'ayant plus de guide, nous dérivions vers notre trépas. Les hommes avaient cessé de prier, répétant que si l’aumônier n'était pas parti avec nous c'était qu'il savait que ce voyage était perdu d'avance et qu'il ne nous apporterait que souffrance et mort. Je décidai de m'enfermer dans ma cabine et de placer mon destin et celui de mes hommes dans la main de Dieu.

   Le matin du vingtième jour, alors que nous dérivions depuis deux cents nautiques vers l'Ouest, je fus réveillé par le cri d'un de mes hommes. Je montai sur le pont pour m’apercevoir qu'un épais brouillard nous enveloppait. La température était glaciale, et la Pureza était maculée de givre. Je regardais alors dans la direction que mon homme scrutait. Au loin, une lumière perçait l'épaisse brume. J'ordonnai alors de mettre le cap vers elle, me rappelant ensuite que la tempête avait rendu la Pureza inopérante. C'est alors que je m'aperçus que sans l'aide de mon équipage, le bâtiment changeait de cap, semblant être attiré vers la lueur. 

   Au fur et à mesure de notre progression, je sentais et entendais des choses buter sur la coque. Prenant le soin de mettre sur moi plusieurs couvertures, je m'approchai de la proue pour constater que tout autour de nous flottaient des morceaux de glace. Je vis aussi que tous mes hommes étaient présents sur le pont, nous n'étions plus que huit sur les vingt partis du Cap de Bonne Espérance. 

Lorsque la brume se dissipa, nous vîmes enfin ce que nous cherchions : la terre. À quelques kilomètres devant nous, nous pouvions voir des rivages de sable, des forêts. L'île n'était pas très grande, si bien que l'on pouvait en distinguer les deux extrémités depuis la Pureza. En son centre s'élevait une colline d'où semblait provenir la lumière. Je remerciais Dieu de nous avoir guidé, et mon cœur se remplissait à nouveau de courage. Lorsque nous fûmes assez proches, nous embarquâmes à bord d'un canot, non sans avoir pris le temps de remplir nos arquebuses.

   Je décidai d'appeler cette terre Tierra de Luz (terre de lumière) en y posant le pied. La température était toujours glaciale, mais notre entrain avait pris le pas sur notre corps. La forêt s'étendait devant nous, et nous entreprîmes de marcher vers la lumière. C'est alors que nous vîmes des silhouettes sortir des bois. De grandes femmes, la peau blanche comme le ciel d'hiver. Alors que nous étions couverts de peaux et de couvertures, elles étaient entièrement nues. Elles nous accueillirent sans crainte, nous observant, tournant autour de nous, riant et chuchotant. 


Croquis d'une de ces femmes, avec à ses côtés un marin, ou peut-être De Najera lui-même ? 



   Leurs visages étaient divins, ces femmes étaient des dons de Dieu. Leurs chants résonnaient autour de nous, emplissant nos cœurs de bonheur. Lorsque je les fixais dans les yeux, j'avais l'impression qu'ils changeaient de couleur sans jamais cesser. Là où nos visages étaient bien définis, les leurs semblaient vaciller par moments, comme s'il s'agissait de fumée. Nous les suivîmes, ébahis par tant de beauté, laissant nos armes dans le sable. Nous nous retrouvâmes devant un immense jardin où poussaient de gigantesques arbres auxquels pendaient des fruits inconnus. Des femmes se baignaient dans un cours d'eau, parlant une langue que je n'avais alors jamais entendue. La température était tout à fait agréable, et ces femmes qui nous tournaient autour nous déshabillèrent. Je comprenais qu'il ne pouvait s'agir d'un royaume des Hommes, mais bien d'un royaume Divin. 

   Nous fûmes conviés à une grande table où étaient disposés des plats magnifiques sur lesquels nous nous jetâmes, affamés que nous étions. Plusieurs fois j'essayai de parler avec ces êtres angéliques, mais je ne pouvais me faire comprendre d'eux. Le repas se terminant, les quelques hommes qui avaient accostés avec moi se prirent à danser avec ces femmes. Je me rendis compte qu'elles devaient mesurer au moins trois têtes de plus que le plus grand de mes hommes. Chose que je n'avais pas remarquée lors de notre arrivée. J'étais désormais le seul encore à table, tout le monde dansait autour du cours d'eau. 


Ici, on peut voir l'île, sûrement vue depuis la Pureza, un visage féminin, ainsi qu'une jarre à côté de laquelle il est écrit "oro", soit "or". En-dessous, on pourrait croire à un fruit, bien que sa forme ne rappelle aucun fruit connu.



   Je me pris à penser à la gloire qu'allait m'apporter cette découverte, la gloire pour la couronne d'Espagne, pour la maison De Najera. Les couverts dans lesquels nous avions mangé étaient d'or et de pierres précieuses, la table semblait être de marbre ou quelque pierre noble. Je voulais savoir d'où provenaient tant de richesses, mais mon idiome ne semblait pas atteindre ces femmes. J'essayai de leur parler de Dieu, de leur faire comprendre qu'il les avait mis sur notre route à dessein, que notre présence n'était pas un hasard. Elles rirent de plus belle, mais cette fois je crus déceler de la moquerie dans leurs éclats. Je leur montrai alors mon chapelet que je portais autour du cou, pour m'apercevoir qu'il n'y était plus. 

   Alors que tout le monde dansait, je décidai d'aller voir la source de cette lumière qui nous avait attirés ici. Ce devait être une montagne d'or considérable pour qu'un tel éclat en émane, même le soleil couché. Je m'écartai doucement de cette fête qui battait son plein, et commençai l'ascension de la colline. L'air était doux, agréable, je pouvais pourtant voir les morceaux de glace flotter au loin. La musique se faisait de plus en plus faible à mesure que je gravissais la pente. L'air était maintenant chaud, me rappelant les chaudes journées andalouses. La lumière semblait encore très loin, j'avais mal jugé la hauteur de cette colline. 

   La chaleur était maintenant presque insupportable, mon corps nu ruisselait de sueur. J'entendais des échos, comme des voix qui allaient en grandissant plus je montais. J'avais beaucoup mangé, mais dès le moment où j'avais quitté cette assemblée dansante, j'avais ressenti une vive faim. Cette faim me tiraillait désormais les boyaux, à croire que ce repas n'avait été qu'illusion. Je me rapprochais de la lumière qui était maintenant à quelques mètres. J'entendis comme un grésillement, ou un clapotement. Essuyant la sueur qui coulait sur mon visage, je fus alors stupéfait devant le spectacle qui s'offrait à moi. La chaleur insoutenable qui m'entourait et la lumière si apaisante que j'avais vue depuis la Pureza provenaient toutes les deux d'un immense brasier, dans lequel se tordaient de douleur des centaines ou des milliers de pauvres âmes. Je ne pouvais plus bouger, mon corps tout entier était paralysé par la peur.

   J'entendais leurs cris, leurs supplications, et je ne pus retenir mes larmes devant tant de souffrance. Je me retournai pour voir que les lumières qui provenaient de la fête que l'on donnait en bas n'étaient plus. Seule s'étendait la forêt et par-delà l'océan glacial, comme si jamais aucune lumière n'avait brillé ici. En bas de la colline, la gravissant tels des animaux enragés, les femmes hurlaient des paroles inintelligibles. Leurs visages étaient déformés par la colère, la rage les faisait courir à quatre pattes. Leurs yeux avaient cessé de changer de couleur, gardant une teinte rouge noirâtre. J'étais prisonnier entre les flammes et ces montres que j'avais cru être des anges. 

Un éclair me traversa soudain, et Dieu décida que ce n'était pas la fin pour moi. Au bord du brasier, mon chapelet et mes vêtements commençaient à être attaqués par les flammes. Je plongeai alors ma main dans le feu pour attraper l'objet sacré. Je ressentis une vive douleur tandis que le crucifix incandescent brûlait mes chairs. La dernière vision de l'enfer que j’eus avant de m'évanouir fut cette silhouette immense se lever doucement au fond du brasier et avancer lentement vers moi. 


On peut distinguer ici très clairement le visage d'une créature, ainsi que le brasier et la silhouette décrite par De Najera.



   Je ne pense pas blasphémer en racontant ceci, mais je vous prie de ne pas me considérer comme un fou, car jusqu'au bout mes actions n'auront été que de servir la couronne. Je puis avoir pêché par orgueil et je m'en confesse aujourd'hui, mais jamais je n'ai trahi ma parole envers le Roi.

   Le texte était dans sa version originale beaucoup plus long, mais j'ai "écrémé" une bonne partie. J'ai longuement étudié ce texte, j'ai cherché des informations sur ce navigateur qu'était Ernesto de Najera. Les Najera sont une famille importante de la noblesse Espagnole et ce depuis le Moyen-Âge, mais jamais il n'est fait mention d'un Ernesto dans leurs registres de naissance. 

   J'ai toutefois retrouvé des documents où cet homme est mentionné. On a d'abord l'ordre de mission signé de la main du Roi, qui prouve qu'une mission commerciale a bien été envoyée vers l'Inde en 1557. J'ai ensuite un rapport de navigation d'un autre navire espagnol, "El Salvador", qui raconte avoir sauvé un homme qui dérivait sur une planche de bois au large de Cuba, dans les Caraïbes. Cet homme disait s’appeler Ernesto de Najera. 

   J'ai retrouvé des traces du passage de la Pureza au Cap Vert, comme écrit dans le récit de Najera, donc il est prouvé qu'il est bien passé par l'Afrique, et qu'à aucun moment il n'a pu se rendre aux Caraïbes. Surtout que Najera a été retrouvé au large de Cuba seulement un mois après être parti du Cap de Bonne Espérance, trajet impossible à faire en si peu de temps avec des navires de l'époque. 

   Toujours est-il qu'à son retour en Espagne, il a été emprisonné pour désertion et piraterie. En effet, d'après les registres de l'inquisition qui a mené le jugement de Najera, il aurait déserté aux Caraïbes pour y entrer dans la piraterie avec un navire appartenant à la couronne d'Espagne. C'est donc en prison qu'il a écrit son texte relatant ce qui (pour lui) se serait vraiment passé. 

J'ai regroupé les informations que le texte nous donne. Selon Najera, il aurait, en partant de l'Afrique du Sud, voyagé trois jours avec des conditions favorables. Il a donc pu parcourir environ 600 nautiques, soit 200 nautiques par jours. Il a ensuite dérivé de 200 nautiques vers l'Ouest. Ce qui nous donne donc 1110 kilomètres vers le Sud, puis 370 kilomètres vers l'Ouest. Sa carte n'étant pas à l'échelle, j'ai donc retranscris les vraies distances en pointant sur la carte la zone où devrait normalement se trouver Tierra de Luz.

Voici la carte de Najera.



Et voici ma carte.



Hors, il n'y a rien dans cette zone. Les îles les plus proches sont les îles Sandwich du Sud, et en aucun cas on ne trouve d'icebergs ou de glace flottant dans cette région du globe, même au XVIe siècle. 

Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Le texte peut être remis en cause, il été écrit après coup par quelqu'un qui voulait se justifier. Mais pourquoi quelqu'un de haute lignée risquerait-il d'attirer la honte sur sa famille en inventant une histoire pareille ? Le dernier endroit où la Pureza est mentionnée dans d'autres textes, c'est dans les registres du Cap Vert. Admettons donc que Najera ait vraiment déserté et mis le cap aux Caraïbes depuis cet endroit, comment aurait-il pu couvrir une telle distance en si peu de temps ?

Toujours est-il qu'il fut exécuté, et apparemment déshérité et dépouillé de sa noblesse, étant donné qu'il n'apparaît nulle part dans les registres de la famille De Najera. 

Je tenais à partager ça avec vous, parce que je pense qu'il y a des tas d'incohérences qui pourraient étayer les dires de Najera, mais il y a aussi pas mal de faits qui pourraient aller contre sa version. En attendant, je n'en sais pas plus sur cette histoire, j'ai pourtant épluché un tas d'archives durant mon voyage à Madrid, mais je n'ai rien vu qui se rapproche de près ou de loin à cette histoire. Alors si vous avez des infos, si vous avez mené vos propres recherches, faites-le moi savoir à l'adresse suivante : ClydwynA@cardiff.ac.uk.

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Last edited by Syringe on Thu 1 Oct 2015 - 20:24; edited 1 time in total
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 20:05    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Wow sacré boulot, juste une chose toutefois, ce serait cool que tu soulignes les endroits et passages que tu as corrigé, pour voir les différences sans avoir à comparer les deux textes, on gagnerait énormément de temps. Sinon encore bien joué ^^
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 20:33    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

8 fautes :
mat → mât
Plusieurs hommes en furent aussi atteint → atteints
Je regardais alors dans la direction que mon homme scrutait. → regardait
Je remerciais Dieu de nous avoir guidé → guidés
Le repas se terminant, les quelques hommes qui avaient accostés → accosté
de leur faire comprendre qu'il les avait mis sur notre route à dessein → mises
Je puis avoir pêché par orgueil → péché
il été écrit après coup → a été

Correction refusée.


Sinon Ate, je vais simplement éditer ton texte. Yes
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Nigiel
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PostPosted: Sat 3 Oct 2015 - 02:25    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

 
 
Alors : 


Cohérence : Oui ok, j'accepte ça, ya pas d'illogisme la dedans.
Cohérence bis : La gloire et le fric oui. Petit truc par contre, il écrit ça quand ? J'ai pas pigay
Sentiments : J'adore les histoires sur les grands explorateurs, alors forcément g kifay.
Moyen de transmission : Rien de pêchu la dedans.
Style : J'aurais vu plus grandiloquents mais sinon ça va.
Lisibilité : Waffe work.
Intérêt : Tu t'es inspiré d'Ulysse hein ? Persos j'adore, je trouve ça pas trop mais bien assez. T'vois quoi ? C'est le genre de pastas qui va bien passez pour ceux qu'ont la patience et qui va pas être lus par les autres parce que c'est LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONG putain 
Si t'as pas piger c'est un POUR 
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Atepomaros
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PostPosted: Sat 3 Oct 2015 - 10:24    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

Pour répondre à tes questions Nig nog, il a écrit ça en prison, après que ces évènements se soient passés ( ou pas d'ailleurs, il a pu tout inventer ).

Et pour le coup j'ai pas du tout pensé à Ulysse, mais j'ai pensé aux sirènes et aux amazones Smile Donc ça se rejoint un peu ^^ En tout cas merci à toi Wink
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Dunkel
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PostPosted: Sat 3 Oct 2015 - 19:36    Post subject: [C] Tierra de Luz Reply with quote

~Cohérence : Cela me parait cohérent.
 
~Cohérence des actions : Pareil qu'au dessus.
 
~Style : C'est vachement bien écrit, j'ai bien aimé le racisme qui était bien présent et qui ajoutait beaucoup de réalisme.
 
~Moyen de transmission; Ça marche plutôt bien.
 
~Sentiments éveillés : Rien.
 
~Lisibilité du texte : Lisible.
 
~Intérêt  de l’histoire : C'est original.
 
~Conclusion : Pour.
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