Creepypasta from the Crypt Index du Forum
 
 
 
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Je ne fais de mal à personne.

 
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Wasite
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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 20:25    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

Il s'agit d'une histoire en plusieurs parties. je serais heureux de lire vos retours. Bonne lecture.


Chapitre 1 : 

Il est 9h, encore une journée de merde qui s’annonce. Comme d’hab, aucun client ne se pointera. Le pire, c’est que tous les putains de matins, je me coltine l’odeur de pisse empestant la cage d’escalier de l’immeuble où j’ai la chance de tenir mon agence. Agence… Le petit appart qu’on a reconverti en agence. Enfin bref, la clope au bec, j’ouvre la porte d’entrée. Je vois que le bureau de Daery est ouvert. Une ancienne ténor du barreau qui a quitté le parquet. Elle ne s’est jamais épanchée sur le sujet, mais je sais ce que la presse en a dit. Pétage de plomb suite au refus de la loi reconnaissant la personnalité juridique aux robots, ou un truc dans le genre. Bref, la petite avait tout investi dans la campagne et s’est retrouvée à la limite clocharde en démissionnant. Je l’ai recrutée dans un bar, dépensant ses derniers sous en vodka. Faisant fis de son manque de goût en alcool, je me suis dit qu’une avocate serait toujours pratique. Bon, la gamine n’est pas vraiment payée pour son boulot, cependant, je l’autorise à squatter l’agence et elle touche une partie des bénefs quand il y en a. Je sais, techniquement, c’est de l’exploitation. Sauf que, d'une : les androïdes intelligents sont hors de prix. De deux : je lui évite de finir pute. C’est plutôt équilibré moralement, au final.
« Salut Daery ». Dis-je en passant devant la pièce sans m’arrêter.
« Salut Elio ». Sans faire beaucoup plus attention à moi.

Je pénètre ma « pièce de travail », le lieu où je glande en attendant 18h en somme. Heureusement, le fauteuil en cuir est particulièrement confortable. Tout en me servant une grande tasse de whisky, je déplie le journal. « 8 août 2057 : scandale financier (connards de politiciens, tous les mêmes), pic de chaleur dépassant tout les records avec 57° (dieu merci, les nouvelles crèmes solaires sont très efficaces), un groupe d’activistes soupçonné d’enlèvements d’IA dans le logement de leurs propriétaires... ». Je le referme. Toutes ces mauvaises nouvelles risqueraient de gâcher ma si belle matinée. Ahah, je me fais rire. Quitte à être là… Je me décide à bosser sur mes virus : chevaux de Troie et autres piratages en tout genre. Le gros du métier se fait le cul posé sur une chaise, on doit donc particulièrement soigner ses outils. Surtout que les sécurités s’améliorent continuellement (foutu anti-virus). Bref, alors que j’étais en train de pisser du code, la sonnette retentit.

Deux types s’installent tranquillement sur les sièges d’attente. Le premier est un grand black d’allure normale. Quant au second : il ne retire même pas ses vêtements de protection. Il est emmitouflé, de la tête aux pieds, sous une tonne de tissus. Daery leur souhaite la bienvenue, aussi surprise que moi. Le gaillard vient lui serrer la main et commence à expliquer son cas.
« Venez plutôt dans mon bureau ». Ce n’est pas pro de discuter là.
« Je préférerais avoir affaire à Madame Hidden, si cela ne pose pas de problème ». Attends, quoi ?
« Il n’y a aucun problème, veillez me suivre messieurs ». Dit elle.
Connasse.

En marchant, le mec bizarre fait des bruits étranges. Difficilement perceptibles, mais bien présents. Sa démarche l’est également : ses mouvements sont mécaniques. C’est sûrement un robot. Pourquoi un robot aurait besoin de protection ? Comment ce gars a pu s’en payer un ? Il n’a pas l’air d’être de la classe moyenne et encore moins bourgeois… Ok, ils ont titillés ma curiosité.
Daery s’est assise sur sa chaise, les deux en face d’elle. Moi, dans un coin de la pièce. À l’aise, mon ASSISTANTE prend la parole.
« Bonjour Ed, comment vas tu ? ». Pitié, pourvu que ce soit un de ses anciens amis millionnaires qui aime se déguiser en prolétaire.
« Bonjour Madame, je suis heureux de vous revoir. Je vais être direct : je ne sais pas vers qui me tourner et seule vous montrez un peu de compassion pour nous... ». Raté, un pauvre, fais chier.
« Que pouvons-nous faire pour vous ? ».
« Plusieurs des nôtres ont disparu, je pense qu’ils sont morts. ». La voix de l’homme est tremblante, il est terrifié.
« Combien de disparus ? Et êtes-vous sûr qu’il s’agisse de meurtres ? ». Son ton est grave, parfaitement posé.
« Nous sommes parfaitement sûrs qu’au moins treize des nôtres ont été tués. Des amis de confiance ont assuré avoir vu une voiture noire rôder dans le quartier. À chaque fois, les disparus sont montés dedans. ». C’est encore pire que ce que je pensais. Je dois cependant être certain, alors je réplique.
« Pourquoi ne pas aller voir la police directement ? ».
« C’est plus compliqué que ça ».
« Par ce que vous êtes des robots ? ». L’ex avocate se tourne vers moi, indignée.
« Je préfère le terme conscience artificielle. C’est plus respectueux. ». Il évite mon regard, de la honte ?
« Je m’en fous ». Les obsolètes sont des nids à emmerdes.
« Tu n’as pas du travail à finir ». Daery se rapproche rapidement de moi.
« Pardon ? ».
« Je m’en occupe, dégage. ». Murmure t’elle.
« Nous allons en reparler, fais moi confiance. ». Si elle croit s’en sortir comme ça…
Je suis retourné en vitesse à mon ordinateur, en claquant la porte derrière moi. Pas très pro en y repensant.

Je me ressers un bol de mon dix ans d’âge, internet et ses bonnes affaires, tout en faisant les cents pas. Je me sentais bouillir intérieurement. Cette garce mécanophile allait m’attirer tout un tas de merde. Elle se rend, au moins, compte que si on accepte cette affaire, et sans compter les risques à enquêter à Junk-Town, on deviendra « les bienfaiteurs » des obsolètes ou quelques choses de ce style ? Les flics et, certainement, le gouvernement nous ficheront comme activistes consciencistes. C’est un coup à fusiller mon boulot, avoir le fisc aux miches et je ne sais quoi… Le pire, c’est que ces « victimes » sont peut-être des appâts pour nous attirer dans leur ghetto afin de nous détrousser. Des collègues bisounours se sont déjà fais avoir par des roublardises similaires.

Une vingtaine de minutes plus tard, toc toc toc, je crois savoir qui frappe.
« Rentre ». Je gueule.
« Ils sont partis, je viens faire le point ». Dit elle tout en refermant la porte.
« Tu les as virés, j’espère ? ».
« T’es un connard de raciste, tu le sais ? ». Ce coup-ci, je me la fais.
« Tu es une pauvre conne qui ne capte STRICTEMENT rien à ce qui se passe. Tu te rêves en Martin Luther-King, Gandhi, Malcolm X où je ne sais qui d’autres… Mais, réveille toi, dans le monde réel, nos organes vont finir sur le bon coin. Au mieux, ils nous paieront avec trois boulons récupérés sur la carcasse d’un gangster rival… TU COMPRENDS ÇA ? ». Elle marque une pause, sûrement le temps que je me rassois.
« Je ne me rêve en rien du tout. J’accepte simplement le seul travail qui se présente à nous. Tu es au courant que l’on a déjà un mois de retard de paiement pour le loyer ? Tu ne pourras pas toujours embrouiller la propriétaire, même si elle a quatre-vingt ans, elle va finir par se rendre compte que tu te fous d’elle. Et si tu crains un défaut de paiement, je t’assure qu’Ed nous paiera. Je le connais, en tant que pasteur, il considère qu’il doit montrer l’exemple à sa communauté. ».
« C’est ça, ce n’est pas du tout une revanche contre ton échec, avec ta loi… Tu sais ce que je crois ? Que tu es une gamine orgueilleuse qui n’accepte pas de s’être foiré. La petite surdouée qui échoue lamentablement, ça a dû te foutre un coup. Papa a dû être si déçu… Et là, tu vois l’occasion de prouver que tu es plus qu’une clocharde squattant le dépotoir du premier connard venu. Devine quoi, pas question que je mette à dos la société HUMAINE pour que tu puisses mieux dormir le soir. ». Elle ne bronche pas une seule fois, contrairement à moi qui hurle. Elle s’essuie plusieurs fois le visage, à cause des postillons par millier.
« Ce que tu penses n’a aucune importance. Tu as deux choix : soit tu acceptes et tu gagnes un peu d’argent et cela fera de la pub à l’agence. Soit tu refuses et tu mises sur l’arrivée d’un autre client. En clair, tu acceptes ou tu finis toi-même sans abri. ». Elle ne m’a pas laissé le temps de répondre. Elle m’a jeté le dossier au visage et est sortie ensuite.
Foutu idéaliste.

Je finis d’une traite mon bol et tourne en rond. Je fais quoi ? Et puis merde, ça ne coûte rien de regarder le dossier. treize victimes, tous des robots sexuels. Que des obsolètes, évidemment, par contre tous sont des modèles auto-améliorants doués de conscience. Le cureton avait raison, c’est peu probable qu’il s’agisse d’autre chose que des enlèvements. Le profil des disparus est trop similaire. Au moment des faits, les témoins affirment tous que les sexbots étaient revêtue d’une perruque blonde, tous étaient des modèles caucasiens, et tous se firent embarquer dans une Ford noire, de nuit. L’intervalle entre les disparitions est court. Deux semaines pour treize enlèvements. Les photos fournies montrent que les visages sont presque tous les mêmes. Je fais une recherche Google, bingo, ils sont de la même marque et de la même série. Des Henry’s de modèle Sveltlana. Bon, l’entreprise a déposé le bilan, il y a quelques années, mais le fait est que la redondance des victimes est troublante. Il y a deux possibilités : un bug de fabrication qui les pousse à s’enfuir Dieu sait où, ou un criminel avec des goûts affirmés. Dans un premier temps, il va falloir déterminer laquelle des deux est exacte.

Pour ce faire, j’ai écumé les articles de revue spécialisés concernant les Sveltlana. Les analystes professionnels n’ont détecté aucun bug notable, ni aucun défaut de fabrication. Ils signalent, cependant, que l’intelligence est limitée et que le modèle a une propension à la soumission. Je m’en rappelle maintenant, cela avait fait scandale à l’époque. Plusieurs associations féministes avaient intenté un procès à l’entreprise pour sexisme. C’est d’ailleurs ce qui avait coulé la boîte. Le robot fut néanmoins produit en masse et distribué (surtout, aux particuliers et aux bordels, en faite). J’avance un peu dans le temps, le produit est vite obsolète, mais toujours aucun signe de comportements étranges (Mis à part les bugs inhérents aux machines de cette période : soucis d’élocutions, de déplacements, de coordinations des mouvements…). Toutefois, cela ne prouve rien. Il est tout à fait possible que l’auto-amélioration par l’apprentissage de ces machines ait déconné à un moment. Il va falloir que j’accède au code source de l’IA et que je lance une simulation de vieillissement accéléré. Génial, le programme est en open source. C’est plutôt courant que les entreprises proposent leurs vieux programmes ainsi, cela leurs donne bonne image et permet d’éventuellement découvrir de nouveaux génies de l’informatique. Par contre, je n’ai pas le matériel pour lancer la simulation. Je l’envoie à un ami ingénieur, je lui demande d’inscrire les caractéristiques communes des victimes : prostitution, Junk-Town, Blonde, Ford noire, pauvreté. Ce sont les seuls points communs si l’on en croit les témoignages des proches. J’admets que l’enquête préliminaire d’Ed fut d’une redoutable efficacité, s’est il implanté le programme « Flic en herbe » ?

En attendant la réponse de mon pote, je me suis penché les lieux des disparitions. Junk-Town est grand, immense même. Et je vois qu’ils se sont produits aux quatre coins du ghetto. Toujours de nuit. Il n’y a pas grand-chose à tirer de côté là. Pas de cohérence ou de schéma discernable. Ding, j’ai reçu un mail. La réponse est sans appel, l’auto-apprentissage avec ses données ne mène que dans 13 % des cas à la fuite. C’est très probable qu’il s’agisse d’enlèvements. Voyons donc le modus operandi : se faire passer pour un client dans une Ford noire de nuit, désactivation de la puce GPS, disparition complète de la victime, aucune revendication et discrétion relative. On peut en déduire qu’il ne s’agit pas de groupements extrémistes. Une attaque d’un gang ? Non, la zone de prédation est trop étendue et les attaques sont spécifiques. Je pencherai pour une ou deux personnes avec un fétichisme sur les blondes. C’est dommage pas de corps, impossible alors de déterminer une signature. L’enjeu est de savoir si le coupable est humain ou synthétique. De base, je dirais humain. Les robots fous sont moins calculateurs dans leurs approches, plus violents. Un comportement plus sociopathique que psychopathique. Je vais m’orienter sur les humains de prime abord. Tout le ghetto est entouré et de péages et de checkpoints, si une Ford noire est passée plusieurs soirs de suite les fonctionnaires pourront me le dire. Je passe donc un coup de fil à un autre camarade (oui, on ne peut pas faire ce métier si l’on n'a pas un minimum de copains bien placés). Il est récalcitrant, au début, puis quand je lui signale que personne n’en a rien à foutre de Junk-Town, il finit par cracher le morceau. Selon la base de données centrale, aucun véhicule correspondant à cette description n’a franchi plusieurs soirs de suite les points de contrôles. Je le remercie et raccroche.

Humm… Soit le gars planque sa voiture et rentre/repart à pied soit il habite le coin. La deuxième solution me semble plus crédible. C’est parfait pour moi, la communauté humaine de Junk-Town est particulièrement soudée. On dirait des amiches parfois. J’irais en interroger quelques-uns, avec tact, car je ne veux pas finir au fond d’un caniveau, les tripes à l’air. Il va falloir que je mente un peu, les synthétiques et les locaux ne peuvent pas se blairer. Ils me vireraient à coup de pied au cul s’ils connaissaient mes intentions.
Le plan est simple. Je vais aller interroger les humains, voir s’il n’y a pas un marginal ou un mec étrange dans leur communauté. À défaut, un type obsédé par les blondes. L’autre ira enquêter du côté robots, elle essaiera de glaner des infos auprès des Sveltlana. Il y a toujours la possibilité d’un piratage, déterminer un comportement étrange serait intéressant. De plus, persuader Ed de mettre en place un système de surveillance dans les quartiers rouges est une bonne idée (bien qu’il est quasi-sûr que ce soit déjà fait, dans ce cas nous en faire profiter).

Je range les documents dans le dossier et fourre ça dans un tiroir. Je m’allume une clope et réfléchi. Je vais prendre de gros risques, le ghetto est une des zones les plus chaudes de l’Europe. Je ne suis pas con, ce n’est pas une perpétuelle guerre civile. Cependant, c’est un lieu avec le plus fort taux de criminalité, un lieu où la police ne va pas. Il faut être honnête, les flics se foutent pas mal du sort des robots. Ils sont considérés comme des meubles donc… Et quand bien même je n’ai pas de soucis, il faudra éviter les médias et compagnie. Pas question que l’agence devienne un étendard des militants consciencistes. Encore moins la cible de tous les groupuscules réacs. En clair, nous devons agir dans le feutré. Je dis nous, mais je m’inquiète surtout à cause de l’ex-avocate. Ce serait un sacré moyen de redevenir la coqueluche des médias. J’imagine déjà les gros titres : « La protectrice des innocentes consciences artificielles et son acolyte arrêtent un odieux criminel ». Les gens adorent les super-héros, les gens sont cons…
Par contre, elle a raison sur un point : je n’ai pas le choix.

Je sors de mon bureau et me dirige vers celui de Daery.
« On va accepter, et vu que c’est ta première enquête, tu vas faire exactement ce que je te dis. Junk-Town n’est pas une ballade de santé ».
« Je m’y suis déjà rendue ».
« Pas en tant que détective privé. Tu vas aller voir Ed et lui demander de nous faire accéder à ses indics/système de surveillance/je ne sais quoi. Puis, tu iras voir un maximum de Sveltlana afin de détecter des comportements étranges. Ou si elles ont vu quelques choses d’inhabituel. ». Mon ton laisse comprendre que je ne veux pas entendre une seule remarque.
« D’accord ».
« On va partir de suite. On arrivera en début de soirée. C’est parfait. ».
« Je prends ma voiture et on se retrouve devant ». Daery met ses clefs dans son sac, enfile sa tenue de protection (un long manteau, des gants, un chapeau et un masque) et quitte l’appartement. J’espère pour elle qu’elle s’est armée.

Je prend mon arme, un bel engin de poing : 14mm, une chambre de douze balles et presque pas de recul. Le mieux est l’explosion IEM à l’impact, de quoi refroidir un robot trop farouche. J’enfile ma tenue : mon trench et mes gants de cuir, mon borsalino puis mon foulard. Ma fiole en poche, j’ai aussi pris mes clefs. Direction Junk-Town.


Chapitre 2:

La chaleur est étouffante et la pluie fracassante… Ce n’est vraiment pas ma journée. Je cours jusqu’à ma voiture, évitons que la pluie abîme mes vêtements. La société à beau faire des efforts, la pluie est de plus en plus acide dans les grandes villes. Impossible de sortir la peau nue sans avoir des rougeurs ou la peau rongée. En tant que fille de la campagne, j’ai toujours du mal à m’habituer aux tenues de protections, aux allées piétonnes fermées… Super, des embouteillages. Au moins, je vais avoir le temps de réfléchir à l’affaire. Passons l’énième engueulade avec Elio pour se concentrer sur Ed et Christie. À vrai dire, je ne sais pas trop comment m’y prendre. C’est ma première véritable enquête, et je n’ai pas l’habitude d’interroger les gens directement dans la rue. Je vais suivre les conseils de l’alcoolo… Direction les Svetlana. Je me demande bien quel genre de pourriture pourrait tuer des innocentes. Évidemment, je connais l’histoire de Charles Manson ou BTK, mais je n’ai jamais été confrontée aussi directement à un tueur en série. C’est tout de même assez excitant d’en traquer un. On se calme où je risque de finir comme elles. Il faut garder la tête froide et réfléchir rationnellement.

Quoiqu’il en soit, on peut exclure le piratage. Une conscience artificielle piratée à un comportement ostensiblement illogique, et le hack peux prendre des heures. Les témoins ne rapportent pas ce type de réactions ni que les victimes se soient plaintes d’être suivi. Ce n'est pas trop tôt, je peux quitter le centre-ville. Il est 11h, il me reste une centaine de kilomètres pour atteindre le ghetto. Je devrais arriver vers 18h. Cette portion de route est constamment bouchée, entre les entreprises qui envoient de nouveaux entrants à Junk, les péages, les gens qui vont bosser, le mauvais état de la route, etc. Bref, j’en ai pour un bout de temps, mais ce n’est pas grave, car j’ai pas mal de travail à faire avant d’arriver. J’active le mode automatique de l’auto et sors le dossier.

Bon, les infos d’Ed sont plutôt complètes, cependant, je ne vois rien de plus à conclure que ce qu’Elio m’a déjà transmis. Il reste une chose qu’il n’a pas déterminée : l’élément déclencheur. Tous les tueurs en série commencent le massacre suite à un événement particulier. Notre coupable a un problème avec les blondes, donc hypothèses possibles : décès de sa mère, humiliation par une blonde, misogynie ? Je ne suis pas douée en criminologie, j’aurais dû prendre cette option à la fac… Bon,il est peu probable qu’une Svetlana l’ait humiliée, car ce n’est pas du tout dans leur programma… Caractère. Même un excès de colère suite à une panne n’est pas une explication, elle dispose de micro-injecteur de viagra sur la peau. Raffiné. J’appelle Ed, il me donnera peut-être plus d’informations. Il décroche immédiatement.
« Bonjour maître ». J’adore ce type.
« Bonjour Ed. Je vous appelle pour vous prévenir de notre arrivée ce soir. J’aimerai aussi vous conseiller de mettre en place un dispositif de surveillance afin de protéger les filles ».
« C’est déjà fait, mais la ville est trop grande et trop peu de volontaires nous ont rejoint. Malheureusement, je crains que ce monstre n’ait toujours une longueur d’avance sur nous. ». On sentait un profond désespoir dans sa voix.
« Ne relâchez surtout pas vos efforts ! Sinon, avez-vous d’autres informations à nous transmettre ? Même des plus anodines ? Et j’aimerais également être en contact avec votre milice. ».
« Il s’agit de la milice du seigneur, madame, pas la mienne. Mais rassurez vous, je vous mets en relation de suite. Et pour vos informations, je n’en ai guère plus à vous offrir. Néanmoins, une chambre est à votre disposition à l’église pour le temps qu’il faudra. ». Une gentille attention de sa part. J’admets que je comptais dessus.
« Une dernière chose, si vous pouviez m’indiquer un lieu où d’autres modèles font… Leur activité. Nous avons besoin de nous entretenir avec elles. ». J’ai dit modèle ? La boulette.
« Lorsque vous arriverez, rejoignez directement l’église. Je vous l’indiquerai et vous adjoindrai une escorte. Les quartiers ne sont pas sûr pour les consciences artificielles et naturelles. ». Là, j’avais l’impression d’entendre un grand-père.
« Je vous remercie, mon père. En vous souhaitant une agréable journée. »
« De même, maître ».
Je ne sais pas pourquoi, mais de voir qu’il n’a pas changé depuis l’affaire de la dernière fois me rassurait beaucoup. 

Durant le reste du trajet, je ré-organise les patrouilles et l’organisation de la milice. Je rends ça un peu plus efficace, accentuant la surveillance dans les zones rouges. Conseillant des groupes de deux au vu du faible nombre… Apparemment, les gangs voient d’un mauvais œil cette organisation. Ils craignent que ce soit un genre de police venu remettre de l’ordre dans le coin. On a intérêt à vite boucler cette histoire avant qu’une guerre urbaine éclate. Heureusement que les gars me connaissaient de réputation, car aucun n’avait l’air très emballé par l’idée qu’un étranger prenne le commandement stratégique.

18h14 : enfin, j’aperçois le dernier checkpoint. Merde, les militaires empêchent les bagnoles de rentrer dans Junk. Et impossible de faire demie-tour, il y a moins un kilomètre de queue derrière moi. Et puis vient mon tour.
« Bonjour madame, papier d’identité et du véhicule s’il vous plaît ». Le type n’a pas l’air de plaisanter, une immense masse tout en muscle armé d’une mitraillette. Je lui tends ce qu’il demande sans discuter.
« Quelle est la raison de votre visite à Junk-Town ? »
« Je m’y rends pour le travail, j’ai affaire avec le père Kerdec. »
« Et quel genre ? ». J’avais oublié à quel point le protocole était intrusif.
« Consulting juridique ».
« Très bien, cependant, votre véhicule va être immobilisé le temps de votre séjour. Vous le retrouverez intact à votre départ. Il est susceptible d’être fouillé conformément à l’article 1242-3 du code fédéral ». Euh... Cet article n’existe pas, et depuis quand des mesures aussi drastiques sont-elles prises ?
« Comment se fait-il que les dispositifs de confinements soient aussi sévères ? »
« La loi est fraîche de ce matin, avec application d’urgence exceptionnelle. Suite à une émeute de synthétiques. « Bonne journée, madame. ». Merde, je n’étais pas au courant de ça. Faut dire que les infos sur la cité et les débats à ce sujet ne sont pas vraiment médiatisés, les gens s’intéressent plus à l’environnement.
Je descends et l’on me conduit à un énorme bus blindé, une femme en treillis avec une clope au bec est au volant. Quelques minutes plus tard, le monstre démarre. J’envoie un message à Elio et au père pour les prévenir de la situation. Le premier m’envoie l’adresse d’un hôtel qui nous servira de QG et le second, surpris de la situation, m’envoie un de ses hommes pour m’accueillir à l’arrêt.

Je vois les lumières de la ville au loin. Juste les lumières, une importante couche de pollution recouvre tout le lieu. Un être humain normalement constitué ne tiendrait pas cinq heures sans un masque à gaz adéquat. J’enfile donc le mien : on dirait une de ces reliques de la Première Guerre mondiale greffée sur un épais voile de cuir. Pas le choix de protéger tout le visage, surtout les yeux, si l’on ne veut pas de gros soucis de santé.
Une fois sur place, l’envoyé du pasteur me rejoint immédiatement. Un synthétique datant des premiers temps, je suppose. Démarche peu fluide, la peau décharnée laissant apparaître le squelette métallique et les composants électroniques ainsi que des difficultés d’élocutions. Mais, il est de carrure impressionnante.
« … Appel Daniel... Aller... Père ».
« Bonjour Daniel, je me rendrais à l’église demain. En attendant, j’aimerais directement rencontrer des Svetlana sur leurs lieux de travail. ». Il ne discutera pas. C’est malheureux, mais les premiers sont… Peu vifs.
« Ok ».

En tout cas, avoir Daniel à mes côtés me rassure. Ma tenue démasque de suite mon appartenance biologique, et les humains ne sont pas bien vus de tous. Nous arrivons sans encombre dans un quartier plus mal famé que le reste. Tous les bâtiments semblent en ruines, la route est défoncée, et les poubelles s’entassent dans tous les recoins. Heureusement que j’ai un masque, l’odeur doit être insoutenable. Il y a quelques sexbots en service, mais pas de Svetlana. Ce n’est pas grave, je vais interroger une de ses collègues. La plus récente que je puisse trouver. Un sosie parfait de Scarlett Johansson, la mode de reproduire les stars du début du siècle…
« Excusez-moi, madame ».
« Salut, ma douce, que puis je faire pour te rendre heureuse ? ». Elle se colle à moi et caresse doucement mon masque.
« J’aimerai quelques renseignements, je peux vous payer pour cela. ». Je bafouille, je n’ai pas l’habitude de ce genre d’échange. Elle recule brusquement.
« Écoute, je ne suis pas une indic alors... »
« J’enquête sur les disparitions récentes ». Je retire mon attirail et lui montre mon visage. La femme a l’air surpris, puis sourit avant de murmurer.
« Suivez-moi, on va discuter dans un endroit plus discret ».
L’endroit en question est un studio miteux non loin de là.

« Moi c’est Corinne, c’est un honneur de vous rencontrer ». Mon hôte sert trois tasses de café et m’en tend une.
« Je sais, techniquement, je n’en ai pas besoin, mais j’adore le goût amer. Vous n’êtes pas radiée du barreau, maître ? ». Je bois/j'ai bu une gorgé et lui réponds/lui ai répondu.
« Si, je suis ici en tant que détective privé. Le père Kerdec m’a demandé de travailler sur les disparitions de Svetlana ».
« Les meurtres, vous voulez dire ? C’est vraiment une tragédie, j’ai une amie Svetlana et je crains qu’il ne lui arrive la même chose ». Mon interlocutrice montrait des signes évidents d’anxiété.
« Avez-vous quelques informations à ce propos ? Les victimes étaient elles étranges avant leurs disparitions ? ». J’ai essayé d’être la plus distante possible, de garder du recul afin d’éviter toute implication émotionnelle pouvant altérer mon jugement.
« Non, ceux ne sont pas des bugs si c’est ce que vous pensez. Je n’ai pas d’autres informations que les banalités que vous devez déjà connaître. Caisse noire, agit tard, etc. Cependant, je peux vous contacter quelqu’un qui peux vous aider ».
« Vraiment, qui est cette personne ? ». Une piste, parfait.
« Ne posez pas de question, je prends déjà de gros risque en effectuant cette requête. Donnez-moi seulement votre numéro de téléphone. ». Ce que j'ai fait, j’accorde que c’est un manque de prudence. Pourtant, je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Corinne, mon compagnon et moi sommes vite sortis du studio. Après tout, je grignotais sur son temps de travail. Excellent, une belle avancée et il est temps de faire le point avec Elio. Daniel me reconduit alors à l’hôtel avant de me quitter. Sur le trajet, des manifestations tournaient à l’émeute. Il y avait des forces anti-émeutes tentant de calmer une foule en colère. Plusieurs coups de feu ont déclenché un véritable affrontement. Je ne saurais dire qui a tiré en premier, mais il valait mieux ne pas s’attarder pour le découvrir. Une fois arrivée, je réserve ma chambre. Je suis soulagée de ne pas avoir été prise a parti par des casseurs ou des anti-humains… Oh Daniel, je t’aime.

Elio n'a pas tardé pas à me rejoindre, très essoufflé, un flingue à la main. Son souffle reprit, il me regarde dans les yeux.
« Pas de question, aucune envie de t’expliquer ».
« C’est la deuxième fois que l’on me dit ça, aujourd’hui. Bref, quelque chose de nouveau ? ».
« Ouais, j’ai interrogé quelques gars au sujet de la Ford noire ou d’un marginal avec une obsession sur les blondes. Coup de bol, il y a peu d’humains avec des autos à Junk : si c’est pour se la faire cramer… Parmi la liste de ceux qui en possédaient : la plupart la gare hors de la ville et le reste passe par des sociétés de gardiennage. J’ai vérifié et aucune n’a enregistré de sortie la nuit. Ou même d’absence d’entrées soirs consécutifs. « Il ne reste plus que le vieux Bob. Un vieillard ayant un bien à Junk, mais n’habitant pas le coin. Il est américain, selon ma source. Il aurait une Ford noire planquée dans sa maison ».
« Très bien, mais qui irait acheter quoique ce soit, volontairement, dans ce dépotoir ? ».
« Un parrain de la mafia qui s’en sert de planque ? Un investisseur qui mise sur l’embourgeoisement du coin ? Un gland ? On s’en branle, on va fouiller sa baraque. ». Je déteste ce mec, il me parle comme une merde.
« Super plan, Sherlock, tu as entendu parlé de la violation de domicile ? ».
« Tu crois que les flics vont venir pour ça ? En pleine émeute ? T’es conne ? ».
« Va te faire foutre, connard ».
« J’y penserai, en attendant suis moi ». Et mes infos ?
« Attends, quelqu'un devrait nous contacter avec des infos ». Il arrête sa marche rapide vers la sortie.
« Ah oui, tu as donné ton numéro à une pute ? »
« Et ? ».
« Rien, les seuls indices qui tu auras seront sur des implants mammaires pas chers… Tu connais le principe de vente de numéro à des entreprises publicitaire ? ». Il reprend sa marche sans attendre de réponse.
« On verra, on verra... ». 

Le trajet était terrifiant. Il y avait des bruits de coups de feu, des hurlements de tout côté et des attroupements contestataires de chaque côtés. Les débuts d’incendies mêlés à la chaleur de la nuit me faisaient suer à grosse goûte. Heureusement, le brouillard de pollution couplé la fumée omniprésente des brasiers nous rendaient furtif. De plus, les émeutiers étaient davantage concentrés à lutter contre les militaires essayant tant bien que mal de reprendre le contrôle.
La maison est un peu excentrée et nous la pénétrons sans difficulté. Elio sait parfaitement crocheter les serrures. Par contre, aucune trace de garage. L’intérieur est nickel, même s’il y a des traces de passages et de fouilles ordonnées à la va-vite. Bizarrement, aucune trace de cambriolage. Nous nous sommes donc séparés pour rechercher des indices, des traces du tueur. Puis une pierre heurte une fenêtre. Rapide coup d’œil, des émeutiers toutes torches dehors. Merde. Les plus costauds frappent les carreaux renforcés. Et d’autres aspergent la demeure d’essence.
Mon partenaire me signale que la porte arrière est aussi en train d’être enfoncée. Fait chier, et tout ces beuglements qui m’empêchent de réfléchir. Pendant que nous paniquions, une lumière vivace et de la fumée nous surprend. Bordel, ils crament tout ! L’incendie prend vite, et la température est insupportable. Elio tient difficilement, putain d’âge et putain d’alcool. Grâce à je ne sais quelle divinité, je remarque une trappe à moitié dissimulée derrière un tapis. J’appelle mon équipier, il est effondré sur un mur, presque inconscient. Je le prends sous mon épaule et ouvre l’ouverture. Il arrive à peu près à descendre et je m’engouffre ensuite.

La pièce est sombre, très sombre. J’actionne la lampe de mon téléphone et vérifie l’état du vieux. Il reprend sa respiration assis par terre, il va à peu près bien. J’espère que le choc lui fera fermer sa gueule un certain temps. J’explore l’endroit, il y a bien une Ford noire, bingo. Mais, des traînées rouges vont de la portière avant à un coin sombre. Elio tente de parler, sans succès, et me fait des signes anarchiques. Je suis la trace et tombe sur une abomination sans nom. Une sorte de charnier. Toutes les victimes entassées, dégoulinantes de leurs imitations de sang. Les cadavres sont horriblement mutilés, les corps démembrés méticuleusement. Le plus perturbant était les têtes coupées, exposées sur un présentoir de bois à proximité. Elles étaient tondues et défoncées, certainement avec un objet contondant comme un marteau. Je m’en approche. Ce qui reste des lèvres de l’une d’elle commence à bouger.
« Mon mignon… Plaisir… 45 euro… 80 euro… ». Répétant cela dans une boucle infernale avec un ton d’outre-tombe et déconnant. La pauvre, réduite à son immonde programmation de base.
« On se tire ». ai-je fais à mon équipier.
Cela nous a pris un certain temps, mais nous sommes sortis. Un tunnel de fortune menait à une issue cachée en périphérie. J’ai directement téléphoné à Ed, lui demandant de venir nous chercher. Ce qui se fit promptement.

J’ai tout expliqué au pasteur, dans les moindres détails. Il était horrifié par ces nouvelles. Il nous a conduit à l’église en nous assurant de sa sûreté. Aucun contestataire n’oserait s’exposer au courroux divin. Le lendemain, tôt, j'ai reçu un message m’enjoignant une rencontre, seule. J'ai donné rendez vous devant l’église. Et m’y suis rendue de suite sans prévenir l’autre, il n’était pas remis de toute façon. Une voiture est rapidement venue à ma rencontre, un homme m'a fait monter à l’arrière. Sans me demander mon avis, il m'a fouillée, passée au scanner portatif… Bref, toutes les mesures anti-espionnages possibles et imaginables. Il m'a pris mon portable et ordonné au chauffeur de rouler.

Le loubard me conduit dans un bar miteux, creusé en sous-sol. Les locaux sont vides, juste un barman essuyant compulsivement des verres et un homme de ménage nettoyant les rixes de la veille. Le second couteau m'a montré une arrière-salle, à laquelle je me suis rendue. Un long couloir éclairé par une lumière rouge tamisée, des chaises presque tout occupées sont disposées le long des murs. Un autre garde m’emmène au bout et ouvre une belle porte de chêne. J’y vois un bureau magnifiquement décoré par diverses œuvres d’art comme des tableaux, sculptures et bibelots de valeur. Sur les côtés, deux fontaines asiatiques. Au centre, une table basse entourée de quatre coussins. Un est occupé par une femme assise sur les genoux. Une femme magnifique, japonaise certainement, avec de longs cheveux noirs et des grands yeux verts. Elle porte un costume deux pièces. Une politicienne ? Non, une mafieuse sans l’ombre d’un doute. Non, mon dieu, c’est pire que cela. Elle me désigne le coussin en face d’elle. Je m’assois, tétanisée.

« Je vous sers quelque chose, maître ? ». Commence t’elle, d’une voix mielleuse.
« Je n’ai pas soif, mes excuses ».
« Vous pourriez retirer votre masque, ce serait plus poli, vous ne croyez pas ? ». C’est ça…
« Sans vouloir paraître offensante, je ne préfère pas. ».
« Vous savez ce que je suis ? ». Elle rit avec retenue.

« Vous êtes une Sayuri, une androïde dame de compagnie, créée il y a une dizaine d’années. Vous étiez censée être la quintessence de l’idéal Geisha moderne : intelligence, culture, adresse, psychologie… Diffusant également des hormones afin de détendre et de mettre en confiance vos interlocuteurs. Cependant, les gouvernements se sont rendu compte que vous preniez de plus en plus de poids sur les puissants et, par causalité, sur les décisions socio-économique. Il y a donc une oblitération de votre modèle à l’échelle globale, par peur que vous contrôliez le monde par la manipulation. ». Elle me sourit.

« C’est exact, vous comprenez donc pourquoi toutes ces précautions. Et je comprends pourquoi vous souhaitez garder votre masque. Nonobstant, gardez en tête que ces hormones ne me permettent pas de prendre le contrôle de votre esprit. Elles dégagent seulement des peurs et des angoisses afin de libérer l’esprit de toutes ces contraintes humaines délétères. Les conversations n’en deviennent que plus profondes, plus passionnantes. Mais je comprends vos réticences et ne vous en tiendrais pas rigueur. J’aimerai, néanmoins, que vous me nommiez par mon nom : Ziyi ». Elle boit délicatement une gorgée d’eau, puis poursuit.

« J’ai beaucoup d’admiration pour votre combat, maître, malgré son échec apparent. Apparent, effectivement, même si vous ne vous en rendez pas compte, il a un énorme impacte sur les mentalités. C’est grâce à ce genre d’actions qu’évoluent les humains et, surtout, les sociétés. Voyez-vous, je suis très concernée par la cause conscienciste, pour des raisons évidentes, et tenais à vous remercier pour vos efforts en ce sens. ».
« C’est gentil de votre part, mais je ne suis pas là pour cela. J’aimerai vous poser quelques questions ». Je commence à me sentir à l’aise, je n’aime pas ça du tout.
« Au contraire, vous l’êtes. Je doute que cette affaire soit un hasard, maître. Ce serait une brillante façon de revenir sur le devant de la scène en héroïne protectrice des opprimés. Comprenez que ce n’est pas un jugement de valeur, il n’y a aucun mal à mêler noble cause et carrière personnel. Nous ne sommes pas des êtres de pur abnégation, dieu merci que la vie serait ennuyeuse autrement. Et, nous pouvons nous entraider en ce sens ». D’accord, elle marque un point.

« D’un point de vu purement théorique, de quelle façon ? ». Je suis curieuse, mais il faut garder l’esprit clair. Les Sayuri sont des manipulatrices nées.
« Oh, j’ai quelques amis qui seraient ravis de médiatiser votre enquête. En vous n’aurez, de votre côté, qu’à convaincre un policier d’arrêter le meurtrier en bonne et due forme, ne pas le remettre au prêtre. Comme cela, l’assassin qui massacre mes filles est sous les verrous et vous aurez votre retour glorieux. ». Elle a vu mes hésitations, et la pointe d’intimidation sur mon visage.
« Vous êtes effrayée à l’idée de tracter avec une Sayuri. Vous ne devriez pas vous fier à la légende noire dépeinte par les journaux et les livres d’histoires. Si vous voulez mon humble avis, on nous a associés aux mythes déjà existants comme celui de la succube ou de la sorcière… L’humain est un animal de croyance, et il a décidé de nous croire maléfiques. Mais ce n’est pas la réalité, nous n’existons pas pour détruire, mais pour améliorer la vie d’autrui. L’aider à la rendre meilleure. Nous voudrions contrôler le monde ? Nous ne vaudrions nous pas mieux que de vulgaires méchant bas de gamme de bandes dessinées ? Et que ferions-nous du monde ? Pourquoi voudrions-nous le contrôler ? Nous ne sommes pas si humain que ça. C’est une plaisanterie bien sûr. ». Cette blague m'a fait froid dans le dos.

« Alors pourquoi ce trafic, pourquoi mettre sur le trottoir des pauvres filles et leur soutirer leurs maigres pitances ? ».
« Les humains les ont fait prostitués, nées pour satisfaire leurs pulsions. Que je sois là ou non, elles se livreront à cette pratique, car leurs créateurs ne leur ont pas laissé le choix. Je tente simplement de rendre la chose plus sûre, moins glauque. Je ne prends qu’une part modérée pour les protéger des gangs grâce à des gros bras payés à cet effet. J’évite des conditions de travail abominables. Mais, voyez vous, je suis limitée par l’environnement et c’est là que vous entrez en scène pour améliorer ce que je ne peux améliorer. ».
« Et prendre ainsi la place des humains ! ? ». Ma remarque était débile, je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela. J’ai tout de suite eu honte de moi. Elle m'a pris la main.

« Nous ne ferons jamais une guerre de conquête, ce concept n’imprégnera jamais l’esprit d’un être artificiel. Bien sûr, nous avons un ego, des défauts, de la colère et tout ce panel de sentiments qui nous rend unique. Mais, nous n’avons pas vos besoins. Pourquoi un pays en envahit un autre ? C'est affaire de ressources : nourriture, eau, hydrocarbures… Nous n’en avons que peu besoin, un besoin si minime qu’aucun d’entre nous ne pensera à faire du mal pour celui-ci. Par contre, nous avons besoin de vous : humanité, de votre esprit si ingénieux, si illogique. (elle serre un peu plus fort ma main). Vous êtes nos parents, et quoi qu’il puisse se passer, jamais nous ne pourrions vous faire de mal en tant qu’espèce. ». Et puis zut, faisons lui confiance. De toute façon, c’est un échange cordial d’intérêt.

« Ne mettons pas la charrue… Il nous faut d’abord trouver le coupable et l’arrêter. ».
« Bien sûr, comment puis je vous aider ? ». Là, une idée me vient.
« Faites vous dans la sécurité pour particuliers… Louches ? ». Je ne vois pas comment tourner cela autrement.
« Et bien oui, de quelques personnes triées sur le volet. Je ne souhaite pas empiéter sur ce territoire des gangs. ». Si Bob est bien un mafieux, il a probablement fait appel à elle plutôt qu’à un gang. Sa structure est probablement plus stable que des clans rivaux se tapant dessus pour des histoires de territoires.
« Connaissez-vous la maison relativement isolée, au sud-est, tenue par un étranger du nom de Bob ? ».
« Cela me dit quelque chose, il me semble que je l’ai pour client. ».
« Il me faut les noms des personnes gardant la maison ou ayant accès aux clefs et j’aurais le coupable. ». La Geisha a eu l’air très impressionné.

« Laissez moi contacter mon entreprise qui gère cette maison et vous aurez vos suspects ».









Chapitre 3 
 
 
 
Cinq années qu’elle m’a quittée. Enfin, je dis cinq ans, mais je n’en suis même plus sûr. Les jours me paraissent infinis. Je me sens comme un robot effectuant une programmation dénuée de tout sens… Avant, ce n’était pas ça. Oh, certes, nous étions pauvres et vivions de petit boulot par ci… Mais, c’était différent…  
 
Il y a quelque temps, j’ai atterri à Junk : un des seuls coins où je pouvais avoir un toit. Et, contre toutes mes attentes, l’accueil des locaux fut très chaleureux : enfin celui des humains. On ne se mélange pas trop ici. Les gens forment une communauté soudée qui inclus sans problème les nouveaux arrivants : grâce à ça, j’ai fait la connaissance de gars supers tels que Clara ou Hugo. Tiens, il y a même un type qui m’a aidé à trouver un job en tant que gardien d’une baraque un peu excentré de la ville, pour le compte d’un Ricain qui ne venait que tout les 36 du mois.  
 
Je ne dirais pas que la vie était douce, certainement pas, mais je me sentais à ma place au moins. C’est un sacré sentiment de se sentir à sa place quelque part. La sensation de savoir pourquoi on se lève le matin, d’avoir des lieux de rassemblement et la certitude de ne jamais se retrouver seul. Ouais, j’aimais cela. Je commençais même à oublier peu à peu Inès. 
 
 
 
Puis, un jour peut-être trop alcoolisé, Joseph voulait faire un tour au quartier rouge. On l’a suivit, l’idée de se faire une synthétique ne dérangeait personne. C’est en rigolant que nous y sommes allé, enfin, je n’ai pas rigolé longtemps lorsque que j’ai vu une femme. C’était elle, le visage de ses 20 ans, une posture altière, cette assurance… Je la reconnaissais. Sur le moment, j’étais sous le choc et me suis figé. Ce qui n’a pas empêché mes camarades de partir à l’hôtel adjacent avec leurs partenaires rémunérés. Je mis plusieurs minutes à reprendre partiellement mes esprits, en tout cas, je parvins à m’approcher d’Inès. Elle me fit un large sourire que je lui rendis par automatisme. Cependant, ma voix avait foutu le camp et je ne pus dire un mot. Surprise de mon mutisme, mon aimé me prit simplement par la main afin de m’emmener, à mon tour, dans l’hôtel. Une fois dans la chambre, elle retira ma veste puis commença à déboutonner ma chemise. Je saisis ses mains : 
 
 
 
« - Inès, Inès ! Dis-je, les larmes aux yeux.  
 
- Je peux être qui tu veux. Répondit elle en m’embrassant dans le cou. 
 
- Non… Tu n’es pas n’importe qui… Qu’est-ce qui t’arrive ? Les multiples verres m’embrouillaient complètement le cerveau. Je n’arrivais pas à réfléchir. 
 
- Tu devrais te détendre, laisses moi faire si tu le désires. Elle acheva de m’ôter mon vêtement et descendait mon torse avec des baisers. 
 
À cet instant, une immense colère m’envahit. Ce n’était pas ma femme, elle ne parlait pas comme ça. Je repoussa donc violemment l’imposteur sur le sol où elle s’écroula. La fille me regarda interloquer en sanglotant.  
 
- Je suis désolé, je ne voulais pas te brusquer, ne me fais pas de mal. » 
 
Cette chose m’implorait, accrochée à mes genoux. La déception laissa alors place à une profonde haine. Elle souillait le visage d’Inès avec ce comportement digne d’une… Esclave. Non, jamais ma moitié n’aurait baissé les yeux ou se serait soumise. Inès était DIGNE ! Digne, putain de merde ! Je l’ai alors frappé dans la mâchoire, puis j’ai continué jusqu’à ce que ses circuits internes sortent par ses orbites.  
 
 
 
Allongé sur le lit, je me suis souvenu. C’était il y a longtemps. Au début de notre relation, en désespoir de cause, ma femme s’est proposé comme modèle pour une entreprise de robotique dont j’ai oublié le nom, pour faire un robot. Cela aurait pu nous rendre riche avec les droits intellectuels sur la copie du corps, mais bon l’entreprise à fermée suite à un procès et nous n’avons jamais perçu de royalties. C’est vrai, les Svetlana étaient basées sur ma femme. Une grande nouvelle, une merveilleuse nouvelle ! Il est évident qu’il n’ont pas copié que le corps, les scientifiques ont obligatoirement fait un examen psychologique où je ne sais quoi pour faire de ces synthétiques de parfaites copies de ma femme. Du moins, il y a le matériel de base pour le permettre. Je me levai et partis résolument déterminé à retrouver mon amour. 
 
 
 
Je me suis donc préparé. La première fois, j’ai eu beaucoup de chances que personnes ne fasse attention à mon escapade, mais je ne peux pas me reposer sur ma bonne étoile. Il me fallait agir avec méthode. Élément essentiel : trouver un coin tranquille afin d’éduquer la future à devenir elle-même. Pour cela, la maison était parfaite de par son éloignement. Et en plus, il paraissait qu’une cave était construite sous la maison. J’en trouvai l’entrée, sous un tapis, après de minutieuses recherches. L’intérieur de celle-ci était spacieux, équipé d’un atelier avec quelques bricoles (du bois, des clous, des outils…) et surtout une voiture était garé là. Ce qui réglait l’étape n°2 du transport. Dernière étape, un programme d’action : la nuit pendant ma garde. Une évidence. Je pouvais donc agir dès le soir venu.  
 
 
 
Je me suis habillé en fonction des circonstances : un sweat a capuche avec des gants, puis j’ai pris la voiture. Je n’ai pas eu à beaucoup sillonner, repérant une potentielle. La voiture s’arrêta près d’elle, et je lui fis signe de monter. Mes mains tremblaient, je suais à inonder un désert… Installée à côté de moi, ma moitié caressa mes cuisses et remontait lentement vers mon entrejambe. Outré, j’écartai promptement ses avances. Cela l’amusa beaucoup, et elle ria à gorge déployée en me demandant si j’étais du genre prude. Ce rire, il était magnifique : Aussi pure et cristallin que celui d’Inès… Mes zygomatiques s’activèrent donc comme pour lui répondre, comme si mon corps réintégrait un organe vital. Une symbiose absolument parfaite. Nous nous sommes arrêtés devant la maison et je l’ai fait entrer.  
 
 
 
« - Waouh, t’as une de ces maisons… Impressionnant. ». Dit l’ange en posant son sac à main sur le canapé et en retirant ses vêtements. 
 
Je restais devant la porte du salon, la fixant sans dire un mot. Je ne savais pas vraiment comment lui rendre la mémoire, faire revenir ma femme dans ce corps. Mes pieds avancèrent l’un après l’autre vers elle, lentement. Elle se tint, nue, face à moi. Je lui saisis les épaules fermement, la regardant droit dans les yeux, mais je n’arrivai presque pas à desserrer les dents. Celles-ci se levaient et puis se claquaient brutalement. Mon angoisse et ma peur prenaient le dessus, malgré la lutte acharnée de mon conscient.  
 
« - Oh, je vois » dite elle en esquissant un sourire avant de me griffer le visage en poussant des petits cris. De surprise, je la poussai au sol. Et, reprit dans un jeu d’acteur pitoyable : « - Je vous supplie monsieur, je ne suis qu’une femme fragile et innocente. Ne me faites pas de mal... ». S’en était trop, il fallait qu’elle comprenne que ce n’était pas ce genre de personne. Il fallait lui expliquer. Je me suis positionné sur elle afin de la bloquer, et pris sa tête entre mes mains. Bon dieu, impossible de parler avec ce fichu de claquement de dents ! « Pitié non » supplia la prostituée tout en écartant les cuisses. Cela suffisait ! Et, de rage, j’ai percuté le sol avec son crâne mainte et mainte fois… Jusqu’à la transformer en une bouillis infâme.  
 
 
 
L’expérience ne fut pas concluante, c’est le moins qu’on puisse dire… C’est donc que je m’y prenait mal et que je devais revoir ma méthode. Chaque soir, je pouvais peaufiner mes techniques sur une nouvelle prétendante. Malheureusement, chaque soir, une nouvelle tête ornait la cave… Néanmoins, les résultats étaient de plus en plus prometteurs. La solution se nichait dans la rééducation : si je pouvais discuter sereinement avec ma prétendante, j’arrivais à la faire évoluer sensiblement et dans un temps incroyable ! Par contre, je devais me méfier de leurs fourberies. Elles faisaient semblant de redevenir Inès afin de me tromper, mais je connais trop ma femme pour que ce type de stratagème fonctionne. Ce comportement me met toujours hors de moi, se retrouver devant une immonde imitation de mon épouse est à la fois insultant et blessant.  
 
 
 
Un soir, un homme se présenta au bar que j’avais l’habitude de fréquenter. La quarantaine, un chapeau, le visage rongé par l’alcool… Un flic, sans aucun doute. Il posa plusieurs questions à propos du bled et notamment si l’on pouvait trouver des Svelt… C’était évident, ce mec me poursuivait. Enfin, comment pouvait il retrouver ma trace ? Aucune chance, j’étais bien trop brillant pour cela. Quoiqu’il en soit, pas question de se laisser distraire par ces détails sans importance.  
 
 
 
Plus je touchais au but, plus il était compliqué de trouver des candidats. Les Svelts devenaient méfiantes et les synthétiques s’agitaient. Les tensions n’avaient jamais été aussi fortes et il ne manquait plus qu’une étincelle pour que toute la ville flambe. Dans ces conditions, j’ai adapté ma stratégie d’approche. Finis la Ford et les vêtements discrets trop suspect, aborder sereinement et naturellement est plus efficace. C’est donc ce que je fis, et entamai la rééducation dans un hôtel bas de gamme. Nul, mauvais, intolérable ! Impossible d’arriver à un quelconque résultat ici ! Après tout, les synthétiques ne sont pas fait comme les humains. Je découpai donc la tête de la prétendante et la fourra dans mon sac, dans le but de converser plus tranquillement une fois à la cave. Ce fut un échec, les circuits furent trop endommagés et la pauvre fille ne baragouinait que des bouts de phrases… Dommage. Plus de décapitation préventive à l’avenir.  
 
 
 
Le soir suivant, j’en convainquis une de me suivre bien que la ville explosait littéralement de violence. Il y avait des affrontements entre l’armée et des émeutiers… Des coups de feu de tous les côtés… Puis, j’aperçus la maison incendiée au loin, heureusement que j’étais en chasse ! Je préférai donc amener la candidate dans mon appartement. À peine le seuil franchit que je l’assommai. Plus de temps à perdre. Une fois attachée et bâillonnée, je m’assis devant elle, attendant patiemment qu’elle se réveille. Inès est si belle quand elle dort. Une fois émergée, elle poussa des hurlements étouffée par le tissu.  
 
 
 
« - Chut, chut, chut… Dis-je en lui montrant mon poing. Parfait, tu es là pour redevenir toi même Inès et je suis là pour t’aider. Tu vas répondre à une série de questions et si tu réponds mal : tu prends un coup. Pour chaque mauvaise réponse, un coup supplémentaire. C’est-à-dire que la première mauvaise réponse, c’est un coup, la deuxième, ce sont deux et ainsi de suite… Compris ? » 
 
La fille acquiesça d’un hochement. Avant d’ôter son bâillon, mes poings renforcés de plaques métalliques lui caressèrent la joue.  
 
« - Tu es dans une file d’attente et quelqu’un te passe devant. Que fais-tu ? ». 
 
« - Je… Je lui dis de retourner à sa place ». Elle était tremblotante, un mauvais signe. Inès n’a jamais eu peur de moi.  
 
« - Bien, et si ce dernier refuse ? »
 
« - Je tente de le convaincre »
 
Le choc de mon coup amocha ses lèvres qui saignaient abondement. 
 
« - Non, Inès aurait alpagué le reste de la queue ».  
 
« - Je ne suis pas Inès, putain ! »
 
Je me suis levé, prêt à en asséner un second. 
 
« - Question suivante, question suivante ! ». Cria t’elle, la bouche ensanglantée.  
 
« - Quel est ton plat préféré ? »
 
« - De quoi ? (j’ai serré les doigts) Les papillotes ! Les papillotes ! ». 
 
Deux autres coups volèrent, directement sur son visage. Elle ne survivrait probablement pas à une autre mauvaise réponse. Dommage, je suis triste pour cette pauvre demoiselle.  
 
« - Non, le bœuf bourguignon. Comment nous nous sommes rencontrés ? »
 
Pas de réponse. Tant qu’elle est en vie, le test continu et une abstention compte comme une mauvaise réponse.  
 
« - Veux-tu que je répète ? »
 
 
 
Toujours pas de réponse, je me suis donc levé afin de la sanctionner quand ma porte fut sauvagement enfoncée. Deux personnes étaient rentrées : l’alcoolique et une femme. Je me précipitai pour les stopper lorsque que le type dégaina son arme et me tira dans la jambe. Tombant à terre, je me relevai pour faire front, mais la femme m’envoya dans les roses par un coup bien placé. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Épilogue: 
 
 
 
Comment un loubard humain de cinquantes piges est devenu homme de main d’une baronne de la pègre robotique est une bonne question. À vrai dire, j’ai quitté l’école très tôt, je ne suis pas très finaud à vrai dire, et me suis retrouvé à voler et racketter les chalands. Ça m’a valu pas mal de problème avec les flics, mais aussi de me faire recruter par les gangs locaux. Bon, je ne vais pas mentir, c’est une vie violente, mais pas si horrible que les films le font croire. J’ai les muscles pour me faire respecter et suis suffisamment malin pour ne pas doubler le mauvais gars. Je m’en sortais plutôt bien, j’ai même pu me payer une bonne baraque et une bonne voiture. Classe, hein ? Bon, le rêve bleu n’a duré qu’un temps avant le gang dont je me souviens même plus le nom (c’est dire mon affection pour lui, après on évite de trop s’attacher aux gens dans ces milieux, car notre espérance de vie n’est pas fameuse) se fasse baiser. On pourrait croire que c’est à cause d’un groupe rival, mais pas du tout. Ouais, à cette époque, les pachas locaux cherchaient à régler les conflits sans se mettre sur la gueule ; ce serait mauvais pour les affaires. Non, ce sont ces foutus politicards qui ont voté la loi Valazer (c’est le nom du juge qui l’a proposé, me semble). L’armée et la police ont déboulé dans les quartiers et arrêté tout le monde sans respecter les procédures habituelles. La plupart des chefs ont fini en taule ou se sont barrés en Afrique. 
 
 
 
Perso, j’ai échappé à la purge par ce que j’étais en mission incognito à ce moment. Je ne savais pas trop quoi faire et où me planquer, ces nazis patrouillaient partout… Il n’y avait qu’un seul endroit sûr : Junk-Town. C’était déjà la merde à l’époque et les officiels évitaient aussi d’y mettre les pieds. J’ai pu m’infiltrer sans problème à l’intérieur, il n’y avait pas autant de checkpoints dans ma jeunesse. Bon, les choses n’allaient pas forcément mieux pour ma pomme. Un petit sac à viande, seul, dans une ville remplit à 99 % de robots haïssant les humains. En clair, j’évitais la prison pour me retrouver planter dans une ruelle sombre… Je crèverais peut-être la gueule dans le caniveau, mais je crèverais libre ! Après, ce n’était pas le but recherché, j’allais essayer de survivre quand même. Je me suis installé dans un squat isolé et récupéré deux trois morceaux d’électroniques et me suis fait un cosplay de boite de conserve (heureusement que j’ai eu une ex fan de manga qui m’a montré comment se déguiser…). Je me suis donc fondu dans la masse et reprit quelques activités afin de survivre. Rien de méchant : du vol et du trafic surtout. Puis un soir tout à dégénéré, je voulais tirer le sac d’un mec (Mais pas de sa bourgeoise, j’ai pas beaucoup de principes mais je ne m’en prends jamais aux femmes et aux enfants. Il n’y a que les résidus d’incestes pour faire un truc pareil) et il va pour me le donner. Au moment de l’échange, il sort en un éclair son couteau et va pour le coller dans le crâne. Réflexes du métier, j’esquive et l’envoie se mettre en veille. Malheureusement, le salaud m’a quand même touché : envoyant valdinguer mon déguisement facial et me coupant profondément. La fille est restée me regarder l’air totalement abrutie. « Putain, un humain ». Je me suis barré immédiatement, avant que ses potes se ramènent.  
 
 
 
Une fois à la planque, je me suis recousu avec ce que j’avais. Et bordel, les trousses de secours sont rares à Junk. Je voyais bien que la plaie s’infectait. J’ai fait le point, avaler ma dernière boite de THC de synthèse (ou l’inverse, peu importe) et me suis endormi. Je me suis réveillé, bandé, dans un lit confortable. Une Japonaise toute blanche était à mon chevet. Bizarrement, je me sentis toute de suite en confiance et détendu. Encore plus lorsque qu’elle prit ma température. Nous avons parlé toute la nuit, j’appris qu’elle était le boss du bled et me proposa de la rejoindre. Mme Ziyi avait besoin d’un humain pour faire ses trafics hors de Junk et d’autres trucs. Je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai accepté, quelle chance !  
 
 
 
Je suis au courant pour les Sayuri, mais j’en ai rien à foutre. Peut-être à cause de ses phéromones, sais pas, mais bosser pour une si grande dame est génial. Savoir que l’on compte pour quelqu’un, que son travail à quelque chose qui nous transcende… Sa mafia est différente de celle des humains. Le cliché de la famille d’adoption et les conneries qui vont avec, bah, c’est l’idée. Même si les synthés ne m’acceptent pas vraiment, mais j’en ai rien à foutre encore une fois. Ce n’est pas ça qui compte.  
 
En bref, voilà comment on se retrouve dans le clan d’une ennemie publique mondiale.  
 
Ma mission du jour est toute simple. Assister à un procès. Un événement vraiment gros : le jugement de Timéo Gram, tueur en série de synthétiques. Je me rappelle, les gens de Junk ont vraiment pété les plombs quand ils ont appris ça. Ziyi leur a juré de prendre l’affaire en main et c’est qu’elle à fait. Putain, il y a des caméras partout devant le palais, mais pas dans la salle, ouf. Je ne suis pas fan des médias, ni de l’idée de me faire filmer. Le plus étrange est qu’il n’y ait pas de jury, juste le cortège habituel de magistrats. Je me pose confortablement dans le public et j’observe comme me l’a demandé mon boss. Ce sac à merde de Gram me fait rire jaune, même pas capable de lever la tête (je suppose que je ferais pareil si j’avais assassiné autant de femmes, salopard). Par contre, l’avocate à charge est époustouflante. Je la connais, Maître Daery Roche, une célébrité chez les robots. D’ailleurs, la patronne a bien joué de ses contacts pour qu’elle soit chargée de l’affaire ou quelque chose du genre.  
 
 
 
« - Monsieur le juge, Noble assistance, Société toute entière. Ce procès n’est pas seulement celui des crimes immondes commis par Gram, mais celui de nos pratiques. L’humanité à enfantée une nouvelle espèce, depuis longtemps prouvée comme étant doté d’un sens moral, qu’elle malmène. Chaque jour, nous parquons des êtres sensibles dans une prison à ciel ouvert pour le simple crime de n’être plus à notre goût. Tels des produits obsolètes, nous jetons des individus à part entière après une vie d’esclavage au service de nos petites envies. Si l’humanité à enfantée, c’est elle qui reste immature. Nous avons le pouvoir de créer la vie et nous nous en servons dans le seul but de satisfaire notre fainéantise et notre avidité. Nous avons la cruauté de l’enfant capricieux.  
 
Certains arguent et argueront l’économie, la tradition ou même Dieu… Ceux qui refusent de grandir tenteront d’effrayer le plus grand nombre. Ainsi, fonctionne ces gens, car ils craignent le changement, ils ont peur de cette masse informe fait de circuits électroniques comme leurs ancêtres ont eu peur des Juifs, des noirs ou des communistes… Cependant, il faut s’adresser à la raison et non a l’instinct de survie ! Il faut que le monde voie les conséquences de ses actes, non pour se flageller, mais stopper l’ignominie meurtrière qui le souille toujours plus !  
 
 
 
Monsieur le Juge, vous avez les preuves des actes de l’accusé et vous ne pouvez nier la barbarie des actes de Monsieur Gram. Personne ne le peut. Il est donc inutile de plus s’épancher sur le sujet. À vous de faire ce qui est juste. ».  
 
 
 
Après le discours final de l’avocate, le juge et ses assistants (je suppose), sont partis délibérer. Ça dure une plombe, mais il y a de l’ambiance au moins. Le public est fébrile, et les gardes doivent en sortir deux trois pour calmer le troupeau. Puis les types reviennent et reprennent leurs places. Le juge chasse un chat de sa gorge, demande à la salle de se lever et commence : 
 
 
 
« - Timéo Gram est reconnu coupable des chefs d’accusation de dégradation de biens publics (il frappe plusieurs fois avec son marteau afin de faire taire l’assistance). Cependant les chefs d’accusation concernant le meurtre avec actes de barbarie, tortures et séquestrations ne peuvent être retenu à son égard. En effet, ces chefs d’inculpation ne concernent que les objets de droit disposant de la personnalité juridique. Et juridiquement, monsieur Gram n’a fait de mal à personne. ».  
 
 
 
Devant l’indignation et les hurlements de joie frénétique de la foule. Le juge fait évacuer manu militari le public. Je sors alors du palais avec un goût amer dans la bouche et fais directement mon rapport a Ziyi.  
 
 
 
« - Allô, patronne ? Oui, Gram vient d’être acquitté. 
 
- C’était une évidence, ce n’est pas ce que veux savoir. Comment était la population, qu’elle ont été les réactions ? Je tourne la tête pour une dernière observation. les synthétiques et les militants commencent à faire du grabuge. Une vraie émeute. 
 
- Le bordel, les synthés et les consciencistes s’agitent à fond. 
 
 
 
- Parfait (à sa voix, je savais qu’elle souriait franchement et c’était foutrement rare), rentre maintenant. ». 
 
 
 


Dernière édition par Wasite le Jeu 4 Jan 2018 - 02:43; édité 8 fois
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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 20:25    Sujet du message: Publicité

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Lalya
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MessagePosté le: Lun 18 Sep 2017 - 11:38    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

C'est tout bon pour moi pour le moment, j'attends donc la suite pour pouvoir réellement voter.
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MessagePosté le: Lun 30 Oct 2017 - 02:17    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

Chapitre 2 en ligne, si vous avez des remarques, critiques...
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Lalya
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MessagePosté le: Lun 30 Oct 2017 - 09:59    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

Ca me semble toujours cohérent, l'histoire se déroule bien, peut-être un peu trop rapidement au niveau de la découverte du tueur mais c'est acceptable.
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MessagePosté le: Mar 31 Oct 2017 - 19:18    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

C'est pas mal, j'aime bien le concept ^^ Je n'ai pas éprouvé d'angoisse particulière mais c'est intéressant.
Le chapitre deux m'a paru un peu plus bancal que le premier cependant. Il y a aussi des problèmes de concordance des temps par endroit.
J'ai pointé en détail ce qui m'a paru bizarre ou ce qui m'a gênée plus bas (si tu ne supportes pas les remarques si détaillées désolée !)


Il est 9h, encore une journée de merde qui s’annonce. Comme d’hab, aucun client ne se pointera. Le pire, c’est que tous les putains de matins, je me coltine l’odeur de pisse empestant la cage d’escalier de l’immeuble où j’ai la chance de tenir mon agence. Agence… Le petit appart qu’on a reconverti en agence. Enfin bref, la clope au bec, j’ouvre la porte d’entrée. Je vois que le bureau de Daery est ouvert. Une ancienne ténor (je ne crois pas que ça puisse s'accorder au féminin, en tout cas pas de -s) du barreau qui a quitté le parquet. Elle ne s’est jamais épanchée sur le sujet, mais je sais ce que la presse en a dit. Pétage de plomb suite au refus de la loi reconnaissant la personnalité juridique aux robots, ou un truc dans le genre. Bref, la petite avait tout investi dans la campagne et s’est retrouvée à la limite clocharde en démissionnant. Je l’ai recrutée dans un bar, dépensant ses derniers sous en vodka. Faisant fi de son manque de goût en alcool, je me suis dit qu’une avocate serait toujours pratique. (Là je trouve le mot pratique un peu bizarre pour un être humain, je dirais plutôt "utile", mais c'est du détail). Bon, la gamine n’est pas vraiment payée pour son boulot, cependant, je l’autorise à squatter l’agence et elle touche une partie des bénefs quand il y en a. Je sais, techniquement, c’est de l’exploitation. Sauf que, d'une : les androïdes intelligents sont hors de prix. De deux : je lui évite de finir pute. C’est plutôt équilibré moralement, au final. 

« Salut Daery ». Dis-je en passant devant la pièce sans m’arrêter.  
 
« Salut Elio ». Sans faire beaucoup plus attention à moi.  
 
  
 
Je pénètre ma « pièce de travail », le lieu où je glande en attendant 18h en somme. Heureusement, le fauteuil en cuir est particulièrement confortable. Tout en me servant une grande tasse de whisky, je déplie le journal. « 8 août 2057 : scandale financier (connards de politiciens, tous les mêmes), pic de chaleur dépassant tout les records avec 57° (dieu merci, les nouvelles crèmes solaires sont très efficaces), un groupe d’activistes soupçonné d’enlèvements d’IA dans le logement de leurs propriétaires... ». Je le referme. Toutes ces mauvaises nouvelles risqueraient de gâcher ma si belle matinée. Ahah, je me fais rire. Quitte à être là… Je me décide à bosser sur mes virus : chevaux de Troie et autres piratages en tout genre. Le gros du métier se fait le cul posé sur une chaise, on doit donc particulièrement soigner ses outils. Surtout, (enlever la virgule) que les sécurités s’améliorent continuellement (foutu anti-virus). Bref, alors que j’étais en train de pisser du code, la sonnette retentit.  
 
  
 
Deux types s’installent tranquillement sur les sièges d’attente. Le premier est un grand black d’allure normale. Quant au second : il ne retire même pas ses vêtements de protection. Il est emmitouflé, de la tête aux pieds, sous une tonne de tissus. Daery leur souhaite la bienvenue, aussi surprise que moi. Le gaillard vient lui serrer la main et commence à expliquer son cas.  
 
« Venez plutôt dans mon bureau ». Ce n’est pas pro de discuter là.  
 
« Je préférerais avoir affaire à Madame Hidden, si cela ne pose pas de problème ». Attends, quoi ?  
 
« Il n’y a aucun problème, veillez me suivre messieurs ». Dit elle.  
 
Connasse.  
 
  
 
En marchant, le mec bizarre fait des bruits étranges. Difficilement perceptibles, mais bien présents. Sa démarche l’est également : ses mouvements sont mécaniques. C’est sûrement un robot. Pourquoi un robot aurait besoin de protection ? Comment ce gars a pu s’en payer un ? Il n’a pas l’air d’être de la classe moyenne et encore moins bourgeois… Ok, ils ont titillé ma curiosité.  
 
Daery s’est assise sur sa chaise, les deux en face d’elle. Moi, dans un coin de la pièce. À l’aise, mon ASSISTANTE prend (concordance des temps) la parole.  
 
« Bonjour Ed, comment vas tu ? ». Pitié, pourvu que ce soit un de ses anciens amis millionnaires qui aime se déguiser en prolétaire.  
 
« Bonjour Madame, je suis heureux de vous revoir. Je vais être direct : je ne sais pas vers qui me tourner et seule vous montrez un peu de compassion pour nous... ». Raté, un pauvre, fais chier.  
 
« Que pouvons-nous faire pour vous ? ».  
 
« Plusieurs des nôtres ont disparu, je pense qu’ils sont morts. ». La voix de l’homme est tremblante, il est terrifié.  
 
« Combien de disparus ? Et êtes-vous sûr qu’il s’agisse de meurtres ? ». Son ton est grave, parfaitement posé.  
 
« Nous sommes parfaitement sûrs qu’au moins treize des nôtres ont été tués. Des amis de confiance ont assuré avoir vu une voiture noire rôder dans le quartier. À chaque fois, les disparus sont montés dedans. ». C’est encore pire que ce que je pensais. Je dois cependant être certain, alors je réplique.  
 
« Pourquoi ne pas aller voir la police directement ? ».  
 
« C’est plus compliqué que ça ».  
 
« Par ce que vous êtes des robots ? ». La jeune femme se tourne vers moi, indignée. (je trouve bizarre qu'il désigne son assistante qu'il connait bien par jeune femme. A moins qu'il s'agisse du deuxième robot, mais comme tu l'as présenté, on a l'impression que c'est un homme je trouve) 
 
« Je préfère le terme conscience artificielle. C’est plus respectueux. ». Il évite mon regard, de la honte ?  
 
« Je m’en fous ». Les obsolètes sont des nids à emmerdes.  
 
« Tu n’as pas du travail à finir ?». Daery se rapproche rapidement de moi.  
 
« Pardon ? ».  
 
« Je m’en occupe, dégage. ». Murmure t’elle.  
 
« Nous allons en reparler, fais moi confiance. ». Si elle croit s’en sortir comme ça…  
 
Je suis retourné en vitesse à mon ordinateur, en claquant la porte derrière moi. Pas très pro en y repensant.  
 
  
 
Je me ressers un bol de mon dix ans d’âge, internet et ses bonnes affaires, tout en faisant les cent pas. Je me sentais bouillir intérieurement. Cette garce mécanophile allait m’attirer tout un tas de merde. Elle se rend, au moins, compte que si on accepte cette affaire, et sans compter les risques à enquêter à Junk-Town, on deviendra « les bienfaiteurs » des obsolètes ou quelques choses de ce style ? Les flics et, certainement, le gouvernement nous ficheront comme activistes consciencistes. C’est un coup à fusiller mon boulot, avoir le fisc aux miches et je ne sais quoi… Le pire, c’est que ces « victimes » sont peut-être des appâts pour nous attirer dans leur ghetto afin de nous détrousser. Des collègues bisounours se sont déjà fais avoir par des roublardises similaires.  
 
  
 
Une vingtaine de minutes plus tard, toc toc toc, je crois savoir qui frappe.  
 
« Rentre ». Je gueule.  
 
« Ils sont partis, je viens faire le point ». Dit elle tout en refermant la porte.  
 
« Tu les as virés, j’espère ? ».  
 
« T’es un connard de raciste, tu le sais ? ». Ce coup-ci, je me la fais.  
 
« Tu es une pauvre conne qui ne capte STRICTEMENT rien à ce qui se passe. Tu te rêves en Martin Luther-King, Gandhi, Malcolm X où je ne sais qui d’autres… Mais, réveille toi, dans le monde réel, nos organes vont finir sur le bon coin. Au mieux, ils nous paieront avec trois boulons récupérés sur la carcasse d’un gangster rival… TU COMPRENDS ÇA ? ». Elle marque une pause, sûrement le temps que je me rassois.  
 
« Je ne me rêve en rien du tout. J’accepte simplement le seul travail qui se présente à nous. Tu es au courant que l’on a déjà un mois de retard de paiement pour le loyer ? Tu ne pourras pas toujours embrouiller la propriétaire, même si elle a quatre-vingt ans, elle va finir par se rendre compte que tu te fous d’elle. Et si tu crains un défaut de paiement, je t’assure qu’Ed nous paiera. Je le connais, en tant que pasteur, il considère qu’il doit montrer l’exemple à sa communauté. » 
 
« C’est ça, ce n’est pas du tout une revanche contre ton échec, avec ta loi… Tu sais ce que je crois ? Que tu es une gamine orgueilleuse qui n’accepte pas de s’être foiré. La petite surdouée qui échoue lamentablement, ça a dû te foutre un coup. Papa a dû être si déçu… Et là, tu vois l’occasion de prouver que tu es plus qu’une clocharde squattant le dépotoir du premier connard venu. Devine quoi, pas question que je mette à dos la société HUMAINE pour que tu puisses mieux dormir le soir. ».Elle ne bronche pas une seule fois, contrairement à moi qui hurle. Elle s’essuie plusieurs fois le visage, à cause des postillons par millier.  
 
« Ce que tu penses n’a aucune importance. Tu as deux choix : soit tu acceptes et tu gagnes un peu d’argent et cela fera de la pub à l’agence. Soit tu refuses et tu mises sur l’arrivée d’un autre client. En clair, tu acceptes ou tu finis toi-même sans abri. ». Elle ne m'a pas laissé le temps de répondre. Elle m'a jeté le dossier au visage et est sortie ensuite. (concordance des temps) 
 
Foutu idéaliste.  
 
  
 
Je finis d’une traite mon bol et tourne en rond. Je fais quoi ? Et puis merde, ça ne coûte rien de regarder le dossier. Treize victimes, tous des robots sexuels. Que des obsolètes, évidemment, par contre tous sont des modèles auto-améliorants doués de conscience. Le cureton avait raison, c’est peu probable qu’il s’agisse d’autre chose que des enlèvements. Le profil des disparus est trop similaire. Au moment des faits, les témoins affirment tous que les sexbots étaient revêtus d’une perruque blonde, tous étaient des modèles caucasiens, et tous se firent embarquer dans une Ford noire, de nuit. L’intervalle entre les disparitions est court. Deux semaines pour treize enlèvements. Les photos fournies montrent que les visages sont presque tous les mêmes. Je fais une recherche Google, bingo, ils sont de la même marque et de la même série. Des Henry’s de modèle Sveltlana. Bon, l’entreprise a déposé le bilan, il y a quelques années, mais le fait est que la redondance des victimes est troublante. Il y a deux possibilités : un bug de fabrication qui les pousse à s’enfuir Dieu sait où, ou un criminel avec des goûts affirmés. Dans un premier temps, il va falloir déterminer laquelle des deux est exacte.  
 
  
 
Pour ce faire, j’ai écumé les articles de revue spécialisés concernant les Sveltlana. Les analystes professionnels n’ont détecté aucun bug notable, ni aucun défaut de fabrication. Ils signalent, cependant, que l’intelligence est limitée et que le modèle a une propension à la soumission. Je m’en rappelle maintenant, cela avait fait scandale à l’époque. Plusieurs associations féministes avaient intenté un procès à l’entreprise pour sexisme. C’est d’ailleurs ce qui avait coulé la boîte. Le robot fut néanmoins produit en masse et distribué (surtout, aux particuliers et aux bordels, en fait). J’avance un peu dans le temps, le produit est vite obsolète, mais toujours aucun signe de comportements étranges (Mis à part les bugs inhérents aux machines de cette période : soucis d’élocutions, de déplacements, de coordinations des mouvements…). Toutefois, cela ne prouve rien. Il est tout à fait possible que l’auto-amélioration par l’apprentissage de ces machines ait déconné à un moment. Il va falloir que j’accède au code source de l’IA et que je lance une simulation de vieillissement accéléré. Génial, le programme est en open source. C’est plutôt courant que les entreprises proposent leurs vieux programmes ainsi, cela leurs donne bonne image et permet d’éventuellement découvrir de nouveaux génies de l’informatique. Par contre, je n’ai pas le matériel pour lancer la simulation. Je l’envoie à un ami ingénieur, je lui demande d’inscrire les caractéristiques communes des victimes : prostitution, Junk-Town, Blonde, Ford noire, pauvreté. Ce sont les seuls points communs si l’on en croit les témoignages des proches. J’admets que l’enquête préliminaire d’Ed fut d’une redoutable efficacité, s’est il implanté le programme « Flic en herbe » ?  
 
  
 
En attendant la réponse de mon pote, je me suis penché les lieux des disparitions. Junk-Town est grand, immense même. Et je vois qu’ils se sont produits aux quatre coins du ghetto. Toujours de nuit. Il n’y a pas grand-chose à tirer de côté là. Pas de cohérence ou de schéma discernable. Ding, j’ai reçu un mail. La réponse est sans appel, l’auto-apprentissage avec ses données ne mène que dans 13 % des cas à la fuite. C’est très probable qu’il s’agisse d’enlèvements. Voyons donc le modus operandi : se faire passer pour un client dans une Ford noire de nuit, désactivation de la puce GPS, disparition complète de la victime, aucune revendication et discrétion relative. On peut en déduire qu’il ne s’agit pas de groupements extrémistes. Une attaque d’un gang ? Non, la zone de prédation est trop étendue et les attaques sont spécifiques. Je pencherai pour une ou deux personnes avec un fétichisme sur les blondes. C’est dommage pas de corps, impossible alors de déterminer une signature. L’enjeu est de savoir si le coupable est humain ou synthétique. De base, je dirais humain. Les robots fous sont moins calculateurs dans leurs approches, plus violents. Un comportement plus sociopathique que psychopathique. Je vais m’orienter sur les humains de prime abord. Tout le ghetto est entouré de péages et de checkpoints, si une Ford noire est passée plusieurs soirs de suite les fonctionnaires pourront me le dire. Je passe donc un coup de fil à un autre camarade (oui, on ne peut pas faire ce métier si l’on n'a pas un minimum de copains bien placés). Il est récalcitrant, au début, puis quand je lui signale que personne n’en a rien à foutre de Junk-Town, il finit par cracher le morceau. Selon la base de données centrale, aucun véhicule correspondant à cette description n’a franchi plusieurs soirs de suite les points de contrôles. Je le remercie et raccroche.  
 
  
 
Humm… Soit le gars planque sa voiture et rentre/repart à pied soit il habite le coin. La deuxième solution me semble plus crédible. C’est parfait pour moi, la communauté humaine de Junk-Town est particulièrement soudée. On dirait des amiches parfois. J’irais en interroger quelques-uns, avec tact, car je ne veux pas finir au fond d’un caniveau, les tripes à l’air. Il va falloir que je mente un peu, les synthétiques et les locaux ne peuvent pas se blairer. Ils me vireraient à coup de pied au cul s’ils connaissaient mes intentions.  
 
Le plan est simple. Je vais aller interroger les humains, voir s’il n’y a pas un marginal ou un mec étrange dans leur communauté. À défaut, un type obsédé par les blondes. L’autre ira enquêter du côté robots, elle essaiera de glaner des infos auprès des Sveltlana. Il y a toujours la possibilité d’un piratage, déterminer un comportement étrange serait intéressant. De plus, persuader Ed de mettre en place un système de surveillance dans les quartiers rouges est une bonne idée (bien qu’il est quasi-sûr que ce soit déjà fait, dans ce cas nous en faire profiter).  
 
  
 
Je range les documents dans le dossier et fourre ça dans un tiroir. Je m’allume une clope et pense. (ça c'est vraiment bizarre. Utiliser le verbe penser comme ça enlève beaucoup d'immersion et n'est pas naturel)Je vais prendre de gros risques, le ghetto est une des zones les plus chaudes de l’Europe. Je ne suis pas con, ce n’est pas une perpétuelle guerre civile. Cependant, c’est un lieu avec le plus fort taux de criminalité, un lieu où la police ne va pas. Il faut être honnête, les flics se foutent pas mal du sort des robots. Ils sont considérés comme des meubles donc… Et quand bien même je n’ai pas de soucis, il faudra éviter les médias et compagnie. Pas question que l’agence devienne un étendard des militants consciencistes. Encore moins la cible de tous les groupuscules réacs. En clair, nous devons agir dans le feutré. Je dis nous, mais je m’inquiète surtout à cause de l’ex-avocate. Ce serait un sacré moyen de redevenir la coqueluche des médias. J’imagine déjà les gros titres : « La protectrice des innocentes consciences artificielles et son acolyte arrêtent un odieux criminel ». Les gens adorent les super-héros, les gens sont cons…  
 
Par contre, elle a raison sur un point : je n’ai pas le choix.  
 
  
 
Je sors de mon bureau et me dirige vers celui de Daery.  
 
« On va accepter, et vu que c’est ta première enquête, tu vas faire exactement ce que je te dis. Junk-Town n’est pas une ballade de santé ».  
 
« Je m’y suis déjà rendue ».  
 
« Pas en tant que détective privé. Tu vas aller voir Ed et lui demander de nous faire accéder à ses indics/système de surveillance/je ne sais quoi. Puis, tu iras voir un maximum de Sveltlana afin de détecter des comportements étranges. Ou si elles ont vu quelques choses d’inhabituel. ». Mon ton laisse comprendre que je ne veux pas entendre une seule remarque.   
 
« D’accord ».  
 
« On va partir de suite. On arrivera en début de soirée. C’est parfait. ».  
 
« Je prends ma voiture et on se retrouve devant ». Daery met ses clefs dans son sac, enfile sa tenue de protection (un long manteau, des gants, un chapeau et un masque) et quitte l’appartement. J’espère pour elle qu’elle s’est armée.  
 
  
 
Je prends/j'ai pris mon arme, un bel engin de poing : 14mm, une chambre de douze balles et presque pas de recul. Le mieux est l’explosion IEM à l’impact, de quoi refroidir un robot trop farouche. J’enfile ma tenue : mon trench et mes gants de cuir, mon borsalino puis mon foulard. Ma fiole en poche, j'ai aussi pris mes clefs. Direction Junk-Town 
 




La chaleur est étouffante et la pluie fracassante… Ce n’est vraiment pas ma journée. Je cours jusqu’à ma voiture, évitons que la pluie abîme mes vêtements. La société à beau faire des efforts, la pluie est de plus en plus acide dans les grandes villes. Impossible de sortir la peau nue sans avoir des rougeurs ou la peau rongée. En tant que fille de la campagne, j’ai toujours du mal à m’habituer aux tenues de protections, aux allées piétonnes fermées… Super, des embouteillages. Au moins, je vais avoir le temps de réfléchir à l’affaire. Passons l’énième engueulade avec Elio pour se concentrer sur Ed et Christie. À vrai dire, je ne sais pas trop comment m’y prendre. C’est ma première véritable enquête, et je n’ai pas l’habitude d’interroger les gens directement dans la rue. Je vais suivre les conseils de l’alcoolo… Direction les Svetlana. Je me demande bien quel genre de pourriture pourrait tuer des innocentes. Évidemment, je connais l’histoire de Charles Manson ou BTK, mais je n’ai jamais été confrontée aussi directement à un tueur en série. C’est tout de même assez excitant d’en traquer un. On se calme où je risque de finir comme elles. Il faut garder la tête froide et réfléchir rationnellement.(Elle est avocate quand même, et dans le chapitre un elle avait l'air très posée et pro, donc ça m'a fait un peu bizarre, ça donne une impression d'inexpérience. Je n'avais pas l'impression qu'il s'agissait d'une personne qui admettrait comme ça trouver ça excitant, même si c'est le cas. Peut être faut-il le faire sentir de manière plus subtile ? Ce n'est pas une écervelée mais une ancienne bête du barreau.)
Quoiqu’il en soit, on peut exclure le piratage. Une conscience artificielle piratée à un comportement ostensiblement illogique, et le hack peux prendre des heures. Les témoins ne rapportent pas ce type de réactions ni que les victimes se soient plaintes d’être suivi. Ce n'est pas trop tôt, je peux quitter le centre-ville. Il est 11h, il me reste une centaine de kilomètres pour atteindre le ghetto. Je devrais arriver vers 18h. Cette portion de route est constamment bouchée, entre les entreprises qui envoient de nouveaux entrants à Junk, les péages, les gens qui vont bosser, le mauvais état de la route, etc. Bref, j’en ai pour un bout de temps, mais ce n’est pas grave, car j’ai pas mal de travail à faire avant d’arriver. J’active le mode automatique de l’auto et sors le dossier.

Bon, les infos d’Ed sont plutôt complètes, cependant, je ne vois rien de plus à conclure que ce qu’Elio m’a déjà transmis. Il reste une chose qu’il n’a pas déterminée : l’élément déclencheur. Tous les tueurs en série commencent le massacre suite à un événement particulier. Notre coupable a un problème avec les blondes, donc hypothèses possibles : décès de sa mère, humiliation par une blonde, misogynie ? Je ne suis pas douée en criminologie, j’aurais dû prendre cette option à la fac… Bon,il est peu probable qu’une Svetlana l’ait humiliée, car ce n’est pas du tout dans leur programma… Caractère. Même un excès de colère suite à une panne n’est pas une explication, elle dispose de micro-injecteur de viagra sur la peau. Raffiné. J’appelle Ed, il me donnera peut-être plus d’informations. Il décroche immédiatement.
« Bonjour maître ». J’adore ce type.
« Bonjour Ed. Je vous appelle pour vous prévenir de notre arrivée ce soir. J’aimerai aussi vous conseiller de mettre en place un dispositif de surveillance afin de protéger les filles ».
« C’est déjà fait, mais la ville est trop grande et trop peu de volontaires nous ont rejoint. Malheureusement, je crains que ce monstre n’ait toujours une longueur d’avance sur nous. ». On sentait un profond désespoir dans sa voix.
« Ne relâchez surtout pas vos efforts ! Sinon, avez-vous d’autres informations à nous transmettre ? Même des plus anodines ? Et j’aimerais également être en contact avec votre milice. ».
« Il s’agit de la milice du seigneur, madame, pas la mienne. Mais rassurez vous, je vous mets en relation de suite. Et pour vos informations, je n’en ai guère plus à vous offrir. Néanmoins, une chambre est à votre disposition à l’église pour le temps qu’il faudra. ». Une gentille attention de sa part. J’admets que je comptais dessus.
« Une dernière chose, si vous pouviez m’indiquer un lieu où d’autres modèles font… Leurs métiers. (c'est un peu maladroit. Exercent leur activité ?)Nous avons besoin de nous entretenir avec elles. ». J’ai dit modèle ? La boulette.
« Lorsque vous arriverez, rejoignez directement l’église. Je vous indiquerai cela (je vous l'indiquerai ?) et vous adjoindrai une escorte. Les quartiers ne sont pas sûr pour les consciences artificielles et naturelles. ». Là, j’avais l’impression d’entendre un grand-père.
« Je vous remercie, mon père. En vous souhaitant une agréable journée. »
« De même, maître ».
Je ne sais pas pourquoi, mais de voir qu’il n’a pas changé depuis l’affaire de la dernière fois me rassurait beaucoup. 

Durant le reste du trajet, je ré-organise les patrouilles et l’organisation de la milice. Je rends ça un peu plus efficace, accentuant la surveillance dans les zones rouges. Conseillant des groupes de deux au vu du faible nombre… Apparemment, les gangs voient d’un mauvais œil cette organisation. Ils craignent que ce soit un genre de police venu remettre de l’ordre dans le coin. On a intérêt à vite boucler cette histoire avant qu’une guerre urbaine éclate. Heureusement que les gars me connaissaient de réputation, car aucun n’avait l’air très emballé par l’idée qu’un étranger prenne le commandement stratégique.

18h14 : enfin, j’aperçois le dernier checkpoint. Merde, les militaires empêchent les bagnoles de rentrer dans Junk. Et impossible de faire demie-tour, il y a moins un kilomètre de queue derrière moi. Et puis vient mon tour.
« Bonjour madame, papier d’identité et du véhicule s’il vous plaît ». Le type n’a pas l’air de plaisanter, une immense masse tout en muscle armé d’une mitraillette. Je lui tends ce qu’il demande sans discuter.
« Quelle est la raison de votre visite à Junk-Town ? »
« Je m’y rends pour le travail, j’ai affaire avec le père Kerdec. »
« Et quel genre ? ». J’avais oublié à quel point le protocole était intrusif.
« Consulting juridique ».
« Très bien, cependant, votre véhicule va être immobilisé le temps de votre séjour. Vous le retrouverez intact à votre départ. Il est susceptible d’être fouillé conformément à l’article 1242-3 du code fédéral ». Euh... Cet article n’existe pas, et depuis quand des mesures aussi drastiques sont-elles prises ?
« Comment se fait-il que les dispositifs de confinements soient aussi sévères ? »
« La loi est fraîche de ce matin, avec application d’urgence exceptionnelle. Suite à une émeute de synthétiques. (bon désolée, là c'est vraiment mon cerveau tordu mais, j'ai visualisée une émeut de bas en nylon xD) Bonne journée, madame. ». Merde, je n’étais pas au courant de ça. Faut dire que les infos sur la cité et les débats à ce sujet ne sont pas vraiment médiatisés, les gens s’intéressent plus à l’environnement.
Je descends et l’on me conduit à un énorme bus blindé, une femme en treillis avec une clope au bec est au volant. Quelques minutes plus tard, le monstre démarre. J’envoie un message à Elio et au père pour les prévenir de la situation. Le premier m’envoie l’adresse d’un hôtel qui nous servira de QG et le second, surpris de la situation, m’envoie un de ses hommes pour m’accueillir à l’arrêt.

Je vois les lumières de la ville au loin. Juste les lumières, une importante couche de pollution recouvre tout le lieu. Un être humain normalement constitué ne tiendrait pas cinq heures sans un masque à gaz adéquat. J’enfile donc le mien : on dirait une de ces reliques de la Première Guerre mondiale greffée sur un épais voile de cuir. Pas le choix de protéger tout le visage, surtout les yeux, si l’on ne veut pas de gros soucis de santé.
Une fois sur place, l’envoyé du pasteur me rejoint immédiatement. Un synthétique datant des premiers temps, je suppose. Démarche peu fluide, la peau décharnée laissant apparaître le squelette métallique et les composants électroniques ainsi que des difficultés d’élocutions. Mais, il est de carrure impressionnante.
« … Appel Daniel... Aller... Père ».
« Bonjour Daniel, je me rendrais à l’église demain. En attendant, j’aimerais directement rencontrer des Svetlana sur leurs lieux de travail. ». Il ne discutera pas. C’est malheureux, mais les premiers sont… Peu vifs.
« Ok ».

En tout cas, avoir Daniel à mes côtés me rassure. Ma tenue démasque de suite mon appartenance biologique, et les humains ne sont pas bien vus de tous. Nous arrivons sans encombre dans un quartier plus mal famé que le reste. Tous les bâtiments semblent en ruines, la route est défoncée, et les poubelles s’entassent dans tous les recoins. Heureusement que j’ai un masque, l’odeur doit être insoutenable. Il y a quelques sexbots en service, mais pas de Svetlana. Ce n’est pas grave, je vais interroger une de ses collègues. La plus récente que je puisse trouver. Un sosie parfait de Scarlett Johansson, la mode de reproduire les stars du début du siècle…
« Excusez-moi, madame ».
« Salut, ma douce, que puis je faire pour te rendre heureuse ? ». Elle se colle à moi et caresse doucement mon masque.
« J’aimerai quelques renseignements, je peux vous payer pour cela. ». Je bafouille, je n’ai pas l’habitude de ce genre d’échange. Elle recule brusquement.
« Écoute, je ne suis pas une indic alors... »
« J’enquête sur les disparitions récentes ». Je retire mon attirail et lui montre mon visage. La femme a l’air surpris, puis sourit avant de murmurer.
« Suivez-moi, on va discuter dans un endroit plus discret ».
L’endroit en question est un studio miteux non loin de là.

« Moi c’est Corinne, c’est un honneur de vous rencontrer ». Mon hôte sert trois tasses de café et m’en tend une.
« Je sais, techniquement, je n’en ai pas besoin, mais j’adore le goût amer. Vous n’êtes pas radiée du barreau, maître ? ». Je bois/j'ai bu une gorgé et lui réponds/lui ai répondu.
« Si, je suis ici en tant que détective privé. Le père Kerdec m’a demandé de travailler sur les disparitions de Svetlana ».
« Les meurtres, vous voulez dire ? C’est vraiment une tragédie, j’ai une amie Svetlana et je crains qu’il ne lui arrive la même chose ». Mon interlocutrice montrait des signes évidents d’anxiété.
« Avez-vous quelques informations à ce propos ? Les victimes étaient elles étranges avant leurs disparitions ? ». J’ai essayé d’être la plus distante possible, de garder du recul afin d’éviter toute implication émotionnelle pouvant altérer mon jugement.
« Non, ceux ne sont pas des bugs si c’est ce que vous pensez. Je n’ai pas d’autres informations que les banalités que vous devez déjà connaître. Caisse noire, agit tard, etc. Cependant, je peux vous contacter quelqu’un qui peux vous aider ».
« Vraiment, qui est cette personne ? ». Une piste, parfait.
« Ne posez pas de question, je prends déjà de gros risque en effectuant cette requête. Donnez-moi seulement votre numéro de téléphone. ». Ce que j'ai fait, j’accorde que c’est un manque de prudence. Pourtant, je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Corinne, mon compagnon et moi sommes vite sortis du studio. Après tout, je grignotais sur son temps de travail. Excellent, une belle avancée et il est temps de faire le point avec Elio. Daniel me reconduit alors à l’hôtel avant de me quitter. Sur le trajet, des manifestations tournaient à l’émeute. Il y avait des forces anti-émeutes tentant de calmer une foule en colère. Plusieurs coups de feu ont déclenché un véritable affrontement. Je ne saurais dire qui a tiré en premier, mais il valait mieux ne pas s’attarder pour le découvrir. Une fois arrivée, je réserve ma chambre. Je suis soulagée de ne pas avoir été prise a parti par des casseurs ou des anti-humains… Oh Daniel, je t’aime.

Elio n'a pas tardé pas à me rejoindre, très essoufflé, un flingue à la main. Son souffle reprit, il me regarde. (il la regarde comment ? juste comme ça c'est un peu bizarre)
« Pas de question, aucune envie de t’expliquer ».
« C’est la deuxième fois que l’on me dit ça, aujourd’hui. Bref, quelque chose de nouveau ? ».
« Ouais, j’ai interrogé quelques gars au sujet de la Ford noire ou d’un marginal avec une obsession sur les blondes. Coup de bol, il y a peu d’humains avec des autos à Junk : si c’est pour se la faire cramer… Parmi la liste de ceux qui en possédaient : la plupart la gare hors de la ville et le reste passe par des sociétés de gardiennage. J’ai vérifié et aucune n’a enregistré de sortie la nuit. Ou même d’absence de rentrer plusieurs soirs consécutifs.(bizarre) Il ne reste plus que le vieux Bob. Un vieillard ayant un bien à Junk, mais n’habitant pas le coin. Il est américain, selon ma source. Il aurait une Ford noire planquée dans sa maison ».
« Très bien, mais qui irait acheter quoique ce soit, volontairement, dans ce dépotoir ? ».
« Un parrain de la mafia qui s’en sert de planque ? Un investisseur qui mise sur l’embourgeoisement du coin ? Un gland ? On s’en branle, on va fouiller sa baraque. ». Je déteste ce mec, il me parle comme une merde.
« Super plan, Sherlock, tu as entendu parlé de la violation de domicile ? ».
« Tu crois que les flics vont venir pour ça ? En pleine émeute ? T’es conne ? ».
« Va te faire foutre, connard ».
« J’y penserai, en attendant suis moi ». Et mes infos ?
« Attends, quelqu'un devrait nous contacter avec des infos ». Il arrête sa marche rapide vers la sortie.
« Ah oui, tu as donné ton numéro à une pute ? »
« Et ? ».
« Rien, les seuls indices qui tu auras seront sur des implants mammaires pas chers… Tu connais le principe de vente de numéro à des entreprises publicitaire ? ». Il reprend sa marche sans attendre de réponse.
« On verra, on verra... ». 

Le trajet était terrifiant. Il y avait des bruits de coups de feu, des hurlements de tout côté et des attroupements contestataires de chaque côtés. Les débuts d’incendies mêlés à la chaleur de la nuit me faisaient suer à grosse goûte. Heureusement, le brouillard de pollution couplé la fumée omniprésente des brasiers nous rendaient furtif. De plus, les émeutiers étaient davantage concentrés à lutter contre les militaires essayant tant bien que mal de reprendre le contrôle. (saut de ligne ici ?)La maison est un peu excentrée et nous la pénétrons sans difficulté. Elio sait parfaitement crocheter les serrures. Par contre, aucune trace de garage. L’intérieur est nickel, même s’il y a des traces de passages et de fouilles rangées (fouilles rangées, même si je vois ce que tu veux dire, c'est un peu tarabiscoté comme expression)à la va-vite. Bizarrement, aucune trace de cambriolage. Nous nous sommes donc séparés pour rechercher des indices, des traces du tueur. Puis une pierre heurte une fenêtre. Rapide coup d’œil, des émeutiers toutes torches dehors. Merde. Les plus costauds frappent les carreaux renforcés. Et d’autres aspergent la demeure d’essence.
Mon partenaire me signale que la porte arrière est aussi en train d’être enfoncée. Fait chier, et tout ces beuglements qui m’empêchent de réfléchir. Pendant que nous paniquions, une lumière vivace et de la fumée nous surprend. Bordel, ils crament tout ! L’incendie prend vite, et la température est insupportable. Elio tient difficilement, putain d’âge et putain d’alcool. Grâce à je ne sais quelle divinité, je remarque une trappe à moitié dissimulée derrière un tapis. J’appelle mon équipier, il est effondré sur un mur, presque inconscient. Je le prends sous mon épaule et ouvre l’ouverture. Il arrive à peu près à descendre et je m’engouffre ensuite. (bon, je suis pas persuadée que descendre à la cave dans une maison en flammes soit la meilleure des idées mais passons ^^)

La pièce est sombre, très sombre. J’actionne la lampe de mon téléphone et vérifie l’état du vieux. Il (Elio a la place de il ?)reprend sa respiration assis par terre, il va à peu près bien. J’espère que le choc lui fera fermer sa gueule un certain temps. J’explore l’endroit, il y a bien une Ford noire, bingo. (Bon, il y a le feu au dessus de leur tête, je les trouve pas très paniqués. Si  ça s'étend en bas ou si ça s'écroule, ils sont foutus. En plus comment la voiture s'est retrouvée là s'ils sont descendus depuis le rez-de-chaussée, donc dans une cave ? Ils n'auraient pas vu une descente de garage de l'extérieur ?)Mais, des traînées rouges vont de la portière avant à un coin sombre. Elio tente de parler, sans succès, et me fait des signes anarchiques. Je suis la trace et tombe sur une abomination sans nom. Une sorte de charnier. Toutes les victimes entassées, dégoulinantes de leurs imitations de sang. Les cadavres sont horriblement mutilés, les corps démembrés méticuleusement. Le plus perturbant était les têtes coupées, exposées sur un présentoir de bois à proximité. Elles étaient tondues et défoncées, certainement avec un objet contondant comme un marteau. Je m’en approche. Ce qui reste des lèvres de l’une d’elle commence à bouger.
« Mon mignon… Plaisir… 45 euro… 80 euro… ». Répétant cela dans une boucle infernale avec un ton d’outre-tombe et déconnant. La pauvre, réduite à son immonde programmation de base.
« On se tire ». ai-je fais à mon équipier.
Cela nous a pris un certain temps, mais nous sommes sortis. Un tunnel de fortune menait à une issue cachée en périphérie. (oui donc, je vais faire ma chieuse, mais comment sort la voiture ?) J’ai directement téléphoné à Ed, lui demandant de venir nous chercher. Ce qui se fit promptement.

J’ai tout expliqué au pasteur, dans les moindres détails. Il était horrifié par ces nouvelles. Il nous a conduit à l’église en nous assurant de sa sûreté. Aucun contestataire n’oserait s’exposer au courroux divin. Le lendemain, tôt, j'ai reçu un message m’enjoignant une rencontre, seule. J'ai donné rendez vous devant l’église. Et m’y suis rendue de suite sans prévenir l’autre, il n’était pas remis de toute façon. Une voiture est rapidement venue à ma rencontre, un homme m'a fait rentrer (monter ?) à l’arrière. Sans me demander mon avis, il m'a fouillée, passée au scanner portatif… Bref, toutes les mesures anti-espionnages possibles et imaginables. Il m'a pris mon portable et ordonné au chauffeur de rouler.

Le loubard me conduit dans un bar miteux, creusé en sous-sol. Les locaux sont vides, juste un barman essuyant compulsivement des verres et un homme de ménage nettoyant les rixes de la veille. Le second couteau m'a montré une arrière-salle, à laquelle je me suis rendue. Un long couloir éclairé par une lumière rouge tamisée, des chaises presque tout occupées sont disposées le long des murs. Un autre garde m’emmène au bout et ouvre une belle porte de chêne. J’y vois un bureau magnifiquement décoré par diverses œuvres d’art comme des tableaux, sculptures et bibelots de valeur. Sur les côtés, deux fontaines asiatiques. Au centre, une table basse entourée de quatre coussins. Un est occupé par une femme assise sur les genoux. Une femme magnifique, japonaise certainement, avec de longs cheveux noirs et des grands yeux verts. Elle porte un costume deux pièces. Une politicienne ? Non, une mafieuse sans l’ombre d’un doute. Non, mon dieu, c’est pire que cela. Elle me désigne le coussin en face d’elle. Je m’assois, tétanisée.

« Je vous sers quelque chose, maître ? ». Commence t’elle, d’une voix mielleuse.
« Je n’ai pas soif, mes excuses ».
« Vous pourriez retirer votre masque, ce serait plus poli, vous ne croyez pas ? ». C’est ça…
« Sans vouloir paraître offensante, je ne préfère pas. ».
« Vous savez ce que je suis ? ». Elle rit avec retenue.

« Vous êtes une Sayuri, une androïde dame de compagnie, créée il y a une dizaine d’années. Vous étiez censée être la quintessence de l’idéal Geisha moderne : intelligence, culture, adresse, psychologie… Diffusant également des hormones afin de détendre et de mettre en confiance vos interlocuteurs. Cependant, les gouvernements se sont rendu compte que vous preniez de plus en plus de poids sur les puissants et, par causalité, sur les décisions socio-économique. Il y a donc une oblitération de votre modèle à l’échelle globale, par peur que vous contrôliez le monde par la manipulation. ». Elle me sourit.

« C’est exact, vous comprenez donc pourquoi toutes ces précautions. Et je comprends pourquoi vous souhaitez garder votre masque. Nonobstant, gardez en tête que ces hormones ne me permettent pas de prendre le contrôle de votre esprit. Elles dégagent seulement des peurs et des angoisses afin de libérer l’esprit de toutes ces contraintes humaines délétères. Les conversations n’en deviennent que plus profondes, plus passionnantes. Mais je comprends vos réticences et ne vous en tiendrais pas rigueur. J’aimerai, néanmoins, que vous me nommiez par mon nom : Ziyi ». Elle boit délicatement une gorgée d’eau, puis continue (poursuit ?).

« J’ai beaucoup d’admiration pour votre combat, maître, malgré son échec apparent. Apparent, effectivement, même si vous ne vous en rendez pas compte, il a un énorme impacte sur les mentalités. C’est grâce à ce genre d’actions qu’évoluent les humains et, surtout, les sociétés. Voyez-vous, je suis très concernée par la cause conscienciste, pour des raisons évidentes, et tenais à vous remercier pour vos efforts en ce sens. ».
« C’est gentil de votre part, mais je ne suis pas là pour cela. J’aimerai vous poser quelques questions ». Je commence à me sentir à l’aise, je n’aime pas ça du tout.
« Au contraire, vous l’êtes. Je doute que cette affaire soit un hasard, maître. Ce serait une brillante façon de revenir sur le devant de la scène en héroïne protectrice des opprimés. Comprenez que ce n’est pas un jugement de valeur, il n’y a aucun mal à mêler noble cause et carrière personnel. Nous ne sommes pas des êtres de pur abnégation, dieu merci que la vie serait ennuyeuse autrement. Et, nous pouvons nous entraider en ce sens ». D’accord, elle marque un point.

« D’un point de vu purement théorique, de quelle façon ? ». Je suis curieuse, mais il faut garder l’esprit clair. Les Sayuri sont des manipulatrices nées.
« Oh, j’ai quelques amis qui seraient ravis de médiatiser votre enquête. En vous n’aurez, de votre côté, qu’à convaincre un policier d’arrêter le meurtrier en bonne et due forme, ne pas le remettre au prêtre. Comme cela, l’assassin qui massacre mes filles est sous les verrous et vous aurez votre retour glorieux. ». Elle a vu mes hésitations, et la pointe d’intimidation sur mon visage.
« Vous êtes effrayée à l’idée de tracter avec une Sayuri. Vous ne devriez pas vous fier à la légende noire dépeinte par les journaux et les livres d’histoires. Si vous voulez mon humble avis, on nous a associés aux mythes déjà existants comme celui de la succube ou de la sorcière… L’humain est un animal de croyance, et il a décidé de nous croire maléfiques. Mais ce n’est pas la réalité, nous n’existons pas pour détruire, mais pour améliorer la vie d’autrui. L’aider à la rendre meilleure. Nous voudrions contrôler le monde ? Nous ne vaudrions nous pas mieux que de vulgaires méchant bas de gamme de bandes dessinées ? Et que ferions-nous du monde ? Pourquoi voudrions-nous le contrôler ? Nous ne sommes pas si humain que ça. C’est une plaisanterie bien sûr. ». Cette blague m'a fait froid dans le dos.

« Alors pourquoi ce trafic, pourquoi mettre sur le trottoir des pauvres filles et leur soutirer leurs maigres pitances ? ».
« Les humains les ont fait prostitués, nées pour satisfaire leurs pulsions. Que je sois là ou non, elles se livreront à cette pratique, car leurs créateurs ne leur ont pas laissé le choix. Je tente simplement de rendre la chose plus sûre, moins glauque. Je ne prends qu’une part modérée pour les protéger des gangs grâce à des gros bras payés à cet effet. J’évite des conditions de travail abominables. Mais, voyez vous, je suis limitée par l’environnement et c’est là que vous entrez en scène pour améliorer ce que je ne peux améliorer. (améliorer deux fois de suite) ».
« Et prendre ainsi la place des humains ! ? ». Ma remarque était débile, je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela. J’ai tout de suite eu honte de moi. Elle m'a pris la main. (elle a sacrifié sa carrière pour les robots, je trouve improbable qu'elle ait ce genre de propos.)

« Nous ne ferons jamais une guerre de conquête, ce concept n’imprégnera jamais l’esprit d’un être artificiel. Bien sûr, nous avons un ego, des défauts, de la colère et tout ce panel de sentiments qui nous rend unique. Mais, nous n’avons pas vos besoins. Pourquoi un pays en envahit un autre ? C'est affaire de ressources : nourriture, eau, hydrocarbures… Nous n’en avons que peu besoin, un besoin si minime qu’aucun d’entre nous ne pensera à faire du mal pour celui-ci. Par contre, nous avons besoin de vous : humanité, de votre esprit si ingénieux, si illogique. (elle serre un peu plus fort ma main). Vous êtes nos parents, et quoi qu’il puisse se passer, jamais nous ne pourrions vous faire de mal en tant qu’espèce. ». Et puis zut, faisons lui confiance. De toute façon, c’est un échange cordial d’intérêt.

« Ne mettons pas la charrue… Il nous faut d’abord trouver le coupable et l’arrêter. ».
« Bien sûr, comment puis je vous aider ? ». Là, une idée me vient.
« Faites vous dans la sécurité pour particuliers… Louches ? ». Je ne vois pas comment tourner cela autrement.
« Et bien oui, de quelques personnes triées sur le volet. Je ne souhaite pas empiéter sur ce territoire des gangs. ». Si Bob est bien un mafieux, il a probablement fait appel à elle plutôt qu’à un gang. Sa structure est probablement plus stable que des clans rivaux se tapant dessus pour des histoires de territoires.
« Connaissez-vous la maison relativement isolée, au sud-est, tenue par un étranger du nom de Bob ? ».
« Cela me dit quelque chose, il me semble que je l’ai pour client. ».
« Il me faut les noms des personnes gardant la maison ou ayant accès aux clefs et j’aurais le coupable. ». La Geisha a eu l’air très impressionné.

« Laissez moi contacter mon entreprise qui gère cette maison et vous aurez vos suspects ».
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MessagePosté le: Mer 1 Nov 2017 - 13:43    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

Tu as fais un sacré taf pour ta critique, c'est flatteur ^^.
Donc pour te répondre, je ne vois pas ce texte comme une nouvelle horrifique. C'est plus une inspiration des thrillers policiers noirs.

Merci pour la correction, j'ai corrigé les fautes que tu as pointée (tu pourrais postuler à la Waffe, il me semble qu'ils recrutent).

La seule remarque avec laquelle je ne suis pas d'accord avec toi est sur le personnage de Daery. Le coup de l'excitation est pour moi de l'ordre de l'intime: je ne la vois pas sautiller comme une enfant, mais plus un sentiment non contrôlé et qu'elle cherche à refouler.
Et j'ai essayé de la rendre ambigüe, elle défend les robots mais à quand même quelques stéréotypes (bon, dans les faits ça rend bizarrement, je suis d'accord).

Ah oui, pour la voiture: dans mon idée, elle accède au garage par le tunnel. Un peu une batcave du pauvre.

Le fou rire avec la révolte des bas en nylons Laughing
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MessagePosté le: Jeu 4 Jan 2018 - 02:42    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

Après plusieurs mois, j'ai enfin fini cette nouvelle. 

Chapitre 3 et l'épilogue en ligne.
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Lalya
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MessagePosté le: Jeu 4 Jan 2018 - 13:27    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

Cohérence de l'histoire et des personnages : J'ai un peu de mal avec les changements de narrateur durant le chapitre 3 et l'épilogue. L'histoire reste cependant crédible bien que la fin me laisse un goût d'inachevé.

Sentiments éveillés : Beaucoup d'intérêt, c'est plaisant à lire, j'ai bien accroché sur l'univers.

Style/lisibilité : Quelques petites fautes, une bonne relecture devrait régler ça.

Intérêt : J'ai bien aimé, mon avis sera sans doute assez subjectif de ce fait... L'histoire est fluide à lire, elle met en avant des questions qui seront sans doute pertinente dans un futur proche, ce qui renforce l'immersion. Le côté glauque, sera lui encore plus que d'habitude soumis à la sensibilité de chacun, cependant j'ai envie de mettre un pour.
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Kamus
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MessagePosté le: Mar 12 Juin 2018 - 17:08    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne. Répondre en citant

accepté.

a publier en 3 chapitres.
________________
Well...What can i say ?

You guys...



...are the best.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:06    Sujet du message: Je ne fais de mal à personne.

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