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[C2] Le Troisième Parent

 
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Foxideo
Cryptien débutant
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PostPosted: Sun 4 Feb 2018 - 08:26    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Mon nom est Matt. Et pour tout vous dire, mon enfance ne fut pas des plus « normales ». Sous aucun aspect. Quelque chose est arrivé à ma famille, quelque chose de presque impossible à comprendre. Mais je vais faire de mon mieux pour raconter mon histoire. Durant cinq longues années, j'ai vécu dans la terreur. Cinq années durant lesquelles nous avons tous connu la peur. Cinq années que nous ne pourrons jamais rattraper... 
Mon père, Spence, n’était pas un homme très fort, que ce soit physiquement ou mentalement. Il était le type de père qui laissait souvent sa femme parler en son nom. Bon, il n’était pas non plus complètement un froussard, mais il se contentait souvent de se laisser porter par le courant plutôt que de tenter de l’altérer. Il travaillait dur et dédiait tout son temps libre à nous, sa famille. Il s'assurait toujours de satisfaire nos besoins ; sa douceur consolidant les fondations de notre famille. 
C'était ma mère, Megan, qui en était la chef. Elle était franche, indépendante, et extrêmement loyale. Elle aimait les manières discrètes de mon père et, même à mon jeune âge, je pouvais voir la forte osmose qui les unissait. 
Ma petite sœur, Stéphanie, était ma cadette d'un an. Elle me respectait grandement, et mon père me disait toujours qu'en tant que grand frère, j'avais la responsabilité de veiller sur elle. Nous nous entendions du mieux que l'on pouvait, et j'avais beau lui montrer de l'adversité fraternelle, je l'aimais. 
Nous vivions dans une communauté de classe moyenne en banlieue, semblable à une vraie photo d'archive du Rêve Américain. Mon père travaillait neuf heures par jour, pendant que ma mère donnait des cours de yoga à la maison. C'était une vie agréable, organisée et structurée. Tout était soumis au débat, considéré et accompli en famille. C'était une bonne maison dans laquelle grandir.
Mais ça, c'était avant qu'il arrive. 

C'était avant le Troisième Parent.


Juillet 1989

J'étais assis à table, attendant que mon père finisse de cuisiner. Ce soir, c'était à son tour de faire à manger. Et mon estomac gargouillait en attendant le plat que concoctait mon père: un poulet au romarin. Dans le salon, ma sœur Stéphanie était allongée sur le ventre et coloriait. Ses cheveux blonds dorés tombaient sur ses épaules, ondulant comme des vagues tandis qu'elle me regardait en souriant. Elle me montra le produit de ses efforts, et je la gratifiai d'un simple hochement de tête en retour, pas du tout impressionné. Elle me fit une grimace et continua de dessiner. Ma mère entra dans la cuisine, mettant ses cheveux en arrière, fraîchement sortie de la douche.

- Tout le monde est parti ? demanda mon père depuis son plan de travail.

Ma mère hocha la tête.

- Oui Spence, la maison est de nouveau toute à nous. Enseigner le yoga dans la cave était vraiment une bonne idée, il y fait tellement plus frais. Je suis contente que nous ayons fini d'aménager celle-ci pendant l'hiver. Mes clients apprécient aussi. Le soleil cogne dur, dehors.

- Maman, s'il te plaît, tu peux t'asseoir pour qu'on puisse manger ? » demandai-je de ma place à table.

Ma mère se retourna et se mit a rire.


- Matt, le garçon de six ans le plus affamé de ce côté du Mississippi. Pourquoi tu ne demandes pas à ton père de s'activer ? Après tout, c'est lui qui cuisine !

J'appuyai mon front sur le bord de la table.

- Papaaaaaaaaa, j'vais mourir de faim.

Stéphanie leva les yeux de son cahier de coloriage :

- Matt, dis pas de choses folles comme ça !

- C'est toi qui es folle, murmurai-je, sans même la regarder.

Elle me fit une grimace, en me tirant la langue.

- D'accord, d'accord, dit mon père en se retournant vers nous.

- Viens t'asseoir Steph, c'est prêt ! ordonnai-je alors à ma sœur.

L'odeur et l'aspect de la viande assaisonnée me faisaient déjà saliver. Alors qu'elle se levait et que ma mère prenait place à côté de moi, nous nous immobilisâmes tous. Quelqu'un frappait à la porte d'entrée. Ma mère et mon père s'échangèrent un regard perplexe. Mon père posa le repas sur la table, et nous dit d'attendre un instant. Grommelant, je le regardai marcher jusqu'à la porte. Il regarda à travers le trou de la serrure. Soudain, il sembla tendu, son corps devenant aussi rigide que le ciment d'une statue.

- Spence, qui est-ce ? demanda enfin ma mère.

Mon père se retourna lentement vers nous. Ses yeux étaient grand ouverts, et je pouvais voir la peur dilater ses pupilles. Ses lèvres tremblaient alors qu'il nous jetait des regards paniqués à Stéphanie et moi.

- Spence ! insista ma mère, le visage crispé d'anxiété.

- Non... Ça ne peut pas arriver... Pas encore..., murmura-t-il, le regard perdu dans le vide.

 La porte fut secouée par une autre série de coups faisant écho dans toute la maison. Ma mère se leva, sa voix se cassant dans une terreur contagieuse.

- Spence, qui-est-ce ?! Qu'est ce qu'il se passe ?

- Je suis tellement désolé..., marmonna mon père, la main posée sur son estomac, le visage blanc comme un linge. Je dois le laisser entrer.

Avant qu'aucun d'entre nous n'ait pu dire quoi que ce soit, mon père se tourna et ouvrit la porte. Le soleil couchant m'aveuglant, je plissai les yeux pour voir qui était ce visiteur impromptu.

- Salut ! Je suis Tommy Taffy ! C'est bon de te revoir, Spence !

Alors que je regardais la scène, mon père recula lentement du seuil de la porte. Un homme entra dans la maison, fermant le battant derrière lui. Mon jeune cerveau essayait de trouver un sens à ce que je voyais, mais même à cet âge-là, je savais que quelque chose ne tournait pas rond avec ce visiteur inattendu. Il faisait à peu près 1m90, et arborait une touffe de cheveux dorés coupés courts autour de son crâne. Il portait un short kaki et un T-shirt blanc sur lequel était marqué le mot « SALUT ! », imprimé en police enfantine rouge. Mais ce ne fut pas ça qui me sauta aux yeux. C'était sa peau... Elle était complètement dépourvue de pores, et semblait avoir une texture crémeuse, parfaitement lisse, ressemblant presque à du plastique souple. 
Son visage était une marre de rose doux, et sa bouche formait une incision entre ses joues, révélant des dents blanches... Si du moins on pouvait les appeler comme ça. C'était juste une rangée lisse, sans bords, comme s'il portait un protège-dents. Son nez n'était qu'un relief de sa peau, dépourvu de narines, comme celui d'une poupée. Et ses yeux... Ses yeux étaient des flaques d'un bleu étincelant, brillants au milieu de son sinistre visage, sans aucun défaut. Ils étaient larges, comme si l'homme était dans un état constant de stupéfaction, et semblaient scruter la pièce, bougeant dans un mouvement rapide, discordant. 
Son sourire s'élargit et il nous salua d'un parfait geste de la main :

- Salut ! Je suis Tommy Taffy ! Enchanté !

Je remarquai alors qu'il n'avait pas d'ongles, ou même de défauts de peau. Pas de grains de beauté ou de marques, rien. Il était comme une poupée vivante, parlante, mais à taille humaine.

- Spence, croassa ma mère, la terreur brillant dans ses yeux.

- Tout va bien se passer, Megan, dit mon père, la voix tremblotante. Soyons polis envers notre nouvel invité, d'accord ?

L'homme, Tommy, pencha la tête vers mon père :

- Hehehehehe.

Mon père recula d'un pas, les mains levées.

- J-Je veux dire notre nouvel ami !

Le sourire gelé ne quittait jamais le visage de Tommy, comme sorti d'un moule.

« Hehehehehe. » Il n'y avait aucun humour dans ce rire étrange. On aurait dit qu'il se raclait la gorge ou qu'il imitait quelqu'un qui gloussait. C'était trop prononcé, chaque syllabe sonnait trop intentionnelle. Mon père se forçait à afficher un sourire.

- J-Je veux dire...

Il regarda ma mère d'un air désespéré. Cette dernière n'était capable de lui offrir aucune aide, son corps gelé dans un effroi absolu.

- Je voulais dire : votre nouveau parent, les enfants !

Stéphanie, qui se tenait à côté de ma mère, fronça les sourcils.

- C'est pas notre papa. Notre papa, c'est toi. Et pourquoi il est aussi bizarre ?!

- Stéphanie ! siffla ma mère, l'attrapant par l'épaule.

Tommy rit et s'avança vers Stéphanie, se baissant pour être à sa hauteur :

- Ce n'est pas gentil de se moquer des gens différents, si ?

Ma sœur baissa le regard, toute rouge. Tommy caressa ses cheveux.

- Ça fait rien ! Souris, petite ! On va très bien s'entendre ! Je vais aider tes parents à vous élever ! C'est un gros boulot d'être une maman et un papa ! Parfois, papa et maman ont besoin d'aide !

Tommy se tourna vers mes parents, ce sourire de plastique constamment étiré sur son visage.

- J'ai aidé leurs papa et maman à les élever ! Pas vrai Spence ? Megan ?

Ma mère fit bouger Stéphanie alors que mon père hochait la tête nerveusement.

- C-C'est vrai les enfants, il l'a fait !

Tommy sourit et se tourna vers moi. J'étais encore assis à table, regardant cette étrange scène. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je ne savais pas qui était cet homme à l'apparence si étrange, ou même ce qu'il nous voulait. Ce qu'il disait n'avait pas de sens, mais mes parents avaient l'air de le connaître ; je gardai donc mes spéculations pour moi.

- Et tu dois être Matt, dit Tommy en s'avançant vers moi.

Je ne le regardais pas, gardant les yeux rivés sur mon assiette vide. Je n'avais plus faim. Je pouvais sentir l'homme étrange près de moi : sa présence me faisait tourner la tête. Mes lèvres tremblaient et mon cœur commençait à battre plus rapidement. Je n'aimais pas cet intrus. Il m'avait l'air dangereux. Tommy s'arrêta derrière moi, gloussant, et fit glisser ses mains sur mes maigres épaules.

- Oh, on dirait que nous avons un timide. Ça ne fait rien. Je l'aiderai à propos de ça, lança-t-il à mes parents.

Ses doigts creusaient dans ma peau, me faisant grimacer, mais je gardais malgré tout la bouche fermée.

- Ne le touche pas ! feula ma mère, les yeux désormais larges.

Tommy la regarda, bouche élargie :

- Hehehehehe.

Mon père leva la main, alarmé :

- Euh, ne sois pas si dure, Megan !

Tommy continua de fixer ma mère, qui baissa nerveusement les yeux.

- Tu restes pour le dîner ? demanda Stéphanie, brisant le silence tendu. L'homme-poupée lâcha mes épaules. Une de ses mains parcourut ma joue, puis caressa mes cheveux.

- Oh oui. Je vais rester ici pour un bon moment.

Et c'est comme ça que Tommy Taffy entra dans nos vies. A seulement six ans, je ne connaissais meilleure solution que de me demander sérieusement ce qu'il se passait. Même si mes parents avaient réagi de manière troublée à son arrivée, leur assurance constante pour nous faire croire qu'il s'agissait d'un ami poussa mes soupçons hors de mes pensées. 
A mesure que les jours se transformaient en semaines, je m'habituais à la présence de Tommy dans notre maison. Ma peur initiale laissait doucement place à une prudence accrue. J'ai vite appris que Tommy n'aimait pas la compagnie. Dès que ma mère donnait ses cours de yoga, Tommy la tirait dans un coin et lui murmurait quelque chose. Je regardais tout cela en silence. Je voyais ma mère devenir pâle, hocher la tête, lui murmurant un message inconnu. Tommy se tournait ensuite, ce sourire permanent encastré sur son visage et montait à l'étage, jusqu'à ce que le cours soit terminé. Mes parents disaient à Stéphanie et moi que nous ne devions pas parler de Tommy à nos amis. En dehors de la maison, Tommy ne faisait pas partie de nos vies. Je ne sais pas pourquoi, mais ma sœur et moi obéissions. Une autre chose que j'avais remarquée, c'est que Tommy ne mangeait jamais. Il s'asseyait à table avec nous mais ne participait jamais au repas. Stéphanie lui avait demandé une fois s'il avait faim, et Tommy s'était contenté de sourire en silence tout en lui caressant la tête. 

Tous les soirs, il réunissait notre famille dans le salon et nous donnait une courte leçon sur comment être une bonne personne. Mes parents ne parlaient jamais durant ces discours, ils s'asseyaient à nos côtés et hochaient simplement la tête. Tommy nous disait de ne pas se moquer des autres, d'aimer nos amis et nos ennemis, et de toujours aider ceux dans le besoin. Il nous disait que c'était pour ça qu'il était ici avec nous. Pour aider mes parents à nous élever. Que nous pouvions lui parler si nous avions un problème à l'école ou que nous ne savions pas comment résoudre certaines situations. 

Ça c'est passé comme ça pendant un mois.
Jusqu'à ce que ma mère craque.


Août 1989

Mon père venait de rentrer du travail, et j'étais assis à la table de la cuisine pour faire mes devoirs. Ma mère cuisinait le dîner, et Stéphanie s’entraînait à danser pour un futur spectacle d'école. Elle allait incarner une ballerine et avait trois semaines pour apprendre quelques pirouettes et vrilles de base. Elle s'était entraînée religieusement au cours des derniers jours, mais n'y arrivait tout simplement pas. Elle était petite, et son tempérament prenait facilement le dessus. C'est à ce moment que Tommy décida de l'aider. Il s'était assis sur le canapé pour la regarder quand soudainement, il s'était levé et mis derrière ma sœur, plaçant ses mains sur les épaules de celle-ci.

- Laisse moi t'aider, chérie, gazouilla-t-il, sa voix portée par une note joyeuse.

Ma mère se tourna du plan de travail et eut soudainement l'air très tendue. Elle n'aimait pas que Tommy nous touche. Elle serra sa cuillère en bois à en faire blanchir ses phalanges, regardant la scène, alors que Tommy se baissait et collait son corps à celui de Stéphanie. Il prit ses mains dans les siennes et guida ses hanches et sa taille, sa joue doucement pressée contre celle de ma sœur.

- Tommy, laisse-la se débrouiller toute seule, lança ma mère, la voix tremblante.

Tommy ne la regarda même pas, continuant de guider ma sœur. J'entendis mon père descendre les escaliers, tout juste rentré d'une journée de travail au bureau. Tommy fit tourner ma sœur et, pour la première fois, elle réussit parfaitement la vrille, ses petits pieds guidant son corps en un cercle complet, parfaitement exécuté. Tommy applaudit et se pencha pour embrasser Stéphanie sur la joue.

- Bonne petite !

- NE FAIS PAS ÇA ! hurla ma mère, lâchant la cuillère.

Son visage devint livide. Je sursautai sur ma chaise en déglutissant. Je ne comprenais pas pourquoi ma mère était si contrariée. Il était juste en train de l'aider. Je savais aussi, au fond, que c'était une mauvaise idée de crier sur le nouveau membre de notre famille. C'était mon instinct d'enfant, venu du plus profond de mes tripes, un simple avertissement qui résonnait dans ma tête. Tommy se leva...

- Hehehehehe.

Mon père se tenait à présent dans les escaliers, immobile, peu sûr de savoir quoi dire de cette confrontation.

- Megan, qu'est ce qui ne va pas ? demanda-t-il.

Ma mère ne quittait pas Tommy des yeux.

- Spence, je ne peux plus. Je ne peux plus faire comme si tout allait bien. Nous savons bien quel genre de monstre il est. Nous savons ce qu'il a fait à notre ville il y a toutes ces années. Je veux qu'il s'en aille.

Mon père écarquilla les yeux ; la panique marquait son visage.

- Megan ! lança-t-il, la voix chevrotante, son regard se précipitant sur chaque personne présente dans le salon. Ne sois pas si rude ! Tommy nous a beaucoup aidés !

 Ma mère grinça des dents.

- Arrête ça. Arrête de faire comme si on voulait qu'il reste. Je ne peux plus voir ça. Je veux QU'IL SORTE !

Tommy marcha vers la cuisine, très lentement, et se tint droit devant ma mère. Il la regardait de haut. Ses yeux bleus immaculés brillaient comme des lunes de cristal. Sa voix était comme de la soie glacée :

- Megan, pourrais-tu venir dans la cave avec moi ? Je dois te parler.

Ma mère recula.

- Éloigne-toi de moi. Éloigne-toi de ma famille ! Tu n'es plus le bienvenu ici !

Elle se tourna alors vers mon père, le regard rempli de désespoir.

- Spence, FAIS QUELQUE CHOSE ! 

Mon père leva les mains dans un geste d'impuissance. Je pouvais voir qu'il était terrifié. Stéphanie regardait depuis le salon, la lèvre tremblante, les yeux humides. Je voulus aller la réconforter, mais je me sentais comme collé à ma chaise.

- Allez Megan, juste un instant.

- Va te faire foutre, cracha ma mère.

Je déglutis, la boule au ventre. Je n'avais jamais entendu ma mère jurer avant, et cela m'effraya puissamment. Soudain, Tommy agrippa ma mère par la nuque, affichant toujours son effroyable sourire, et la balança sur la porte de la cave.

- Spence, ARRÊTE-LE ! AIDE-MOI ! hurla ma mère, impuissante face à la poigne de fer de Tommy.

Celui-ci lança à mon père un regard qui le fit geler sur place.

- J-Je suis désolé Megan... N-Nous devons faire ce qu'il dit ! cria-t-il.

Stéphanie pleurait, les mains sur son visage, des larmes coulant sur ses joues. J'étais malade de voir Tommy ouvrir la porte de la cave et entraîner ma mère dans les ténèbres. La porte claqua derrière eux. Pendant quelques minutes, on n'entendit rien d'autre que le silence... Jusqu'à ce que des cris commencent à résonner. Je n'avais jamais entendu ma mère crier ainsi avant... Et ce son cassa quelque chose en moi. Mon père courut dans la cuisine et nous attrapa ma sœur et moi dans ses bras. Il monta les escaliers en sprintant, se dirigeant vers sa chambre, et nous jeta sur le lit. Nous restâmes collés ainsi pendant des heures, sans que personne ne lâche le moindre mot. Pendant ce temps, ma mère continuait de crier. 
Enfin, un long moment après le coucher du soleil, nous entendîmes la porte de la cave s'ouvrir.

- Maman dort dans la cave, ce soir ! lança Tommy.


Mars 1991

Deux ans passèrent. Après cette sinistre nuit, ma mère n'avait plus jamais remis Tommy en question. Quand elle était sortie de la cave le matin suivant, je m'attendais à la voir couverte de bleus et de sang. Mais je n'avais vu aucun signe visible de violence. J'étais trop jeune pour comprendre ce qui était arrivé, pourquoi ma mère boitait à présent, et boiterait pour le reste de sa vie. Elle n'adressa pas la parole à mon père pendant un mois, et même après, leurs échanges ne se résumaient plus qu'à quelques mots. Pendant ces deux ans, je remarquais que mon père pleurait beaucoup. Je ne comprenais pas ce qui arrivait à ma famille, mais je me taisais et j'obéissais aux règles : Écoute Tommy. Ne parle pas aux autres à propos de Tommy. La situation s'était calmée durant ces deux années. Tommy nous donnait encore des leçons de vie et restait un membre de notre famille. Personne d'autre ne savait que Tommy vivait chez nous. C'était notre secret, l'étoile sombre qui flottait au dessus de nos têtes. J'avais appris à sourire quand Tommy était proche, tout comme ma sœur. S'il croyait que nous étions heureux, il était plus détendu. Mais cette nuit où ma mère l'avait défié... Quelque chose avait changé. Une fois tous les deux mois, Tommy affirmait son autorité sur mes parents. Il les testait, cherchant à voir où allaient lâcher leur patience et leurs nerfs. La plupart du temps, ma mère et mon père se soumettaient humblement à la moindre torture mentale qu'il voulait leur infliger. En général, il faisait ou disait quelque chose à Stéphanie ou à moi. Ça me mettait toujours mal à l'aise. 
Parfois, il nous faisait s'asseoir sur ses genoux pendant qu'il caressait nos têtes. Parfois, il chantait d'étranges choses à ma sœur à propos de l'amour. Et d'autres fois, il nous faisait prendre un bain ensemble pendant qu'il regardait. Je tentais toujours de paraître courageux face à ces épreuves. Stéphanie était encore jeune et n'était pas aussi gênée que je l'étais. C'était dérangeant, et je regardais souvent mes parents pour qu'ils m'aident. Ils se contentaient de hocher la tête et leurs visages, devenus pâles, me forçaient à continuer l'activité qu'il m'était imposée. 

Ce fut au début de l'année 1991 qu'une nouvelle chose atroce arriva à ma famille. Tommy avait poussé les limites, encore une fois.

Je me frottais les yeux pour chasser le sommeil en regardant mon réveil sur le mur. Les aiguilles phosphorescentes indiquaient deux heures du matin. J'entendais quelque chose dans le couloir en face de ma chambre. On aurait dit quelqu'un qui pleurait. Où était Tommy ? Je regardai les coins sombres de ma chambre pour m'assurer qu'il n'était pas là, à me regarder dormir. Quand je fus assuré que ce n'était pas le cas, j'enlevai mes couvertures et glissai hors du lit. Je me faufilai vers la porte et regardai dans l'obscurité. Je pouvais distinguer une silhouette assise sur le sol en face de la porte fermée menant à la chambre de ma sœur. La silhouette d'une personne. Je plissai les yeux dans le noir et me rendis compte que c'était mon père, ses mains recouvrant son visage. Il sanglotait, dos au mur. 

- Papa? murmurai-je. 

Mon père me regarda un instant, et me poussa à l'intérieur de ma chambre. Je restais debout alors que mes yeux s'adaptaient à l'obscurité. C'est alors que je vis son visage ; un fatras d'ecchymoses et de sang.

- Retourne au lit, Matt, je t'en prie, sanglota-t-il.

Je fis un pas hésitant vers le couloir.

- Papa, qu'est-ce qui est arrivé à ton visage ? Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est Tommy qui t'a fait ça ?

Les yeux de mon père s’écarquillèrent et il me fit taire d'un geste.

- Non non, bien sûr que non ! Ne dis pas de choses pareilles. Tommy est... Il est là pour nous aider à être une meilleure famille.

Alors que je m'approchais de mon père, je m'immobilisai devant la chambre de ma sœur. Je pouvais entendre des cris étouffés. Je pouvais entendre la terreur.

- Papa... murmurai-je, pointant la porte du doigt. Qu'est-ce qui ne va pas avec Steph ?

Mon père essuya un filet de sang de ses lèvres, les yeux humides, l'angoisse déformant ses traits.

- Viens ici, Matt. 

Je me faufilai dans ses bras ouverts alors que quelque chose cogna lourdement contre le mur de la chambre de ma sœur. Je sursautai, et mon père me serra contre son torse. Je pouvais sentir ses larmes me couler sur le front, alors qu'il semblait combattre l’anéantissement.

- Tommy est là-dedans, pas vrai ? dis-je discrètement.

- Oui fiston, renifla mon père.

Je regardai son visage ensanglanté.

- Tu as fait quoi, papa ?

Mon père essaya de sourire, mais son visage refusa de coopérer.

- Il... Il voulait faire quelque chose à ta sœur, quelque chose qui ne me plaisait pas. Je lui ai dit non.

Pendant qu'il parlait, je pouvais entendre ma mère pleurer dans sa chambre. Mon père attrapa mon menton :

- On ne peut pas dire non à Tommy, tu m'entends ? Tâche de t'en souvenir. 

Ma sœur cria depuis sa chambre, un cri perçant qui secoua mon âme. J'agrippai le bras de mon père.

- Pourquoi il est là ? susurrai-je. Pourquoi il ne s'en va pas ? 

Mon père resta silencieux pendant un moment, puis il porta sa bouche à mon oreille :

- Écoute-moi bien, Matt. C'est très important. Quand tu seras grand, ne fais pas d'enfants. Il suit ceux qui ont des enfants.

Je tremblais dans les bras de mon père, alors que quelque chose semblait être traîné sur le plancher de l'autre coté du mur. Mon père serra les dents, faisant encore couler plus de larmes.

- On ne sait pas qui il est ou ce qu'il est. Il est venu dans notre ville quand nous étions des petits garçons ou des petites filles, comme toi et Stéphanie. Ta mère et moi vivions à deux pâtés de maisons l'un de l'autre. Tommy a infesté notre rue. Je ne sais pas comment. Il était... partout.. toujours... Il était chez moi, mais aussi de l'autre côté de la rue, et chez ta mère... Tout ça en même temps. Je ne sais pas ce qu'il veut, ou quel est son but. Il est juste arrivé un jour. Il est arrivé et ne voulait plus partir. Dieu sait que mon père a tenté de le faire déguerpir...

- C'est comme ça que papy est mort ? demandai-je.

Je n'avais jamais connu mon grand-père. Je savais juste qu'il était mort longtemps avant ma naissance. Mon père acquiesça :

- Oui Matt. Tommy... Tommy a dû lui donner une leçon. Il a dû donner une leçon à tout le quartier. Après ça... Après ça...

- Pourquoi... tu le tues pas ? demandai-je, toujours aussi doucement. Mon père amena sa bouche plus près de mon oreille ; sa voix était à peine audible.

- Nous avons essayé. Nous l'avons brûlé, nous lui avons tiré dessus, nous l'avons coupé en morceaux... Mais ça n'a jamais marché... Il revenait toujours, en frappant à la porte. Et quelqu'un devait payer. Quelqu'un devait toujours payer. Si nous ne suivions pas les règles... Quelqu'un... devait... payer. Tommy était notre secret. Il était notre monstre invisible, caché du reste du monde. Nous avons caché les morts... Nous nous sommes tus pour ses méfaits... Parce que nous savions que... si qui que ce soit disait quoi que ce soit, Tommy ferait du mal à celui qui en avait parlé.

Je tentais de digérer tout ça avec la compréhension d'un enfant de huit ans, et la seule chose que j'étais capable de dire fut :

- Quand est-ce-qu'il va s'en aller ?

Mon père m'embrassa sur le front.

- Dans trois ans...

La porte de la chambre s'ouvrit soudainement, faisant sursauter mon père qui me fit tomber hors de ses bras. Tommy se tenait debout dans les ténèbres, son visage identique à ce qu'il avait toujours été. La seule différence était qu'il respirait lourdement. Son visage tel du plastique me terrifiait, ses deux yeux bleus brillant dans le noir. Tommy pointa du pouce derrière lui, vers la chambre devenue silencieuse :

- Elle va dormir comme un loir, cette nuit !


Septembre 1993

On avait encore une année à tenir. Une année encore. Je pouvais presque voir le désespoir grandir dans les yeux de mes parents chaque jour, priant pour que le calendrier avance plus vite. Nous étions presque sortis de ce cauchemar. J'ai beaucoup pensé à ce que mon père m'avait dit lors de cette horrible nuit dans le couloir. Je pensais à ce qu'il avait dû subir quand il était enfant. Ce qu'il avait dû vivre. Je me demandais à quel point les choses avaient mal tourné pour que Tommy tue mon grand-père. J'ai réalisé, malgré toutes les choses horribles que Tommy faisait, que c'était la soumission de mon père qui nous maintenait en vie. Son silence agonisant maintenait le courroux de Tommy à distance. Avec du recul... Je ne peux pas m'imaginer la torture mentale qu'il à dû subir pendant ces cinq longues années. Stéphanie ne parlait plus autant depuis cette nuit de Mars. J'avais également remarqué que son caractère charismatique avait changé drastiquement et soudainement : elle était devenue une enfant sans sourire, silencieuse. Je ne pense pas qu'elle ait compris ce qui lui était arrivé et alors qu'elle grandissait, je suppose que son esprit a doucement bâti un mur, bloquant cette nuit loin de ses pensées. Ma mère et mon père semblaient être encore plus soumis durant cette dernière année. Ils se lançaient dans les leçons du soir de Tommy avec un enthousiasme nouveau, et ma mère essayait désespérément de faire en sorte que Stéphanie et moi réagissions de manière à satisfaire ce dernier. 

Cependant, je n'en suis pas sorti indemne non plus. Tommy faisait en sorte de laisser sa marque sur toute notre famille.
J'étais assis dans ma chambre, la porte fermée. Le dîner était bientôt prêt et tout le monde était en bas pour se préparer. Je pouvais entendre Tommy rire depuis le salon. Je regardais le magazine qu'un de mes amis à l'école m'avait donné. C'était un Playboy. Nous avions regardé quelques pages à l'école, ricanant en reluquant les femmes nues répandues à travers le magazine. Je n'avais jamais rien vu de tel. C'était la première fois que j'étais exposé à ce monde. Ça faisait battre mon cœur plus vite que jamais, d'une manière agréable, et je sentais quelque chose de bizarre, mais plaisant, grandir en moi. J'avais demandé à mon ami si je pouvais lui emprunter le magazine, et il m'avait laissé le prendre. Je me posai donc sur mon lit en regardant les photos érotiques. Je ne pouvais pas croire que des femmes s'étaient laissées prendre en photo comme ça. Je sentais quelque chose grandir au niveau de mon entrejambe alors que je tournais les pages. Mon cœur battait la chamade et j'avais chaud, mes joues devenant rouges pivoine. J'étais à la dernière page, quand j'entendis une voix en provenance de l'encadrement de ma porte.

- Qu'est ce que tu as là, Matt ?

Je sursautai, laissant tomber le magazine par terre. Tommy me regardait depuis le seuil de la porte. Je ne l'avais même pas entendu ouvrir.

- R-Rien ! balbutiai-je, agrippant le Playboy et l'enfouissant sous mon coussin. Tommy avança jusqu'à moi.

- Hehehehehehe !

- J-Je t'ai pas entendu entrer, dis-je en rougissant.

Tommy passa la main sous mon oreiller et en sortit le magazine :

- C'est pas bien de mentir. Je te l'ai dit. Pourquoi me mens-tu, Matt ?

Je déglutis difficilement, mon cœur tapant contre ma cage thoracique.

- J-Je suis désolé... Je... Euh...

Je décidai de lâcher l'affaire alors que Tommy parcourait les pages. Il me jeta un regard.

- Tu aimes ça ?

Je savais que je ne pouvais pas lui mentir à nouveau. J'acquiesçai en baissant les yeux. Tommy sourit et s'assit à coté de moi, sur mon lit. Il posa une main sur mon genou.

- Est-ce-que ces images te font... du bien ?

Je fis encore une fois « oui » de la tête, sans oser le regarder. Soudain, Tommy glissa sa main vers mon entrejambe, le pinçant doucement :

- Ça te fait du bien ici, Matt ?

Je sursautai. Son geste m'effrayait. Il enleva sa main et ricana. Ce qui lui servait de dents étincelait. Tommy rangea le magazine, et posa ses doigts sur mon menton :

- Tu sais comment on fait pour se masturber, Matt ? Ton père te l'a expliqué ?

Ma respiration se faisait par saccades, sa main lisse et froide glissant contre mon visage. Je ne savais pas de quoi il me parlait ou ce qu'il voulait que je réponde. Je me contentais de le fixer de mes yeux impuissants. Tommy soupira.

- C'est sûrement mieux ainsi. C'est une discussion sensible que je devrais avoir avec toi. Tu as dix ans, non ?

Je répondis par l'affirmative, paralysé. Tommy refit le même geste indécent que précédemment.

- Tu veux que je te montre ?

Je frissonnai sous sa poigne.

- N-Non Tommy, merci...

Tommy sourit doucement :

- C'est normal d'avoir peur. Grandir, ça fait peur. Tu vas être un jeune homme si séduisant. Il caressa ma joue de son autre main. Tu as déjà embrassé quelqu'un?

- T-Tommy, je t'en prie... sanglotais-je, sentant des larmes se former dans mes yeux.

Tommy me poussa contre le lit, et je me retrouvais en train de le fixer alors qu'il prenait ma tête dans sa main.


- Tu n'as pas à avoir peur de grandir. Plein de belles choses vont t'arriver. Et puis... Quand tu auras des enfants, je viendrai t'aider à les élever. Ce sera...amusant.

- L-Laisse moi partir..., priai-je, pleurant ouvertement à présent. 

Je pouvais sentir son souffle chaud sur mon visage. Tout à coup, Tommy se pencha pour m'embrasser. Je lâchai un couinement de panique alors que je sentais un goût de fruit pourri et de viande faisandée, un goût de saleté, envahir ma bouche. Il recula et me murmura : 

- Tu ne vas pas t'exciter pour moi ? 

Je continuais de pleurer, mes yeux écarquillés par la panique et le choc. 
Tommy sourit et chuchota :

- Ça ne fait rien.

Il se releva et me lâcha.

- Allez. Le dîner est prêt. 

Tremblant, je le suivis en séchant mes larmes. Je n'avais plus faim.


Juin-Juillet 1994

Alors que les jours avançaient et qu'approchait le mois de juillet, ma famille développa un optimisme silencieux, une prière désespérée pour que tout s'arrête. Pour que notre souffrance s'en aille. Ma mère et mon père faisaient de leur mieux pour qu'il n'y ait pas de punition supplémentaire. Ils s'inclinaient devant Tommy, priant, les dents serrées, pour que nous atteignions le mois de Juillet sans autre incident.

Et le 3 Juillet, nous nous levâmes pour nous rendre compte que Tommy Taffy avait disparu. Cinq ans, au jour près. Nous n'arrivions pas à y croire. Il s'était évaporé dans la nuit. Nous avons fouillé toute la maison, ma mère lâchant des larmes de joie en voyant que le cauchemar était enfin terminé. Après avoir passé la maison au peigne fin trois fois de suite, nous nous retrouvions dans le salon, accolés les uns aux autres comme une vraie famille. Tommy était parti. La sentence était terminée. 

Mon père prit des congés, et nous partîmes deux semaines à la mer. Pendant ces deux semaines, je m'attendais encore à me réveiller pour voir Tommy penché au-dessus de moi, ce sourire atroce dessiné sur son visage. Mais il n'était pas là. Tout était fini. Mes parents firent de leur mieux pour reconstruire notre famille, réparer les cassures qui s'étaient faites pendant ces longues années. Et je les aime tendrement pour ça. 
Mais certains monstres ne sont jamais oubliés. Je ne sais pas ce qu'était Tommy Taffy, et encore moins d'où il venait. Je pense que je ne le saurai jamais. Quel était son but ? Pourquoi nous a-t-il fait toutes ces horribles choses ? Aujourd'hui, quand que je passe en revue toutes les réponses possibles, je craque et je me retrouve en train de pleurer, les souvenirs étant trop rudes pour être remis sur la table. Certaines choses sont mieux laissées mortes et enterrées. 
Mais je n'ai pas oublié ce que mon père m'a dit devant la chambre de ma sœur lors de cette atroce nuit. J'ai 33 ans désormais, et je suis resté célibataire et sans enfants. Je ne peux pas prendre ce risque. Je ne peux pas risquer que ce monstre revienne dans ma vie. Je n'ai jamais compris le choix qu'avaient fait mes parents d'avoir des enfants. Ils ont été tous les deux exposés à Tommy durant leur enfance... Alors pourquoi Stéphanie et moi ? Peut-être croyaient-ils qu'il ne reviendrait pas.
Mais moi, j'y crois. 

Et je suis terrorisé. 
Parce que, voyez-vous... 
Hier, ma sœur a donné naissance à des jumeaux.


C1 : MoonDust/C2 : Gordjack
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PostPosted: Sun 4 Feb 2018 - 08:26    Post subject: Publicité

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Mantazur
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PostPosted: Sun 4 Feb 2018 - 17:56    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

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Lalya
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PostPosted: Sun 4 Feb 2018 - 22:03    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Cohérence de l'histoire et des personnages :
Foxideo wrote:
Mon nom est Matt et mon enfance ne fût pas normale. Pas en un seul sens de ce mot. Quelque chose est arrivé à ma famille, une chose qui est presque impossible à comprendre. Mais je vais faire de mon mieux pour raconter ces cinq ans. Cinq ans de ma vie que j'ai passé dans la terreur. Cinq ans dans lesquels nous avons tous vécus dans la peur. C ans que nous ne pourrons jamais rattraper.

"Pas en un seul sens de ce mot", C ans" Quelques fautes/formulation un peu bancale ici.


Mon père, Spence, n’était pas un homme très fort, que ce soit physiquement ou mentalement. Il était le type de père qui laissait souvent ma mère parler en leur nom. Bon, il n’était pas non plus complètement un froussard, mais il se contentait souvent de se laisser porter par le courant plutôt que de l’altérer. Il travaillait dur et dédiait son temps libre à nous, sa famille. Il s'assurait de satisfaire nos besoins, sa douceur assurait les fondations de notre famille.

"En leur nom" ici aussi la formulation est maladroite, soit on parle de ce type de père en général et il faut modifier le "ma mère" soit on parle spécifiquement de cette famille et il faut modifier le "leur". (D'ailleurs le terme de mère est un peu étrange, femme/conjointe/etc me parait plus logique).


Ma mère, Megan, était la cheffe de notre famille. Elle était franche, indépendante, et extrêmement loyale. Elle aimait les manières discrètes de mon père et même à un jeune âge, je pouvais voir la forte osmose qui les unissait.


Ma petite sœur, Stephanie, était ma cadette d'un an. Elle me respectait grandement et mon père me disait toujours que j'avais la responsabilité de veiller sur elle. Nous nous entendions du mieux que l'on pouvait, et j'avais beau lui montrer de l'adversité fraternelle en toutes sortes, je l'aimait.

"lui montrer de l'adversité fraternelle" C'est un peu bancal ici aussi.


Nous vivions dans un communauté de classe moyenne de banlieue, une vraie photo d'archive du Rêve Américain. Mon père travaillait respectablement neuf heures par jour pendant que ma mère donnait des cours de yoga hors de la maison. C'était une vie agréable, organisée et structurée. Tout était soumis au débat, considéré et accompli comme une famille. C'était une bonne maison pour grandir.

"un communauté" petite faute ici. "comme une famille" je sais pas, j'ai l'impression qu'il manque un adjectif ou autre chose...


Mais ça c'était avant qu'il vienne.


C'était avant Le Troisiéme Parent.






Juillet 1989


J'étais assis à table, attendant que mon père finisse de cuisiner. C'était son tour de faire à manger ce soir, et mon estomac gargouillait en attendant son poulet au romarin. Ma sœur, Stephanie, était allongée sur le ventre dans le salon et coloriait. Ses cheveux blonds dorés tombaient sur ses épaules, ondulant comme des vagues alors qu'elle me regardait en souriant. Elle me montra le produit de ses efforts alors que je hochait, pas du tout impressionné.

"que je hochais" ? Que je hochais quoi ? J'imagine que c'est la tête, mais la formulation est maladroite.


Elle me fit une grimace et continua de dessiner. Ma mère entra dans la cuisine, mettant ses cheveux en arrière par dessus son visage, fraîchement sorti de la douche.

"ses cheveux en arrière par dessus son visage" Heu... Je ne vois pas trop... Relevé en arrière peut-être ?


« Tout le monde est parti ? » demanda mon père depuis son plan de travail.


Ma mère hocha la tête, « Oui Spence, la maison est de nouveau pour nous. Enseigner le yoga dans la cave était vraiment une bonne idée, il y fait tellement plus frais. Je suis contente que nous ayons fini d'aménager la cave pendant l'hiver. Mes clients apprécient aussi. Le soleil cogne dur dehors. »

La mère donne pourtant des cours à l'extérieur, c'est un peu étrange que le narrateur prenne la peine de nous donner ce détail si la situation change dès la 1ere phase de son récit...


« Maman, tu peux t'asseoir pour qu'on puisse manger ? » demandais-je de ma place à table. Ma mère se retourna et se mit a rire.


« Matt, le garçon de six ans le plus affamé de ce côté du Mississippi. Pourquoi tu ne demandes pas à ton père de s'activer, c'est lui qui cuisine ! »
J'appuyais mon front sur le bord de la table, « Papaaaaaaaaa, J'vais mourir de faim. »


Stephanie leva les yeux de son cahier de coloriage, « Matt, dit pas de choses folles « 


« C'est toi qui est folle » murmurait-je, ne la regardant même pas.


Elle me fit une grimace, en me tirant la langue.


« D'accord, d'accord »,dit mon père en se retournant du plan de travail.


« Viens t'asseoir Steph, c'est prêt ! » ordonnait-je à ma sœur, la vue de la viande assaisonnée me faisant saliver.


Alors qu'elle se levait et que ma mère prenait place à côté de moi, nous nous immobilisions tous en entendant quelqu'un frapper à la porte d'entrée. Ma mère et mon père s'échangeaient un regard perplexe. Mon père plaça le repas sur la table et nous dit d'attendre un instant.


Grommelant, je le regardais marcher jusqu'au seuil de la porte. Il regarda à travers le trou de la serrure, il était visiblement tendu, son corps devenant raide comme le ciment d'une statue.

Le trou de la serrure ? Soit c'est une serrure vraiment ancienne et c'est assez particulier, soit on parlera plutôt d'un judas/œilleton

« Spence, qui-est-ce ? » demanda ma mère.


Mon père se tourna lentement vers nous, son sang circulant hors de son visage. Ses yeux étaient grands ouverts, et je vit la peur dilater ses pupilles. Ses lèvres tremblaient alors qu'il jeta un regard à moi et à Stephanie.

"son sang circulant hors de son visage" ? Le sang avait quitté son visage à la limite...



« Spence ! », insista ma mère, son visage se contorsionnant d'anxiété.

J'ai jamais vu de voix se contorsionner, trembler plutôt.



« Non... Ça ne peux pas arriver... Pas encore... », murmurait mon père, le regard perdu dans le vide.


La porte fut secouée alors qu'une autre série de coups faisaient écho dans toute la maison.


Ma mère se leva, sa voix se cassant dans une terreur contagieuse « Spence, qui-est-ce ?! Qu'est ce qu'il se passe ? »


« Je suis tellement désolé... », marmonna mon père alors qu'il empoignait son estomac, le visage blanc comme un linge, « Je dois le laisser entrer ».

"qu'il empoignait son estomac" ? On parle d'un organe là, c'est assez particulier...



Avant que l'un d'entre nous puisse dire quoi que ce soit, mon père se tourna et ouvrit la porte. Le soleil couchant m'aveuglant alors que je plissais les yeux pour voir qui était le visiteur impromptu »


« Salut ! Je suis Tommy Taffy ! C'est bon de te revoir Spence ! »


Je regardais la scène alors que mon père reculait lentement du seuil de la porte. Un homme entra dans la maison, la porte se fermant derrière lui.


Mon jeune cerveau essayait de trouver un sens à ce que je voyais, mais même à ce jeune âge, je me savais que quelque chose ne tournait pas rond avec ce visiteur inattendu.


Il faisait à peu près 1m90 et arborait une touffe de cheveux dorés coupés courts autour de son crâne. Il portait un short kaki et un T-shirt blanc où était marqué un « SALUT ! » imprimé en police enfantine rouge.
Mais ce n'est pas ce qui me sauta aux yeux. C'était sa peau...Elle était complètement dépourvue de pores, une texture crémeuse, parfaitement lisse qui ressemblait presque à du plastique souple. Son visage était une marre de rose doux, sa bouche était une un incision entre ses joues, révélant des dents blanches... Mais ce n'étaient pas des dents. C'était juste une rangée lisse, sans bords, comme s'il portait un protège-dents. Son nez n'était qu'un relief de sa peau, dépourvu de narines, comme une poupée.

Le narrateur à visiblement une super vue pour se rendre compte de l'absence de pore, surtout qu'il est aveuglé par le soleil... "Une marre de rose doux" ? Ca n'a pas vraiment de sens... "une incision" une ouverture plutôt non ? Encore une fois le nombre de détail est un peu surprenant vu la distance mais bon pourquoi pas.


Et ses yeux...


Ces yeux étaient des flaques de bleu étincelant, brillantes au milieu de son sinistre visage, sans aucun défaut. Ils étaient larges, comme s'il était dans un état constant de stupéfaction et ils fixaient la pièce, bougeant dans un mouvement rapide, discordant.


Son sourire s'élargit et il nous salua d'un geste parfait de la main, « Salut ! Je suis Tommy Taffy ! Enchanté ! »


Je remarquais qu'il n'avait pas d'ongles, ou même de défauts de peau. Pas de grains de beauté ou de marques, rien. Il était comme une poupée vivante, parlante, de taille humaine.


« Spence », croassa ma mère, la terreur brillant dans ses yeux.


« Tout va bien se passer, Megan », dit mon père, la voix tremblotante. « Soyons polis envers notre nouvel invité, d'accord ? »


L'homme, Tommy, pencha sa tête vers mon père, « Hehehehehe. »


Mon père recula d'un pas, levant ses mains, « J-Je veux dire notre nouvel ami ! »


Le sourire gelé ne quitta jamais le visage de Tommy, comme sorti d'un moule. « Hehehehehe. » Il n'y avait aucun humour dans ce rire étrange. On aurait dit qu'il se raclait la gorge ou qu'il imitait quelqu'un qui gloussait. C'était trop prononcé, chaque syllabe sonnant trop intentionnelle.


Mon père se forçait à afficher un sourire « J-Je veux dire... » Il regarda ma mère d'un air désespéré. Cette dernière ne lui offrant aucune aide, son corps gelé dans un effroi absolu.


« Je voulais dire : Votre nouveau parent, les enfants ! »


Stephanie, qui se tenait à coté de ma mère, fronça les sourcils, « C'est pas notre papa, c'est toi. Et pourquoi il est aussi bizarre ?! »


« Stephanie ! », siffla ma mère, attrapant son épaule.


Tommy ria et avança pour se baisser devant Stephanie, « Ce n'est pas gentil de se moquer des gens différents, si ? »


Ma sœur baissa le regard, toute rouge.


Tommy caressa ses cheveux, « Ça fait rien ! Sourit, petite !  On va très bien s'entendre ! Je vais aider tes parents a vous élever ! C'est un gros boulot d'être une maman et un papa ! Parfois, papa et maman ont besoin d'aide ! »


Tommy se tourna vers mes parents, ce sourire permanent de plastique étiré sur son visage, « J'ai aidé leurs papa et maman à les élever ! Pas vrai Spence ? Megan ? »


Megan fit bouger Stephanie alors que mon père hochait la tête nerveusement.


« C-C'est vrai les enfants, il l'a fait ! »


Tommy sourit et se tourna vers moi. J'étais encore assis à table, regardant cette étrange scène. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je ne savais pas qui était cet homme a l'apparence si bizarre ou ce qu'il voulait. Ce qu'il disait n'avait pas de sens, mais mes parents avaient l'air de le connaître, je gardais donc mes spéculations pour moi.


« Et tu doit être Matt », dit Tommy, avançant vers moi.


Je ne le regardais pas, gardant mes yeux rivés sur mon assiette vide. Je n'avais plus faim. Je pouvais sentir l'homme étrange près de moi, sa présence me faisant tourner la tête. Mes lèvres tremblaient et mon cœur commençait a battre rapidement. Je n'aimais pas cet intrus. Il m'avait l'air dangereux.


Tommy se mit derrière moi, gloussant, ses mains glissant sur mes maigres épaules. « Oh, on dirait que nous avons un timide. Ça ne fait rien. Je l'aiderais pour ça » , lança-t-il à mes parents. Ses doigts creusaient dans ma peau, me faisant grimacer, mais je gardais ma bouche fermée.


« Ne le touche pas » feula ma mère, ses yeux désormais larges.

"désormais large" élargi/dilaté serait sans doute mieux


Tommy la regarda, sa bouche élargie, « Hehehehehe. »


Mon père leva la main, alarmé, « Euh, ne soit pas si dure Megan ! »


Tommy continua de fixer ma mère, qui baissa nerveusement les yeux.


« Tu restes pour le dîner ? », demanda Stephanie, brisant le silence tendu.


L'homme-poupée lâcha mes épaules, une de ses mains parcourant ma joue, puis mes cheveux, « Oh oui. Je vais rester ici pour un bon moment. »






Et c'est comme ça que Tommy Taffy entra dans nos vies. A seulement six ans, je ne connaissais meilleure solution que de demander sérieusement ce qu'il se passait. Même si mes parents avaient réagi de manière troublée à son arrivée, leur assurance constante pour nous faire croire qu'il s'agissait d'un ami poussa mes soupçons hors de mes pensées. A mesure que les jours se transformaient en semaines, je m'habituais à la présence de Tommy dans notre maison. Ma peur initiale laissant place à une prudence accrue.


J'ai vite appris que Tommy n'aimait pas la compagnie. Dès que ma mère donnait ses cours de yoga, Tommy la tirait dans un coin et lui murmurait quelque chose. Je regardais tout cela en silence. Je voyais ma mère devenir pâle, hochant la tête, lui murmurant un message inconnu. Tommy se tournait ensuite, ce sourire permanent encastré sur son visage et montait à l'étage, jusqu'à ce que le cours soit terminé.


Mes parents dirent à Stephanie ainsi qu'à moi que nous ne devions pas parler de Tommy à nos amis. En dehors de la maison, Tommy ne faisait pas partie de nos vies. Je ne sais pas pourquoi, mes moi et ma sœur obéissions.
Une autre chose que j'ai remarqué, c'est que Tommy ne mangeais jamais. Il s'asseyait à table avec nous mais ne participait jamais au repas. Stephanie lui à demandé une fois s'il avait faim et Tommy se contenta de sourire en silence, caressant sa tête.

"mes moi" Mais plutôt non ?


Tous les soirs, il réunissait notre famille dans le salon et nous donnait une courte leçon sur comment être une bonne personne. Mes parents ne parlaient jamais durant ces discussions, ils s'asseyaient à nos cotés et hochaient simplement. Tommy nous disait de ne pas se moquer des autres, d'aimer nos amis et nos ennemis, ainsi que de toujours aider ceux dans le besoin. Il nous disait que c'était pour ça qu'il était ici avec nous. Pour aider mes parents à nous élever. Que nous pouvions lui parler si nous avions un problème à l'école ou que nous ne savions pas comment résoudre certaines situations.

"hochaient simplement" ? Encore une fois, hocher quoi ?


Ça c'est passé comme ça pendant un mois.


Et c'est là que ma mère à craqué.






Août 1989


Mon père venait de rentrer du travail, j'étais assis à la table de la cuisine en faisant mes devoirs. Ma mère cuisinait pour le dîner et Stephanie s’entraînait à danser pour un futur spectacle d'école. Elle allait incarner une ballerine et avait trois semaines pour apprendre quelques pirouettes et vrilles de base. Elle s'était entraînée religieusement au cours des derniers jours, mais n'y arrivait tout simplement pas. Elle était petite, et son tempérament prenait le dessus.


C'est à ce moment que Tommy décida de l'aider.


Il s'était assis sur le canapé pour la regarder quand soudainement, il s'était levé et mis derrière ma sœur, plaçant ses mains sur ses épaules.


« Laisse moi t'aider chérie », gazouilla-t-il, sa voix portée par une note joyeuse. Ma mère se tourna de son plan de travail et je la vit très tendue. Elle n'aimait pas que Tommy nous touche. Elle serra sa cuiller en bois à en faire pâlir son poignet, regardant, alors que Tommy se baissait et collait son corps à celui de Stephanie. Il prit ses mains dans les siennes et guida ses hanches et sa taille, sa joue doucement pressée contre celle de ma sœur.

Il tient ses mains du coup j'ai un peu de mal à voir comment il peut guider ses hanches et sa taille...

« Tommy, laisse la se débrouiller toute seule », lança ma mère, la voix tremblante.


Tommy ne la regarda même pas, continuant de guider ma sœur. J'entendais mon père descendre les escaliers, à peine débarqué d'une journée de travail au bureau.

Il descend les escaliers ? Alors qu'il vient de rentrer ? C'est un peu surprenant mais pourquoi pas.

Tommy fit tourner ma sœur et pour la première fois, elle réussit parfaitement la vrille, ses petits pieds guidant son corps en un cercle complet, parfaitement exécuté. Tommy applaudit et se pencha pour embrasser Stephanie sur la joue.


« Bonne petite ! »


« NE FAIS PAS ÇA ! », hurla ma mère, lâchant la cuiller, son visage devenant livide. Je sursautais de ma chaise en déglutissant. Je ne comprenais pas pourquoi ma mère était si contrariée. Il était juste en train de l'aider.
Je savais aussi, au fond, que c'était une mauvaise idée de crier sur le nouveau membre de notre famille. C'était mon instinct d'enfant, venant du plus profond de mes tripes, un simple avertissement qui résonnait dans ma tête.


Tommy se leva, « Hehehehehe ».


Mon père se tenait dans les escaliers à présent, immobile, peu sûr de savoir quoi dire de cette confrontation.


« Megan, qu'est ce qui ne va pas ? » demanda-t-il.


Elle ne quittait pas Tommy des yeux. « Spence, je ne peux plus. Je ne peux plus faire comme si tout allait bien. Nous savons bien quel genre de monstre il est. Nous savons ce qu'il à fait à notre ville il y à toutes ces années. Je veux qu'il s'en aille. »


Les yeux de mon père s'ouvrirent, la panique marquant son visage, « Megan ! » lança-t-il, la voix chevrotante, son regard se précipitant sur chaque personne présente dans le salon. « Ne soit pas si rude ! Tommy nous à beaucoup aidé ! »


Ma mère grinça des dents, « Arrête ça. Arrête de faire comme si on voulait qu'il reste. Je ne peux plus voir ça. Je veux QU'IL SORTE ! »


Tommy marcha vers la cuisine, très lentement, et se tint droit devant ma mère. Il la regardait d'en haut, ses yeux bleus immaculés brillant comme des lunes de cristal.


Sa voix était comme de la soie glacée, « Megan, pourrais-tu venir dans la cave avec moi ? Je dois te parler. »

De la soie glacée ? On parlera sans doute plus de velours...


Ma mère recula, « Éloigne toi de moi. Éloigne toi de ma famille ! Tu n'est plus le bienvenue ici ! » Elle se tourna vers mon père, le regard rempli de désespoir, « Spence, FAIS QUELQUE CHOSE ! »


Mon père leva les mains dans un geste d'impuissance. Je pouvais voir qu'il était terrifié. Stephanie regardait depuis le salon, la lèvre tremblante, ses yeux s'humectant. Je voulut aller la réconforter mais je me sentais comme collé à ma chaise.


« Allez Megan, juste un instant. »


« Va te faire foutre. », cracha ma mère. Je déglutit, la boule au ventre. Je n'avais jamais entendu ma mère jurer avant, et cela m'effraya puissament.


Soudain, Tommy agrippa ma mère par la nuque, son sourire ne s'effaçant pas, et la balança sur la porte de la cave.


« Spence ARRÊTE LE ! AIDE MOI ! », hurla ma mère, impuissante face à la poigne de fer de Tommy.


Tommy lança à mon père un regard qui le fit geler sur place.


« J-Je suis désolé Megan...N...Nous devons faire ce qu'il dit ! » cria-t-il. Stephanie pleurait, ses mains sur son visage, les larmes coulant sur ses joues. J'étais malade de voir Tommy ouvrir la porte de la cave et entraîner ma mère dans les ténèbres.


La porte claque derrière eux.


Pendant quelques minutes, le silence... Jusqu'à ce que les cris commencent.


Je n'avais jamais entendu ma mère crier ainsi avant... Et ce son cassa quelque chose en moi. Mon père courut dans la cuisine et nous attrapa moi et ma sœur dans ses bras. Il monta les escaliers en sprintant, allant vers sa chambre, nous jetant sur le lit. Nous sommes restés collés ainsi pendant des heures, sans que personne ne lâche un mot.


Ma mère continuait de crier.


Enfin, un long moment après le coucher du soleil, nous entendions la porte de la cave s'ouvrir.


« Maman dort dans la cave ce soir ! », appela Tommy.






Mars 1991


Deux ans passèrent. Après cette nuit ma mère n'a plus jamais remis en question Tommy ou résisté. Quand elle est sortie de la cave le matin suivant, je m'attendais à la voir couverte de bleus et de sang. Mais je n'ai vu aucun signe de violence visible.


J'étais trop jeune pour comprendre ce qui était arrivé, pourquoi ma mère boitait à présent, et boiterait pour le reste de sa vie. Elle n'adressa pas la parole à mon père pendant un mois et tout juste quelques mots après. Je remarquais que mon père pleurait beaucoup pendant ces deux ans. Je ne comprenais pas ce qui arrivait à ma famille, mais je me taisais et j'obéissais aux règles.


Écoute Tommy. Ne parle pas aux autres à propos de Tommy.


La situation se calma pendant ces deux ans. Tommy nous donnait encore des leçons de vie et restait un membre de notre famille. Personne à part notre famille ne savait que Tommy vivait chez nous. C'était notre secret, l'étoile sombre qui flottait au dessus de nos têtes. J'ai appris à sourire quand Tommy était proche, tout comme ma sœur. S'il croyait que nous étions heureux, il était plus détendu.


Mais cette nuit où ma mère l'à défié... Quelque chose à changé. Une fois tous les deux mois, Tommy affirmait son autorité sur mes parents. Il les testais,voyant où allait lâcher leur patience et leurs nerfs.


La plupart du temps, ma mère et mon père se soumettaient humblement à la moindre torture mentale qu'il voulait leur infliger. En général, il faisait ou disait quelque chose à Stephanie ou à moi. Ça me mettait toujours mal à l'aise. Parfois, il nous faisait s'asseoir sur ses genoux pendant qu'il caressait nos têtes. Parfois, il chantait d'étranges choses à ma sœur à propos de l'amour. Et parfois, il nous faisait prendre un bain ensemble pendant qu'il regardait.


Je tentais toujours de paraître courageux face à ces épreuves. Stephanie était encore jeune et n'était pas aussi gênée que je l'étais. C'était dérangeant et je regardais souvent mes parents pour qu'ils m'aident. Ils se contentaient de hocher la tête de leur visage, devenu pâle, me forçant a continuer l'activité qui m'était imposée.


C'était au début de l'année 1991, quand la prochaine chose atroce arriva à ma famille.
Tommy avait poussé les limites encore une fois.


Je me frottais les yeux pour chasser le sommeil en regardant mon réveil sur le mur. Les aiguilles phosphorescentes indiquaient deux heures du matin. J'entendais quelque chose dans le couloir en face de ma chambre. On aurait dit quelqu'un qui pleurait.


Où était Tommy ?


Je regardais les coins sombres de ma chambre pour m'assurer qu'il n'était pas là, à me regarder dormir. Quand je fût assuré qu'il n'était pas là, j'enlevais mes couvertures et glissait hors du lit. Je me faufilait vers la porte et regardait dans l'obscurité.


Je pouvais distinguer une silhouette assise sur le sol en face de la porte menant à la chambre de ma sœur, fermée. La silhouette de quelqu'un. Je plissais les yeux dans le noir et me rendais compte que c'était mon père, les mains recouvrant son visage. Il sanglotait, dos au mur.


« Papa? », murmurait-je.


Mon père me regarda et me poussa à l'intérieur de ma chambre. Je restais debout alors que mes yeux s'adaptaient au noir. Le visage de mon père n'était qu'un fatras d'ecchymoses et de sang.


« Retourne au lit, Matt, je t'en prie », sanglota-t-il.


Je faisais un pas hésitant vers le couloir, « Papa, qu'est ce qui est arrivé à ton visage ? Qu'est ce qu'il se passe ? Tommy t'a fait ça ?


Les yeux de mon père s’écarquillèrent et il me fit taire, « Non non, bien sûr que non ! Ne dit pas de choses pareilles. Tommy est... Il est là pour nous aider à être une meilleure famille »


Je m'approchais de mon père et m'immobilisait en passant devant la chambre de ma sœur. Je pouvais entendre des cris étouffés. Je pouvais entendre la terreur.


« Papa... »,murmurait-je, pointant la porte du doigt, « Qu'est ce qui ne va pas avec Steph ? »


Mon père essuya un filet de sang de ses lèvres, les yeux humides, l'angoisse déformant ses traits, « Viens ici Matt »


Je me faufilais dans se bras ouverts alors que j'entendais quelque chose cogner lourdement contre le mur de la chambre de ma sœur. Je sursautais et mon père m'entoura contre son torse. Je pouvais sentir des larmes couler sur mon crâne alors qu'il combattait l’anéantissent.

"se bras" petite faute ici


« Tommy est là dedans, pas vrai ? », disait-je discrétement.


« Oui fiston », renifla mon père.


Je regardais son visage ensanglanté, « Tu as fait quoi papa ? »


Mon père essaya de sourire mais son visage refusa de coopérer, « Il... Il voulait faire quelque chose à ta sœur, quelque chose qui ne me plaisait pas. Je lui ai dit non. »


Pendant qu'il parlait, je pouvais entendre ma mère pleurer depuis sa chambre.


Mon père attrapa mon menton , « On ne peut pas dire non à Tommy, tu m'entends ? Souvient t'en. »


Ma sœur cria depuis sa chambre, un cri perçant qui secoua mon âme. J'agrippais le bras de mon père.


« Pourquoi il est là ? », susurrai-je, « Pourquoi il ne s'en va pas ? »


Mon père fût silencieux pendant un moment et il porta sa bouche à mon oreille, « Écoute moi bien Matt. C'est très important. Quand tu seras grand, ne fais pas d'enfants. Il suit ceux qui ont des enfants. »


Je tremblais dans les bras de mon père en entendant quelque chose être traîné sur le plancher de l'autre coté du mur.


Mon père serra les dents, faisant couler plus de larmes, « On ne sait pas qui il est ou ce qu'il est. Il est venu dans notre ville quand nous étions des petits garçons ou des petites filles, comme toi et Stephanie. Ta mère et moi vivions à deux pâtés de maisons. Tommy a infesté notre rue. Je ne sais pas comment. Il était... Partout.. Toujours... Il était chez moi, mais aussi à travers la rue, et chez ta mère... Tout ça en même temps. Je ne sais pas ce qu'il veux, ou quel est son but. Il est juste arrivé un jour. Il est arrivé et ne voulait plus partir. Dieu sait que mon père à voulu le faire partir. »


« C'est comme ça que papy est mort ? », demandais-je. Je n'avais jamais connu mon grand-père ? Je savais juste qu'il était mort longtemps avant ma naissance.

C'est un fait, du coup je ne comprends pas trop la présence du point d'interrogation après "grand-père"

Mon père hocha, « Oui Matt. Tommy... Tommy à dû lui donner une leçon. Il à dû donner une leçon à tout le quartier. Après ça... Après ça... »


« Pourquoi... Tu le tues pas ? »demandais-je, toujours aussi doucement.


Mon père amena sa bouche plus prés de mon oreille, sa voix était à peine audible, « Nous avons essayé. Nous l'avons brûlé, nous lui avons tiré dessus, nous l'avons coupé en morceaux... Mais ça n'a jamais marché... Il revenait toujours, en frappant à la porte. Et quelqu'une devait payer. Quelqu'un devait toujours payer. Si nous ne suivions pas les règles...Quelqu'un... Devait...Payer. Tommy était notre secret. Il était notre monstre invisible, caché du reste du monde. Nous avons caché les morts... Nous nous sommes tus pour ses méfaits... Parce que nous savions que... Si qui que ce soit disait quoi que ce soit, Tommy ferait du mal à celui qui devait subir sa punition »


Je digérais tout ça avec la compréhension d'un enfant de huit ans et la seule chose que j'étais capable de dire était : « Quand est-ce-qu'il va s'en aller ? »


Mon père embrassa mon front, « Dans trois ans... »


La porte de la chambre s'ouvrit soudainement, faisant sursauter mon père qui me fit tomber hors de ses bras. Tommy se tenait dans les ténèbres, son visage toujours identique, à part qu'il respirait lourdement. Son visage tel du plastique me terrifia, ses deux yeux bleus brillant dans le noir.


Tommy pointa du pouce derrière lui, vers la chambre devenue silencieuse, « Elle va dormir comme un loir cette nuit. »






Septembre 1993
On avait encore une année à tenir. Une année encore. Je pouvais presque voir le désespoir grandir dans les yeux de mes parents chaque jour, priant que le calendrier avance. Nous étions presque sortis du cauchemar.


J'ai beaucoup pensé à ce que mon père m'a dit lors de cette horrible nuit dans le couloir. Je pensais à ce qu'il avait du subir quand il était enfant. Ce qu'il à du vivre. Je me demandais à quel point les choses avaient mal tournées pour que Tommy tue mon grand-père. J'ai réalisé malgré toutes les choses horribles que Tommy faisait, que la soumission de mon père nous maintenait en vie. Son silence agonisant maintenait le courroux de Tommy à distance.


Avec du recul... Je ne peux pas m'imaginer la torture mentale qu'il à dû subir pendant ces cinq années.


Stephanie ne parlait plus autant depuis cette nuit de Mars. J'ai remarqué que son caractère charismatique à changé drastiquement et soudainement, elle était devenue une enfant sans sourire, silencieuse. Je ne pense pas qu'elle ait compris ce qui lui est arrivé et alors qu'elle grandissait, je pense que son esprit à doucement bâti un mur, bloquant cette nuit loin de ses pensées.


Ma mère et mon père semblaient être encore plus soumis durant cette dernière année. Ils se lançaient dans les leçons du soir de Tommy avec un enthousiasme nouveau, et ma mère essayait désespérément de faire en sorte que moi et Stephanie réagissions de manière à satisfaire Tommy.


Mais je n'en suis pas sorti indemne.


Tommy faisait en sorte de laisser sa marque sur toute notre famille.




J'étais assis dans ma chambre, la porte fermée. Le dîner était bientôt prêt et tout le monde était en bas pour se préparer. Je pouvais entendre Tommy rire depuis le salon.


Je regardais le magazine qu'un de mes amis à l'école m'avait donné. C'était un Playboy. Nous avions regardé les pages a l'école, ricanant en reluquant les femmes nues répandues à travers le magazine. Je n'avais jamais rien vu de tel. C'était la première fois que j'étais exposé à ce monde. Ça à fait aller battre mon cœur plus vite que jamais, d'une manière agréable, et je sentais quelque chose de bizarre, mais plaisant, grandir en moi. J'avais demandé à mon ami si je pouvais lui emprunter le magazine et il m'a laissé le prendre.

"ça à fait aller battre" le aller n'a pas grand chose à faire ici...

Je me posais sur mon lit en regardant les photos érotiques. Je ne pouvais pas croire que des femmes s'étaient laissées prendre en photo comme ça. Je sentais quelque chose bouger au niveau de mon entrejambe alors que je tournais les pages. Mon cœur battait la chamade et j'avais chaud, mes joues devenant rouge pivoine.


J'étais à la dernière page quand j'entendis quelque chose dans l'encadrement de ma porte.


« Qu'est ce que t'as là, Matt ? »


Je sursautais, laissant tomber le magazine par terre. Tommy me regardait depuis la porte. Je ne l'avait même pas entendu ouvrir.


« R-Rien ! », marmonnais-je, agrippant le Playboy et l'enfouissant sous mon coussin.


Tommy avança jusqu'à moi, « Hehehehehehe »
« J-Je t'ai pas entendu entrer », dis-je en rougissant.


Tommy passa la main sous mon oreiller et en sortit le magazine, « C'est pas bien de mentir. Je te l'ai dit. Pourquoi me mens tu Matt ? »


Je déglutit difficilement, mon cœur tapant contre ma cage thoracique, « J-Je suis désolé... Je... Euh... », je lâchais l'affaire alors que Tommy parcourait les pages.


Il me jeta un regard, « Tu aimes ça ? »


Je savais que je ne pouvais pas lui mentir de nouveau. Je hochais la tête en baissant les yeux, mon visage devenant rougissant.


Tommy sourit et s'assit à coté de moi, sur mon lit, une de ses mains sur mon genou, « Est-ce-que ces images te font... Du bien ? »


Je faisais oui de la tête de nouveau, sans le regarder.


Soudain, Tommy glissa sa main vers mon entrejambe, la pinçant doucement, « Ça te fait du bien ici, Matt ? »


Je sursautais, son geste m'effrayant. Il enleva sa main et ricana, ce qui lui servait de dents étincelait.


Tommy posa la magazine, posant ses doigts sur mon menton «  Tu sais comment on fait pour se masturber Matt ? Ton père t'as expliqué ? »


Ma respiration se faisait par saccades, sa main lisse et froide contre mon visage. Je ne savais pas de quoi il me parlait ou ce qu'il voulait que je réponde. Je me contentait de le fixer de mes yeux impuissants.


Tommy soupira, « C'est sûrement mieux ainsi. C'est une discussion sensible que je devrais avoir avec toi. Tu as dix ans, non ? »


Je répondais par l'affirmative, paralysé.


Tommy refit son geste indécent. « Tu veux que je te montre ? »


Je frissonnais sous sa poigne, « N-Non Tommy, merci... »


Tommy sourit doucement, « C'est normal d'avoir peur. Grandir ça fait peur. Tu vas être un jeune homme si séduisant. » Il caressa ma joue avec son autre main. « Tu as déjà embrassé ? »


« T-Tommy, je t'en prie... », sanglotait-je sentant des larmes se formant sous mes yeux.


Tommy me poussa contre le lit et je me retrouvais donc en train de le fixer alors qu'il prenait ma tête dans sa main, « Tu n'a pas à avoir peur de grandir. Plein de belles choses vont t'arriver. Et puis... Quand tu auras des enfants, je viendrais t'aider à les élever. Ce sera...Amusant. »


« L-Laisse moi partir... », priait-je, pleurant ouvertement à présent, son souffle chaud sur mon visage.


Tout d'un coup, Tommy se pencha pour m'embrasser. Je lâchais un couinement de panique alors que je sentais un goût de fruit pourri et de viande faisandée, un goût de saleté envahir ma bouche.


Il recula et me murmura, « Tu ne va pas t'exciter pour moi ? »


Je continuais de pleurer, mes yeux écarquillés par la panique et le choc.

Tommy sourit et murmura, « Ça ne fait rien. »


Il se releva en me lâchant. « Allez. Le dîner est prêt. »


Tremblant, je séchais mes larmes en le suivant. Je n'avais plus faim.





Juillet 1994


Alors que les jours avançaient et s'approchaient du mois de juillet, ma famille développa un optimisme silencieux, une prière désespérée pour que tout s'arrête. Pour que notre souffrance s'en aille. Ma mère et mon père faisaient de leur mieux pour qu'il n'y ait pas de punition supplémentaire. Ils s'inclinaient devant Tommy, priant, les dents serrées, pour que nous atteignions le mois de Juillet sans autre incident.


Et le 3 Juillet, nous nous somme levés pour nous rendre compte que Tommy Taffy avait disparu. Cinq ans au jour près. Nous n'arrivions pas à y croire. Il s'était vaporisé dans la nuit. Nous avons fouillé toute la maison, ma mère lâchant des larmes de joie en se voyant que le cauchemar était enfin terminé. Après avoir passé la maison au peigne fin trois fois de suite, nous nous retrouvions dans le salon, accolés les uns aux autres comme une famille.


Tommy était parti.


La sentence était terminée.


Mon père à pris des congés et nous sommes partis deux semaines à la mer. Pendant ces deux semaines, je m'attendais encore à me réveiller pour voir Tommy sur moi, ce sourire atroce dessiné sur son visage. Mais il n'était pas là.


Tout était fini.


Mes parents ont fait de leur mieux pour reconstruire notre famille, réparer les cassures qui s'étaient faites pendant ces longues années. Et je les aime tendrement pour ça. Mais certains monstres ne sont jamais oubliés.


Je ne sais pas ce qu'était Tommy Taffy ou d'où il venait. Je pense que je ne le saurais jamais. Quel était son but ? Pourquoi nous-a-t-il fait toutes ces horribles choses ? Je passe en revue les réponses possibles jusqu'à ce que je craque et que je me retrouve en train de pleurer, les souvenirs trop rudes pour être remis sur la table. Certaines choses sont mieux laissées mortes et enterrées.


Mais je n'ai pas oublié ce que mon père m'as dit dans le couloir lors de cette atroce nuit devant la chambre de ma sœur.


J'ai 33 ans désormais et je suis resté célibataire et sans enfants. Je ne peux pas prendre ce risque. Je ne peux pas risquer que ce monstre revienne dans ma vie. Je n'ai jamais compris le choix qu'avaient fait mes parents d'avoir des enfants. Ils ont été tous les deux exposés à Tommy durant leur enfance... Alors pourquoi Stephanie et moi ? Peut-être croyaient-ils qu'il ne reviendrait pas.


Mais j'y crois. Et je suis terrorisé.


Parce que voyez vous... Hier ma sœur à donné naissance à des jumeaux.
Le texte n'a pas d'incohérence majeur en soit, c'est plus les formulation le soucis du coup j'ai préféré quote pour que ça soit plus clair. Il manque le lien de la traduction du coup il est possible que certain de mes points ne soit pas pertinents.

Moyen de transmission : témoignage

Sentiments éveillés : c'est glauque mais j'ai un peu un goût de "tout ça pour ça"...

Style/lisibilité : voir spoiler, sinon c'est sympa à lire, j'ai un doute parfois pour la concordance des temps mais c'est tout.

Intérêt : bon, il manque la suite du coup c'est pas évident de voter en l'état. Les événements en eux même font que le texte est glauque/malsain mais j'accroche pas trop. Le contexte et le personnage de Tommy sonne un peu comme un prétexte à tout ça du coup ça fait faux. On parle d"un quartier entier, de morts assez nombreux et paf les gentils voisins arrivent à dissimuler les morts et à laisser leurs gosses se faire traumatiser c'est un peu particulier. Le personne de Tommy en lui-même est assez dérangeant mais là aussi on reste un peu sur notre faim, pourquoi cinq ans, pourquoi cette famille, ce quartier en particulier, l'apparence est également assez surjoué en mon sens. Pour moi ça ne s'ancre pas assez dans la réalité pour que ça passe en tant que creepypasta, je vois plus ça sur le Necro. Du coup ça sera un contre désolée.


Pour pour le Nécro
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She was not fragile like a flower, she was fragile like a bomb.


Last edited by Lalya on Tue 12 Jun 2018 - 18:44; edited 1 time in total
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PostPosted: Sun 4 Feb 2018 - 22:46    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Si tu traduis, mets la pasta originale, parce que là on peut pas juger de la traduction.

Cohérence : Le seul truc qui m'a vraiment marqué, c'est pourquoi la mère boite alors qu'elle a ni bleus ni rien, si on lui a cassé la jambe elle aurait obligatoirement des marques (et même si elle s'est fait baisé toute la nuit, c'est une expression dire "tu vas boiter tellement je vais te démonter"). Et aussi pourquoi il s'inquiète que Tommy revienne, c'est sa soeur qui a eu des jumeaux, pas lui, donc il craint rien.

Sentiments Éveillés : Rien, les fautes et tournures bizarres m'ont totalement détaché de l'histoire.

Moyen de Transmission : Aucun

Style/Lisibilité : Trop de sauts de lignes, de fautes, et de tournures mal faites, c'est totalement à revoir (sans avoir vu l'originale, il doit y avoir des fautes de traduction, parce que certaines phrases n'ont aucun sens en français, comme les "hochais", en anglais ça peut se dire mais en français on précise ce qu'on hoche).

Intérêt : L'histoire est pas trop wow à mon goût, mais ça peut aller, par contre faut absolument corriger, sinon ça passera jamais.

Contre
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Foxideo
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PostPosted: Sun 4 Feb 2018 - 23:19    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Ayant terminé à 8h du mat', j'ai omis d'ajouter le lien de l'histoire originale, par étourderie et à cause de la fatigue et ainsi je m'en excuse.Avec du recul, je suis parfaitement conscient des fautes de ma traduction, ayant voulu laisser la forme originale du récit intacte et je me rends compte que j'aurais certainement dû traduire dans un meilleur etat, la fatigue m'ayant fait faire n'importe quoi (je m'en rends compte en me relisant ^^'). Le tout fait partie d'une "saga" en 4 histoires. Voici le lien de l'original : http://www.google.fr/amp/s/amp.reddit.com/r/nosleep/comments/51bnu3/third_parent/
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Daemoniack
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PostPosted: Mon 5 Feb 2018 - 13:32    Post subject: Re: Le Troisième Parent Reply with quote

Foxideo wrote:
Mon nom est Matt et mon enfance ne fût pas normale. Pas en un seul sens de ce mot. Quelque chose est arrivé à ma famille, une chose qui est presque impossible à comprendre. Mais je vais faire de mon mieux pour raconter ces cinq ans. Cinq ans de ma vie que j'ai passé dans la terreur. Cinq ans dans lesquels nous avons tous vécus dans la peur. C ans que nous ne pourrons jamais rattraper.


Mon père, Spence, n’était pas un homme très fort, que ce soit physiquement ou mentalement. Il était le type de père qui laissait souvent ma mère parler en leur nom. Bon, il n’était pas non plus complètement un froussard, mais il se contentait souvent de se laisser porter par le courant plutôt que de l’altérer. Il travaillait dur et dédiait son temps libre à nous, sa famille. Il s'assurait de satisfaire nos besoins, sa douceur assurait les fondations de notre famille.


Ma mère, Megan, était la cheffe de notre famille. Elle était franche, indépendante, et extrêmement loyale. Elle aimait les manières discrètes de mon père et même à un jeune âge, je pouvais voir la forte osmose qui les unissait.


Ma petite sœur, Stephanie, était ma cadette d'un an. Elle me respectait grandement et mon père me disait toujours que j'avais la responsabilité de veiller sur elle. Nous nous entendions du mieux que l'on pouvait, et j'avais beau lui montrer de l'adversité fraternelle en toutes sortes, je l'aimait.


Nous vivions dans un communauté de classe moyenne de banlieue, une vraie photo d'archive du Rêve Américain. Mon père travaillait respectablement neuf heures par jour pendant que ma mère donnait des cours de yoga hors de la maison. C'était une vie agréable, organisée et structurée. Tout était soumis au débat, considéré et accompli comme une famille. C'était une bonne maison pour grandir.


Mais ça c'était avant qu'il vienne.


C'était avant Le Troisiéme Parent.






Juillet 1989


J'étais assis à table, attendant que mon père finisse de cuisiner. C'était son tour de faire à manger ce soir, et mon estomac gargouillait en attendant son poulet au romarin. Ma sœur, Stephanie, était allongée sur le ventre dans le salon et coloriait. Ses cheveux blonds dorés tombaient sur ses épaules, ondulant comme des vagues alors qu'elle me regardait en souriant. Elle me montra le produit de ses efforts alors que je hochait, pas du tout impressionné.


Elle me fit une grimace et continua de dessiner. Ma mère entra dans la cuisine, mettant ses cheveux en arrière par dessus son visage, fraîchement sorti de la douche.


« Tout le monde est parti ? » demanda mon père depuis son plan de travail.


Ma mère hocha la tête, « Oui Spence, la maison est de nouveau pour nous. Enseigner le yoga dans la cave était vraiment une bonne idée, il y fait tellement plus frais. Je suis contente que nous ayons fini d'aménager la cave pendant l'hiver. Mes clients apprécient aussi. Le soleil cogne dur dehors. »


« Maman, tu peux t'asseoir pour qu'on puisse manger ? » demandais-je de ma place à table. Ma mère se retourna et se mit a rire.


« Matt, le garçon de six ans le plus affamé de ce côté du Mississippi. Pourquoi tu ne demandes pas à ton père de s'activer, c'est lui qui cuisine ! »
J'appuyais mon front sur le bord de la table, « Papaaaaaaaaa, J'vais mourir de faim. »


Stephanie leva les yeux de son cahier de coloriage, « Matt, dit pas de choses folles « 


« C'est toi qui est folle » murmurait-je, ne la regardant même pas.


Elle me fit une grimace, en me tirant la langue.


« D'accord, d'accord »,dit mon père en se retournant du plan de travail.


« Viens t'asseoir Steph, c'est prêt ! » ordonnait-je à ma sœur, la vue de la viande assaisonnée me faisant saliver.


Alors qu'elle se levait et que ma mère prenait place à côté de moi, nous nous immobilisions tous en entendant quelqu'un frapper à la porte d'entrée. Ma mère et mon père s'échangeaient un regard perplexe. Mon père plaça le repas sur la table et nous dit d'attendre un instant.


Grommelant, je le regardais marcher jusqu'au seuil de la porte. Il regarda à travers le trou de la serrure, il était visiblement tendu, son corps devenant raide comme le ciment d'une statue.


« Spence, qui-est-ce ? » demanda ma mère.


Mon père se tourna lentement vers nous, son sang circulant hors de son visage. Ses yeux étaient grands ouverts, et je vit la peur dilater ses pupilles. Ses lèvres tremblaient alors qu'il jeta un regard à moi et à Stephanie.


« Spence ! », insista ma mère, son visage se contorsionnant d'anxiété.


« Non... Ça ne peux pas arriver... Pas encore... », murmurait mon père, le regard perdu dans le vide.


La porte fut secouée alors qu'une autre série de coups faisaient écho dans toute la maison.


Ma mère se leva, sa voix se cassant dans une terreur contagieuse « Spence, qui-est-ce ?! Qu'est ce qu'il se passe ? »


« Je suis tellement désolé... », marmonna mon père alors qu'il empoignait son estomac, le visage blanc comme un linge, « Je dois le laisser entrer ».


Avant que l'un d'entre nous puisse dire quoi que ce soit, mon père se tourna et ouvrit la porte. Le soleil couchant m'aveuglant alors que je plissais les yeux pour voir qui était le visiteur impromptu »


« Salut ! Je suis Tommy Taffy ! C'est bon de te revoir Spence ! »


Je regardais la scène alors que mon père reculait lentement du seuil de la porte. Un homme entra dans la maison, la porte se fermant derrière lui.


Mon jeune cerveau essayait de trouver un sens à ce que je voyais, mais même à ce jeune âge, je me savais que quelque chose ne tournait pas rond avec ce visiteur inattendu.


Il faisait à peu près 1m90 et arborait une touffe de cheveux dorés coupés courts autour de son crâne. Il portait un short kaki et un T-shirt blanc où était marqué un « SALUT ! » imprimé en police enfantine rouge.
Mais ce n'est pas ce qui me sauta aux yeux. C'était sa peau...Elle était complètement dépourvue de pores, une texture crémeuse, parfaitement lisse qui ressemblait presque à du plastique souple. Son visage était une marre de rose doux, sa bouche était une un incision entre ses joues, révélant des dents blanches... Mais ce n'étaient pas des dents. C'était juste une rangée lisse, sans bords, comme s'il portait un protège-dents. Son nez n'était qu'un relief de sa peau, dépourvu de narines, comme une poupée.


Et ses yeux...


Ces yeux étaient des flaques de bleu étincelant, brillantes au milieu de son sinistre visage, sans aucun défaut. Ils étaient larges, comme s'il était dans un état constant de stupéfaction et ils fixaient la pièce, bougeant dans un mouvement rapide, discordant.


Son sourire s'élargit et il nous salua d'un geste parfait de la main, « Salut ! Je suis Tommy Taffy ! Enchanté ! »


Je remarquais qu'il n'avait pas d'ongles, ou même de défauts de peau. Pas de grains de beauté ou de marques, rien. Il était comme une poupée vivante, parlante, de taille humaine.


« Spence », croassa ma mère, la terreur brillant dans ses yeux.


« Tout va bien se passer, Megan », dit mon père, la voix tremblotante. « Soyons polis envers notre nouvel invité, d'accord ? »


L'homme, Tommy, pencha sa tête vers mon père, « Hehehehehe. »


Mon père recula d'un pas, levant ses mains, « J-Je veux dire notre nouvel ami ! »


Le sourire gelé ne quitta jamais le visage de Tommy, comme sorti d'un moule. « Hehehehehe. » Il n'y avait aucun humour dans ce rire étrange. On aurait dit qu'il se raclait la gorge ou qu'il imitait quelqu'un qui gloussait. C'était trop prononcé, chaque syllabe sonnant trop intentionnelle.


Mon père se forçait à afficher un sourire « J-Je veux dire... » Il regarda ma mère d'un air désespéré. Cette dernière ne lui offrant aucune aide, son corps gelé dans un effroi absolu.


« Je voulais dire : Votre nouveau parent, les enfants ! »


Stephanie, qui se tenait à coté de ma mère, fronça les sourcils, « C'est pas notre papa, c'est toi. Et pourquoi il est aussi bizarre ?! »


« Stephanie ! », siffla ma mère, attrapant son épaule.


Tommy ria et avança pour se baisser devant Stephanie, « Ce n'est pas gentil de se moquer des gens différents, si ? »


Ma sœur baissa le regard, toute rouge.


Tommy caressa ses cheveux, « Ça fait rien ! Sourit, petite !  On va très bien s'entendre ! Je vais aider tes parents a vous élever ! C'est un gros boulot d'être une maman et un papa ! Parfois, papa et maman ont besoin d'aide ! »


Tommy se tourna vers mes parents, ce sourire permanent de plastique étiré sur son visage, « J'ai aidé leurs papa et maman à les élever ! Pas vrai Spence ? Megan ? »


Megan fit bouger Stephanie alors que mon père hochait la tête nerveusement.


« C-C'est vrai les enfants, il l'a fait ! »


Tommy sourit et se tourna vers moi. J'étais encore assis à table, regardant cette étrange scène. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je ne savais pas qui était cet homme a l'apparence si bizarre ou ce qu'il voulait. Ce qu'il disait n'avait pas de sens, mais mes parents avaient l'air de le connaître, je gardais donc mes spéculations pour moi.


« Et tu doit être Matt », dit Tommy, avançant vers moi.


Je ne le regardais pas, gardant mes yeux rivés sur mon assiette vide. Je n'avais plus faim. Je pouvais sentir l'homme étrange près de moi, sa présence me faisant tourner la tête. Mes lèvres tremblaient et mon cœur commençait a battre rapidement. Je n'aimais pas cet intrus. Il m'avait l'air dangereux.


Tommy se mit derrière moi, gloussant, ses mains glissant sur mes maigres épaules. « Oh, on dirait que nous avons un timide. Ça ne fait rien. Je l'aiderais pour ça » , lança-t-il à mes parents. Ses doigts creusaient dans ma peau, me faisant grimacer, mais je gardais ma bouche fermée.


« Ne le touche pas » feula ma mère, ses yeux désormais larges.


Tommy la regarda, sa bouche élargie, « Hehehehehe. »


Mon père leva la main, alarmé, « Euh, ne soit pas si dure Megan ! »


Tommy continua de fixer ma mère, qui baissa nerveusement les yeux.


« Tu restes pour le dîner ? », demanda Stephanie, brisant le silence tendu.


L'homme-poupée lâcha mes épaules, une de ses mains parcourant ma joue, puis mes cheveux, « Oh oui. Je vais rester ici pour un bon moment. »






Et c'est comme ça que Tommy Taffy entra dans nos vies. A seulement six ans, je ne connaissais meilleure solution que de demander sérieusement ce qu'il se passait. Même si mes parents avaient réagi de manière troublée à son arrivée, leur assurance constante pour nous faire croire qu'il s'agissait d'un ami poussa mes soupçons hors de mes pensées. A mesure que les jours se transformaient en semaines, je m'habituais à la présence de Tommy dans notre maison. Ma peur initiale laissant place à une prudence accrue.


J'ai vite appris que Tommy n'aimait pas la compagnie. Dès que ma mère donnait ses cours de yoga, Tommy la tirait dans un coin et lui murmurait quelque chose. Je regardais tout cela en silence. Je voyais ma mère devenir pâle, hochant la tête, lui murmurant un message inconnu. Tommy se tournait ensuite, ce sourire permanent encastré sur son visage et montait à l'étage, jusqu'à ce que le cours soit terminé.


Mes parents dirent à Stephanie ainsi qu'à moi que nous ne devions pas parler de Tommy à nos amis. En dehors de la maison, Tommy ne faisait pas partie de nos vies. Je ne sais pas pourquoi, mes moi et ma sœur obéissions.
Une autre chose que j'ai remarqué, c'est que Tommy ne mangeais jamais. Il s'asseyait à table avec nous mais ne participait jamais au repas. Stephanie lui à demandé une fois s'il avait faim et Tommy se contenta de sourire en silence, caressant sa tête.


Tous les soirs, il réunissait notre famille dans le salon et nous donnait une courte leçon sur comment être une bonne personne. Mes parents ne parlaient jamais durant ces discussions, ils s'asseyaient à nos cotés et hochaient simplement. Tommy nous disait de ne pas se moquer des autres, d'aimer nos amis et nos ennemis, ainsi que de toujours aider ceux dans le besoin. Il nous disait que c'était pour ça qu'il était ici avec nous. Pour aider mes parents à nous élever. Que nous pouvions lui parler si nous avions un problème à l'école ou que nous ne savions pas comment résoudre certaines situations.


Ça c'est passé comme ça pendant un mois.


Et c'est là que ma mère à craqué.






Août 1989


Mon père venait de rentrer du travail, j'étais assis à la table de la cuisine en faisant mes devoirs. Ma mère cuisinait pour le dîner et Stephanie s’entraînait à danser pour un futur spectacle d'école. Elle allait incarner une ballerine et avait trois semaines pour apprendre quelques pirouettes et vrilles de base. Elle s'était entraînée religieusement au cours des derniers jours, mais n'y arrivait tout simplement pas. Elle était petite, et son tempérament prenait le dessus.


C'est à ce moment que Tommy décida de l'aider.


Il s'était assis sur le canapé pour la regarder quand soudainement, il s'était levé et mis derrière ma sœur, plaçant ses mains sur ses épaules.


« Laisse moi t'aider chérie », gazouilla-t-il, sa voix portée par une note joyeuse. Ma mère se tourna de son plan de travail et je la vit très tendue. Elle n'aimait pas que Tommy nous touche. Elle serra sa cuiller en bois à en faire pâlir son poignet, regardant, alors que Tommy se baissait et collait son corps à celui de Stephanie. Il prit ses mains dans les siennes et guida ses hanches et sa taille, sa joue doucement pressée contre celle de ma sœur.


« Tommy, laisse la se débrouiller toute seule », lança ma mère, la voix tremblante.


Tommy ne la regarda même pas, continuant de guider ma sœur. J'entendais mon père descendre les escaliers, à peine débarqué d'une journée de travail au bureau.


Tommy fit tourner ma sœur et pour la première fois, elle réussit parfaitement la vrille, ses petits pieds guidant son corps en un cercle complet, parfaitement exécuté. Tommy applaudit et se pencha pour embrasser Stephanie sur la joue.


« Bonne petite ! »


« NE FAIS PAS ÇA ! », hurla ma mère, lâchant la cuiller, son visage devenant livide. Je sursautais de ma chaise en déglutissant. Je ne comprenais pas pourquoi ma mère était si contrariée. Il était juste en train de l'aider.
Je savais aussi, au fond, que c'était une mauvaise idée de crier sur le nouveau membre de notre famille. C'était mon instinct d'enfant, venant du plus profond de mes tripes, un simple avertissement qui résonnait dans ma tête.


Tommy se leva, « Hehehehehe ».


Mon père se tenait dans les escaliers à présent, immobile, peu sûr de savoir quoi dire de cette confrontation.


« Megan, qu'est ce qui ne va pas ? » demanda-t-il.


Elle ne quittait pas Tommy des yeux. « Spence, je ne peux plus. Je ne peux plus faire comme si tout allait bien. Nous savons bien quel genre de monstre il est. Nous savons ce qu'il à fait à notre ville il y à toutes ces années. Je veux qu'il s'en aille. »


Les yeux de mon père s'ouvrirent, la panique marquant son visage, « Megan ! » lança-t-il, la voix chevrotante, son regard se précipitant sur chaque personne présente dans le salon. « Ne soit pas si rude ! Tommy nous à beaucoup aidé ! »


Ma mère grinça des dents, « Arrête ça. Arrête de faire comme si on voulait qu'il reste. Je ne peux plus voir ça. Je veux QU'IL SORTE ! »


Tommy marcha vers la cuisine, très lentement, et se tint droit devant ma mère. Il la regardait d'en haut, ses yeux bleus immaculés brillant comme des lunes de cristal.


Sa voix était comme de la soie glacée, « Megan, pourrais-tu venir dans la cave avec moi ? Je dois te parler. »


Ma mère recula, « Éloigne toi de moi. Éloigne toi de ma famille ! Tu n'est plus le bienvenue ici ! » Elle se tourna vers mon père, le regard rempli de désespoir, « Spence, FAIS QUELQUE CHOSE ! »


Mon père leva les mains dans un geste d'impuissance. Je pouvais voir qu'il était terrifié. Stephanie regardait depuis le salon, la lèvre tremblante, ses yeux s'humectant. Je voulut aller la réconforter mais je me sentais comme collé à ma chaise.


« Allez Megan, juste un instant. »


« Va te faire foutre. », cracha ma mère. Je déglutit, la boule au ventre. Je n'avais jamais entendu ma mère jurer avant, et cela m'effraya puissament.


Soudain, Tommy agrippa ma mère par la nuque, son sourire ne s'effaçant pas, et la balança sur la porte de la cave.


« Spence ARRÊTE LE ! AIDE MOI ! », hurla ma mère, impuissante face à la poigne de fer de Tommy.


Tommy lança à mon père un regard qui le fit geler sur place.


« J-Je suis désolé Megan...N...Nous devons faire ce qu'il dit ! » cria-t-il. Stephanie pleurait, ses mains sur son visage, les larmes coulant sur ses joues. J'étais malade de voir Tommy ouvrir la porte de la cave et entraîner ma mère dans les ténèbres.


La porte claque derrière eux.


Pendant quelques minutes, le silence... Jusqu'à ce que les cris commencent.


Je n'avais jamais entendu ma mère crier ainsi avant... Et ce son cassa quelque chose en moi. Mon père courut dans la cuisine et nous attrapa moi et ma sœur dans ses bras. Il monta les escaliers en sprintant, allant vers sa chambre, nous jetant sur le lit. Nous sommes restés collés ainsi pendant des heures, sans que personne ne lâche un mot.


Ma mère continuait de crier.


Enfin, un long moment après le coucher du soleil, nous entendions la porte de la cave s'ouvrir.


« Maman dort dans la cave ce soir ! », appela Tommy.






Mars 1991


Deux ans passèrent. Après cette nuit ma mère n'a plus jamais remis en question Tommy ou résisté. Quand elle est sortie de la cave le matin suivant, je m'attendais à la voir couverte de bleus et de sang. Mais je n'ai vu aucun signe de violence visible.


J'étais trop jeune pour comprendre ce qui était arrivé, pourquoi ma mère boitait à présent, et boiterait pour le reste de sa vie. Elle n'adressa pas la parole à mon père pendant un mois et tout juste quelques mots après. Je remarquais que mon père pleurait beaucoup pendant ces deux ans. Je ne comprenais pas ce qui arrivait à ma famille, mais je me taisais et j'obéissais aux règles.


Écoute Tommy. Ne parle pas aux autres à propos de Tommy.


La situation se calma pendant ces deux ans. Tommy nous donnait encore des leçons de vie et restait un membre de notre famille. Personne à part notre famille ne savait que Tommy vivait chez nous. C'était notre secret, l'étoile sombre qui flottait au dessus de nos têtes. J'ai appris à sourire quand Tommy était proche, tout comme ma sœur. S'il croyait que nous étions heureux, il était plus détendu.


Mais cette nuit où ma mère l'à défié... Quelque chose à changé. Une fois tous les deux mois, Tommy affirmait son autorité sur mes parents. Il les testais,voyant où allait lâcher leur patience et leurs nerfs.


La plupart du temps, ma mère et mon père se soumettaient humblement à la moindre torture mentale qu'il voulait leur infliger. En général, il faisait ou disait quelque chose à Stephanie ou à moi. Ça me mettait toujours mal à l'aise. Parfois, il nous faisait s'asseoir sur ses genoux pendant qu'il caressait nos têtes. Parfois, il chantait d'étranges choses à ma sœur à propos de l'amour. Et parfois, il nous faisait prendre un bain ensemble pendant qu'il regardait.


Je tentais toujours de paraître courageux face à ces épreuves. Stephanie était encore jeune et n'était pas aussi gênée que je l'étais. C'était dérangeant et je regardais souvent mes parents pour qu'ils m'aident. Ils se contentaient de hocher la tête de leur visage, devenu pâle, me forçant a continuer l'activité qui m'était imposée.


C'était au début de l'année 1991, quand la prochaine chose atroce arriva à ma famille.
Tommy avait poussé les limites encore une fois.


Je me frottais les yeux pour chasser le sommeil en regardant mon réveil sur le mur. Les aiguilles phosphorescentes indiquaient deux heures du matin. J'entendais quelque chose dans le couloir en face de ma chambre. On aurait dit quelqu'un qui pleurait.


Où était Tommy ?


Je regardais les coins sombres de ma chambre pour m'assurer qu'il n'était pas là, à me regarder dormir. Quand je fût assuré qu'il n'était pas là, j'enlevais mes couvertures et glissait hors du lit. Je me faufilait vers la porte et regardait dans l'obscurité.


Je pouvais distinguer une silhouette assise sur le sol en face de la porte menant à la chambre de ma sœur, fermée. La silhouette de quelqu'un. Je plissais les yeux dans le noir et me rendais compte que c'était mon père, les mains recouvrant son visage. Il sanglotait, dos au mur.


« Papa? », murmurait-je.


Mon père me regarda et me poussa à l'intérieur de ma chambre. Je restais debout alors que mes yeux s'adaptaient au noir. Le visage de mon père n'était qu'un fatras d'ecchymoses et de sang.


« Retourne au lit, Matt, je t'en prie », sanglota-t-il.


Je faisais un pas hésitant vers le couloir, « Papa, qu'est ce qui est arrivé à ton visage ? Qu'est ce qu'il se passe ? Tommy t'a fait ça ?


Les yeux de mon père s’écarquillèrent et il me fit taire, « Non non, bien sûr que non ! Ne dit pas de choses pareilles. Tommy est... Il est là pour nous aider à être une meilleure famille »


Je m'approchais de mon père et m'immobilisait en passant devant la chambre de ma sœur. Je pouvais entendre des cris étouffés. Je pouvais entendre la terreur.


« Papa... »,murmurait-je, pointant la porte du doigt, « Qu'est ce qui ne va pas avec Steph ? »


Mon père essuya un filet de sang de ses lèvres, les yeux humides, l'angoisse déformant ses traits, « Viens ici Matt »


Je me faufilais dans se bras ouverts alors que j'entendais quelque chose cogner lourdement contre le mur de la chambre de ma sœur. Je sursautais et mon père m'entoura contre son torse. Je pouvais sentir des larmes couler sur mon crâne alors qu'il combattait l’anéantissent.


« Tommy est là dedans, pas vrai ? », disait-je discrétement.


« Oui fiston », renifla mon père.


Je regardais son visage ensanglanté, « Tu as fait quoi papa ? »


Mon père essaya de sourire mais son visage refusa de coopérer, « Il... Il voulait faire quelque chose à ta sœur, quelque chose qui ne me plaisait pas. Je lui ai dit non. »


Pendant qu'il parlait, je pouvais entendre ma mère pleurer depuis sa chambre.


Mon père attrapa mon menton , « On ne peut pas dire non à Tommy, tu m'entends ? Souvient t'en. »


Ma sœur cria depuis sa chambre, un cri perçant qui secoua mon âme. J'agrippais le bras de mon père.


« Pourquoi il est là ? », susurrai-je, « Pourquoi il ne s'en va pas ? »


Mon père fût silencieux pendant un moment et il porta sa bouche à mon oreille, « Écoute moi bien Matt. C'est très important. Quand tu seras grand, ne fais pas d'enfants. Il suit ceux qui ont des enfants. »


Je tremblais dans les bras de mon père en entendant quelque chose être traîné sur le plancher de l'autre coté du mur.


Mon père serra les dents, faisant couler plus de larmes, « On ne sait pas qui il est ou ce qu'il est. Il est venu dans notre ville quand nous étions des petits garçons ou des petites filles, comme toi et Stephanie. Ta mère et moi vivions à deux pâtés de maisons. Tommy a infesté notre rue. Je ne sais pas comment. Il était... Partout.. Toujours... Il était chez moi, mais aussi à travers la rue, et chez ta mère... Tout ça en même temps. Je ne sais pas ce qu'il veux, ou quel est son but. Il est juste arrivé un jour. Il est arrivé et ne voulait plus partir. Dieu sait que mon père à voulu le faire partir. »


« C'est comme ça que papy est mort ? », demandais-je. Je n'avais jamais connu mon grand-père ? Je savais juste qu'il était mort longtemps avant ma naissance.


Mon père hocha, « Oui Matt. Tommy... Tommy à dû lui donner une leçon. Il à dû donner une leçon à tout le quartier. Après ça... Après ça... »


« Pourquoi... Tu le tues pas ? »demandais-je, toujours aussi doucement.


Mon père amena sa bouche plus prés de mon oreille, sa voix était à peine audible, « Nous avons essayé. Nous l'avons brûlé, nous lui avons tiré dessus, nous l'avons coupé en morceaux... Mais ça n'a jamais marché... Il revenait toujours, en frappant à la porte. Et quelqu'une devait payer. Quelqu'un devait toujours payer. Si nous ne suivions pas les règles...Quelqu'un... Devait...Payer. Tommy était notre secret. Il était notre monstre invisible, caché du reste du monde. Nous avons caché les morts... Nous nous sommes tus pour ses méfaits... Parce que nous savions que... Si qui que ce soit disait quoi que ce soit, Tommy ferait du mal à celui qui devait subir sa punition »


Je digérais tout ça avec la compréhension d'un enfant de huit ans et la seule chose que j'étais capable de dire était : « Quand est-ce-qu'il va s'en aller ? »


Mon père embrassa mon front, « Dans trois ans... »


La porte de la chambre s'ouvrit soudainement, faisant sursauter mon père qui me fit tomber hors de ses bras. Tommy se tenait dans les ténèbres, son visage toujours identique, à part qu'il respirait lourdement. Son visage tel du plastique me terrifia, ses deux yeux bleus brillant dans le noir.


Tommy pointa du pouce derrière lui, vers la chambre devenue silencieuse, « Elle va dormir comme un loir cette nuit. »






Septembre 1993
On avait encore une année à tenir. Une année encore. Je pouvais presque voir le désespoir grandir dans les yeux de mes parents chaque jour, priant que le calendrier avance. Nous étions presque sortis du cauchemar.


J'ai beaucoup pensé à ce que mon père m'a dit lors de cette horrible nuit dans le couloir. Je pensais à ce qu'il avait du subir quand il était enfant. Ce qu'il à du vivre. Je me demandais à quel point les choses avaient mal tournées pour que Tommy tue mon grand-père. J'ai réalisé malgré toutes les choses horribles que Tommy faisait, que la soumission de mon père nous maintenait en vie. Son silence agonisant maintenait le courroux de Tommy à distance.


Avec du recul... Je ne peux pas m'imaginer la torture mentale qu'il à dû subir pendant ces cinq années.


Stephanie ne parlait plus autant depuis cette nuit de Mars. J'ai remarqué que son caractère charismatique à changé drastiquement et soudainement, elle était devenue une enfant sans sourire, silencieuse. Je ne pense pas qu'elle ait compris ce qui lui est arrivé et alors qu'elle grandissait, je pense que son esprit à doucement bâti un mur, bloquant cette nuit loin de ses pensées.


Ma mère et mon père semblaient être encore plus soumis durant cette dernière année. Ils se lançaient dans les leçons du soir de Tommy avec un enthousiasme nouveau, et ma mère essayait désespérément de faire en sorte que moi et Stephanie réagissions de manière à satisfaire Tommy.


Mais je n'en suis pas sorti indemne.


Tommy faisait en sorte de laisser sa marque sur toute notre famille.




J'étais assis dans ma chambre, la porte fermée. Le dîner était bientôt prêt et tout le monde était en bas pour se préparer. Je pouvais entendre Tommy rire depuis le salon.


Je regardais le magazine qu'un de mes amis à l'école m'avait donné. C'était un Playboy. Nous avions regardé les pages a l'école, ricanant en reluquant les femmes nues répandues à travers le magazine. Je n'avais jamais rien vu de tel. C'était la première fois que j'étais exposé à ce monde. Ça à fait aller battre mon cœur plus vite que jamais, d'une manière agréable, et je sentais quelque chose de bizarre, mais plaisant, grandir en moi. J'avais demandé à mon ami si je pouvais lui emprunter le magazine et il m'a laissé le prendre.


Je me posais sur mon lit en regardant les photos érotiques. Je ne pouvais pas croire que des femmes s'étaient laissées prendre en photo comme ça. Je sentais quelque chose bouger au niveau de mon entrejambe alors que je tournais les pages. Mon cœur battait la chamade et j'avais chaud, mes joues devenant rouge pivoine.


J'étais à la dernière page quand j'entendis quelque chose dans l'encadrement de ma porte.


« Qu'est ce que t'as là, Matt ? »


Je sursautais, laissant tomber le magazine par terre. Tommy me regardait depuis la porte. Je ne l'avait même pas entendu ouvrir.


« R-Rien ! », marmonnais-je, agrippant le Playboy et l'enfouissant sous mon coussin.


Tommy avança jusqu'à moi, « Hehehehehehe »
« J-Je t'ai pas entendu entrer », dis-je en rougissant.


Tommy passa la main sous mon oreiller et en sortit le magazine, « C'est pas bien de mentir. Je te l'ai dit. Pourquoi me mens tu Matt ? »


Je déglutit difficilement, mon cœur tapant contre ma cage thoracique, « J-Je suis désolé... Je... Euh... », je lâchais l'affaire alors que Tommy parcourait les pages.


Il me jeta un regard, « Tu aimes ça ? »


Je savais que je ne pouvais pas lui mentir de nouveau. Je hochais la tête en baissant les yeux, mon visage devenant rougissant.


Tommy sourit et s'assit à coté de moi, sur mon lit, une de ses mains sur mon genou, « Est-ce-que ces images te font... Du bien ? »


Je faisais oui de la tête de nouveau, sans le regarder.


Soudain, Tommy glissa sa main vers mon entrejambe, la pinçant doucement, « Ça te fait du bien ici, Matt ? »


Je sursautais, son geste m'effrayant. Il enleva sa main et ricana, ce qui lui servait de dents étincelait.


Tommy posa la magazine, posant ses doigts sur mon menton «  Tu sais comment on fait pour se masturber Matt ? Ton père t'as expliqué ? »


Ma respiration se faisait par saccades, sa main lisse et froide contre mon visage. Je ne savais pas de quoi il me parlait ou ce qu'il voulait que je réponde. Je me contentait de le fixer de mes yeux impuissants.


Tommy soupira, « C'est sûrement mieux ainsi. C'est une discussion sensible que je devrais avoir avec toi. Tu as dix ans, non ? »


Je répondais par l'affirmative, paralysé.


Tommy refit son geste indécent. « Tu veux que je te montre ? »


Je frissonnais sous sa poigne, « N-Non Tommy, merci... »


Tommy sourit doucement, « C'est normal d'avoir peur. Grandir ça fait peur. Tu vas être un jeune homme si séduisant. » Il caressa ma joue avec son autre main. « Tu as déjà embrassé ? »


« T-Tommy, je t'en prie... », sanglotait-je sentant des larmes se formant sous mes yeux.


Tommy me poussa contre le lit et je me retrouvais donc en train de le fixer alors qu'il prenait ma tête dans sa main, « Tu n'a pas à avoir peur de grandir. Plein de belles choses vont t'arriver. Et puis... Quand tu auras des enfants, je viendrais t'aider à les élever. Ce sera...Amusant. »


« L-Laisse moi partir... », priait-je, pleurant ouvertement à présent, son souffle chaud sur mon visage.


Tout d'un coup, Tommy se pencha pour m'embrasser. Je lâchais un couinement de panique alors que je sentais un goût de fruit pourri et de viande faisandée, un goût de saleté envahir ma bouche.


Il recula et me murmura, « Tu ne va pas t'exciter pour moi ? »


Je continuais de pleurer, mes yeux écarquillés par la panique et le choc.

Tommy sourit et murmura, « Ça ne fait rien. »


Il se releva en me lâchant. « Allez. Le dîner est prêt. »


Tremblant, je séchais mes larmes en le suivant. Je n'avais plus faim.





Juillet 1994


Alors que les jours avançaient et s'approchaient du mois de juillet, ma famille développa un optimisme silencieux, une prière désespérée pour que tout s'arrête. Pour que notre souffrance s'en aille. Ma mère et mon père faisaient de leur mieux pour qu'il n'y ait pas de punition supplémentaire. Ils s'inclinaient devant Tommy, priant, les dents serrées, pour que nous atteignions le mois de Juillet sans autre incident.


Et le 3 Juillet, nous nous somme levés pour nous rendre compte que Tommy Taffy avait disparu. Cinq ans au jour près. Nous n'arrivions pas à y croire. Il s'était vaporisé dans la nuit. Nous avons fouillé toute la maison, ma mère lâchant des larmes de joie en se voyant que le cauchemar était enfin terminé. Après avoir passé la maison au peigne fin trois fois de suite, nous nous retrouvions dans le salon, accolés les uns aux autres comme une famille.


Tommy était parti.


La sentence était terminée.


Mon père à pris des congés et nous sommes partis deux semaines à la mer. Pendant ces deux semaines, je m'attendais encore à me réveiller pour voir Tommy sur moi, ce sourire atroce dessiné sur son visage. Mais il n'était pas là.


Tout était fini.


Mes parents ont fait de leur mieux pour reconstruire notre famille, réparer les cassures qui s'étaient faites pendant ces longues années. Et je les aime tendrement pour ça. Mais certains monstres ne sont jamais oubliés.


Je ne sais pas ce qu'était Tommy Taffy ou d'où il venait. Je pense que je ne le saurais jamais. Quel était son but ? Pourquoi nous-a-t-il fait toutes ces horribles choses ? Je passe en revue les réponses possibles jusqu'à ce que je craque et que je me retrouve en train de pleurer, les souvenirs trop rudes pour être remis sur la table. Certaines choses sont mieux laissées mortes et enterrées.


Mais je n'ai pas oublié ce que mon père m'as dit dans le couloir lors de cette atroce nuit devant la chambre de ma sœur.


J'ai 33 ans désormais et je suis resté célibataire et sans enfants. Je ne peux pas prendre ce risque. Je ne peux pas risquer que ce monstre revienne dans ma vie. Je n'ai jamais compris le choix qu'avaient fait mes parents d'avoir des enfants. Ils ont été tous les deux exposés à Tommy durant leur enfance... Alors pourquoi Stephanie et moi ? Peut-être croyaient-ils qu'il ne reviendrait pas.


Mais j'y crois. Et je suis terrorisé.


Parce que voyez vous... Hier ma sœur à donné naissance à des jumeaux.


Cohérence de l'histoire: Hm, c'est visiblement un texte traitant d'une entité invasive immortelle et perverse. C'est.. Violent et glauque. J'aime bien.
L'histoire n'a pas d'incohérence avec son propre univers, mais celui-ci est en inadéquation avec le notre: Ce genre d'entités serait remarqué si elle existait, il y aurait des choses qui fuiteraient. Genre, l'histoire des cadavres cachés.. C'est pas cohérent, pas tant possible qu'une rue entière puisse cacher des disparitions et surtout des corps.

Cohérence des actions des personnages: Les réactions sont plausibles, on ressent la peur, la déception, l'horreur des personnages envers Tommy. Et c'est assez sympathique, car je suis rentré dedans. J'imagine que Tommy a ses raisons que la raison ne connaît point.

Sentiments éveillés: "Cool". Non, vraiment, j'aurais lu l'original si j'étais tombé dessus je pense, le glauque m'a beaucoup touché comme Tommy.

Style/Lisibilité: C'est mal traduit à certains endroits, des expressions anglaises sont traduites littéralement (je pense au dialogue du début, avec le "Ne dis pas des choses folles", qui pourrait largement être remplacé par "des choses idiotes" sans changer le sens de la phrase et être réutilisé dans la phrase d'après). Quelques fautes par-ci par-là, pas de problème flagrant de compréhension.

Intérêts: Je ne pense pas que ce soit une creepypasta. Les dialogues sont trop précis, les événements trop bien racontés (alors que le narrateur a entre 6 et 11 ans aux moments des faits)... C'est pas trop trop ça, question réalisme. Néanmoins, je vois bien le texte dans le Nécronomorial sans aucun soucis, et j’attends ses suites avec impatience.
Contre en creepypasta, Pour en Nécronomorial.
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Actuellement en période d'écriture intensive. Tentatives d'améliorer mon niveau, quoi.
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Magnosa
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PostPosted: Fri 4 May 2018 - 13:33    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Je déplace dans les propositions du Nécronomorial, comme ça a été pointé, ce texte ne peut pas être une creepypasta.
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Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière.

Si tu trouves du travail, avise le bureau des objets trouvés.





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Lalya
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PostPosted: Fri 4 May 2018 - 13:43    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Heu... C'est une traduction hein x)
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I'll be nicer if you'll be smarter.

If brokenness is a form of art, this must be my masterpiece.

Queen of no identity. I always feel like someone else. A living myth. I grew up in a lie. I can be anyone.

She was not fragile like a flower, she was fragile like a bomb.
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Magnosa
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PostPosted: Fri 4 May 2018 - 17:32    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

Tu n'as rien vu.
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Si tu trouves du travail, avise le bureau des objets trouvés.





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Kamus
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PostPosted: Tue 12 Jun 2018 - 17:37    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

d'autres avis pour le nécro ?
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Well...What can i say ?

You guys...



...are the best.
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Kamus
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PostPosted: Wed 7 Nov 2018 - 17:38    Post subject: [C2] Le Troisième Parent Reply with quote

accepté pr le necro
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Well...What can i say ?

You guys...



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PostPosted: Today at 23:28    Post subject: [C2] Le Troisième Parent

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