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Confessions d'un plongeur en haute mer (partie 2)

 
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Sassy Calopsitte
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Féminin Capricorne (22déc-19jan) 馬 Cheval

MessagePosté le: Ven 18 Mai 2018 - 16:17    Sujet du message: Confessions d'un plongeur en haute mer (partie 2) Répondre en citant

Bon, je ne sais même pas si la première partie vous a plu mais je m'ennuie en ce moment alors voilà : suite et fin de Confessions of a Deep Sea Diver.




Avant que je ne continue de partager mes expériences, il y a quelque chose que j’aimerais clarifier. J’ai reçu une incroyable quantité de commentaires et de MP depuis mon précédent post. Plusieurs personnes m’ont fait remarquer que peu de gens avaient vécu de telles expériences. Et il y en a probablement encore moins qui aient récemment démissionné. Du coup, il y a très certainement pas mal de monde qui sait déjà qui je suis, ou qui pourrait le deviner facilement. Ceci étant dit, je persiste à penser que tout le monde mérite d’être informé.

Dans un premier temps, je vais répondre aux questions les plus fréquentes que j’ai reçues. Oui, il m’est arrivé pas mal de trucs flippants dans l’océan. Mais, en prenant en compte la quantité de plongées que j’ai effectuée, ces anecdotes sont finalement assez éparses.

Petite info concernant l’équipement de plongée. Même si ça dépend du type de mission, on a un équipement de base qu’on utilise le plus souvent. Nous sommes des plongeurs casqués, ce qui signifie qu’on porte des scaphandres, pas des bouteilles. L’air nous arrive de la surface. On a un dispositif à bord qui nous envoie de l’air par un tuyau, c’est ce qu’on appelle la plongée par liaison ombilicale. Par cette liaison passe aussi le reste de notre dispositif essentiel. Sans rentrer dans les détails trop techniques, on a donc le tuyau d’air, un câble électrique pour la lumière, la communication, et très important, une jauge de profondeur. En plus de tout ça, on a aussi une bouteille d’oxygène dans le dos en cas d’urgence. Mais il n’y pas grand-chose dedans. Juste assez pour nous permettre de remonter rapidement à la surface si besoin. On n’utilise pas de rebreather pour le type de travail qu’on fait. Par contre ça nous arrive de porter un masque au lieu d’un scaphandre, voire même un tuba si c’est plus pratique, mais ça l’est rarement.

Les Gardiens des Profondeurs. Je n’ai jamais trouvé d’infos les concernant sur Internet. Les seules personnes que j’ai entendu en parler sont les membres de mon équipe. On m’a dit que d’autres équipes leur étaient tombées dessus aussi, mais même les gars de chez nous n’aiment pas aborder le sujet.

Je répondrai à d’autres questions au fur et à mesure qu’elles me seront posées, mais je vais revenir à la raison pour laquelle vous êtes ici. Une fois alors que je bossais sur une plateforme pétrolière, on se servait d’un ROV (imaginez un petit sous-marin télécommandé) pour procéder à des vérifications. On a avait été contactés pour détecter des dégâts sur la structure ou des dysfonctionnements après que la plateforme ait été sujette à des vibrations anormales. Pendant la manœuvre, le ROV est relié à un câble qui l’alimente en électricité et qui transfère les vidéos et les images sonar à la surface. Alors que le ROV s’enfonçait dans l’obscurité des profondeurs, on a commencé à remarquer de fines rayures sur la structure. Au début c’étaient juste des endroits où les algues avaient été arrachées du métal, mais plus on descendait, et plus les griffures avaient l’air intentionnelles. On a rapproché le ROV pour les analyser. Là, devant nous, se trouvaient des images. C’étaient des hiéroglyphes gravés dans le métal. Et c’était récent. Et à mesure qu’on descendait, ils semblaient être de plus en plus anciens. Ils étaient partiellement recouverts de rouille, et d’algues. Quelle qu’ait pu être la chose qui faisait ces gravures, elle progressait du fond vers la surface. Et puis soudainement, le ROV n’a plus répondu. Il a commencé à se secouer d’avant en arrière. On ne le contrôlait plus. On a essayé de le remonter en tirant sur le câble mais il avait l’air entravé. Et là, on l’a senti. Une traction sur le câble, qui venait du ROV. Quelque chose le tirait vers le fond. Le câble a commencé à grincer, et s’est sectionné. On a remonté ce qu’il en restait, mais le ROV était perdu pour toujours. Notre supérieur nous a quittés en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir mettre dans son rapport à la compagnie pétrolière.

Un autre incident s’est produit il y a un an. Pendant une mission de récupération, on était en train d’installer le matériel de câblage. Alors que j’étais face à l’épave, tournant le dos à l’océan, je n’avais pas remarqué que quelque chose s’approchait de moi. Et d’un coup quelque chose s’est violemment écrasé contre la bouteille dans mon dos. J’ai été projeté contre le bateau, plaqué à la paroi par l’intensité du choc. Et quand je me suis retourné, il n’y avait rien. Plus tard on m’a appris que je m’étais fêlé plusieurs côtes pendant l’impact. J’en ai notifié les autres plongeurs et l’équipe en surface, et on nous a dit qu’ils allaient nous remonter. On a gardé nos yeux bien ouverts, pour essayer de scanner la pénombre qui nous entourait. Pendant un arrêt de décompression, on a commencé à apercevoir une silhouette qui nageait autour de nous. On ne l’a pas lâchée des yeux pendant qu’elle se rapprochait. On a commencé à la voir plus nettement. C’était un gigantesque requin. Bon, j’ai jamais eu peur des requins. Mais être encerclé par un énorme requin, alors qu’on pendouille au bout d’une corde au milieu de l’océan, c’est quand même quelque chose, et ça peut déclencher une phobie même chez les plus courageux. Gardez à l’esprit qu’on n’était pas dans une cage, juste debout sur une plateforme. J’avais l’impression d’être servi sur un plateau. Il a fini par se rapprocher assez près pour qu’on puisse l’observer en détails. Je n’ai pas reconnu de quelle espèce il s’agissait. C’était plus gros qu’un grand blanc, et d’une couleur complètement différente. Il était majoritairement noir avec quelques touches de gris. Il a continué de nous fixer alors qu’on se tenait sans défense sur la plateforme, en priant pour qu’il nous laisse tranquille. Au moment où on a enfin terminé l’arrêt de décompression, il était presque assez près pour qu’on puisse le toucher. L’équipe à bord nous a remontés à la surface et sortis de l’eau, et on était tous soulagés que le requin n’ait pas décidé de nous goûter. Une fois sur le bateau il s’est avéré qu’apparemment, il avait quand même visé mon dos, mais n’avait réussi qu’à mordre ma bouteille d’oxygène.

Il y a eu une autre plongée, cette fois dans des eaux cristallines. Et il y a un côté agréable à bosser dans l’eau et pouvoir voir ce qui se passe autour de soi. On avait une visibilité à plus de 30 mètres. Bref, donc on a atteint le fond et commencé à bosser. Il y avait deux missiles qui avaient été tirés par un avion de l’armée mais qui ne s’étaient pas déclenchés. On nous a briefés sur leur emplacement et rassurés sur le fait qu’ils n’étaient pas armés et qu’ils ne se déclencheraient pas pourvu qu’on les manipule comme il faut. On les a localisés bien plus facilement que prévu, et on a commencé à les harnacher pour les remonter. Et juste quand je m’apprêtais à poser les mains sur le premier missile, j’ai entendu mon collègue dire « Oh merde ! ». J’ai senti mon estomac se retourner. Je m’en fous de savoir combien fois vous avez déjà bossé avec un obus. J’espère sincèrement que vous avez toujours cette désagréable sensation dans les tripes, et ce stress dans un coin de votre tête. J’ai levé les yeux et réalisé qu’il ne parlait pas du missile ; un mur de sable était en train de s’élever au loin. Quelque chose, j’espère le courant, remuait le sable au fond de l’océan. Le mur se soulevait et faisait déjà presque 20 mètres de haut. Pire encore, il se dirigeait vers nous. Et très vite il était sur nous. C’est difficile de décrire une mauvaise visibilité dans l’eau. Le problème c’est pas la quantité de lumière, mais la quantité de merde dans l’eau qui bloque la lumière. Souvenez-vous du brouillard le plus épais que vous ayez jamais vu, et imaginez un truc encore pire. Je vous parle d’un brouillard tellement épais qu’on pourrait vous mettre une lampe torche devant les yeux à 2 centimètres, vous ne la verriez même pas. C’est ça, une mauvaise visibilité sous l’eau. Au moment où le sable s’est abattu sur nous, on a été plongés dans une obscurité totale. J’ai collé ma main sur mon hublot, et je ne pouvais même pas la voir. Au bout de quelques instants on a entendu un bruit de frottement métallique. Et puis, aussi soudainement qu’il était apparu, le mur de sable avait disparu. L’eau était redevenue limpide. Par contre les missiles étaient introuvables. Ils n’étaient pourtant qu’à quelques centimètres de moi quand la tempête de sable s’était soulevée, mais là, même en fouillant dans le sol autour de moi, il n’y avait aucune trace d’eux.

Le prochain incident est survenu lors d’une mission humanitaire pour laquelle on s’était proposés bénévolement. Après qu’une portion d’un pont se soit écroulée au-dessus d’une zone de l’océan, profonde d’une quinzaine de mètres, il fallait récupérer les véhicules, et avec un peu de chance, les corps aussi. L’éboulement s’était produit à peine plus d’une semaine avant notre arrivée. On a passé le premier jour à analyser la zone et à élaborer un plan d’action pour pouvoir en remonter le plus possible dans le court laps de temps où on était dispos. Au commencement du deuxième jour on avait déjà commencé à remonter des véhicules. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’était une mission difficile. Mais pas à cause des efforts physiques. L’état de désarroi dans lequel se trouvaient les voitures était bouleversant. Il ne s’agissait pas de pilotes de l’armée ou de marins disparus en mer. C’étaient des familles qui partaient en vacances ou des salariés en route vers leur lieu de travail. Je ne saurais pas dire ce qui était pire : les voitures dans lesquelles on retrouvait des familles entières - les sièges avant vides avec les parents à l’arrière visiblement dans une tentative de détacher leurs enfants – ou celles dans lesquelles les parents étaient sortis en laissant leurs enfants attachés sur la banquette arrière. J’essayais de chasser de mon esprit les scènes de panique qui avaient dû se jouer dans ces voitures quand elles ont commencé à se remplir d’eau par les parebrises et les fenêtres brisés, avec toutes ces personnes terrifiées tentant de s’en sortir. Mais je ne pouvais pas pardonner à ceux qui avaient laissé leur famille se noyer. Chaque jour, on passait à un nouveau groupe de voitures. Et au quatrième jour, on en a trouvé quelques-unes qui avaient les portières ouvertes, avec personne à l’intérieur. On était plutôt contents parce que ça nous faisait moins de travail, et surtout parce que ça laissait supposer que certaines victimes avaient pu échapper à la fatalité d’une telle tragédie. Jusqu’à ce que je tombe sur un mini van, dont les passagers n’avaient pas eu cette chance. Alors que j’accrochais des chaînes au véhicule pour le préparer à être remonté, j’ai remarqué qu’un autre plongeur était en train d’inspecter mon installation. Et il a commencé à détacher une de mes chaînes. Je lui ai demandé ce qu’il était en train de faire, et sa réponse m’a alerté : « Je vérifie s’il y a des corps dans le van ». J’ai ressenti ce nœud si familier dans l’estomac. Doucement, je me suis rapproché du plongeur, et je l’ai retourné pour voir son visage. Il a résisté, mais il a fini par me faire face. Son hublot était embué. J’ai ignoré mon instinct qui me disait de me barrer, et je me suis penché pour regarder dans son casque. Encore aujourd’hui, j’aimerais ne pas l’avoir fait. Il faisait sombre, mais j’ai bien vu son visage. Trop bien, même. De la chair en décomposition. La personne qui portait ce scaphandre était décédée depuis longtemps. J’ai perdu toute ma contenance, et je me suis mis à hurler. J’ai entendu tout le monde s’enflammer dans les micros, les plongeurs et l’équipe en surface essayer de capter mon attention. Mais je ne pouvais pas me concentrer sur quoi que ce soit d’autre que ce que j’avais en face de moi. J’ai essayé de m’éloigner de cette chose, à reculons, mais dans la panique j’avais emmêlé mon câble ombilical aux chaînes de remorquage. La chose s’est reconcentrée sur le mini van. Alors que je me débattais pour me dépêtrer, j’ai remarqué l’absence de bulles sortant de son casque. Elle était en train d’ouvrir la porte du van et de se glisser à l’intérieur. En m’enfuyant à la nage, je l’ai vue attraper un des passagers et l’emporter avec elle dans l’obscurité.

C’est là que j’ai réalisé que je n’étais peut-être pas fait pour le travail en mer. Je savais que je faisais ce métier depuis bien plus longtemps que je n’aurais dû, et pendant tout ce temps j’avais cette pensée qui me tannait dans un coin de ma tête. Je dois trouver une carrière moins dangereuse.
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MessagePosté le: Ven 18 Mai 2018 - 16:17    Sujet du message: Publicité

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Lalya
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MessagePosté le: Sam 19 Mai 2018 - 18:33    Sujet du message: Confessions d'un plongeur en haute mer (partie 2) Répondre en citant

C'est une suite donc je me passerais des critères. L'ensemble est toujours aussi prenant et intéressant. La fin me paraît un peu abrupte mais c'est sans doute plus subjectif qu'autre chose. Pour donc.
________________

I'll be nicer if you'll be smarter.

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MessagePosté le: Ven 1 Juin 2018 - 08:52    Sujet du message: Confessions d'un plongeur en haute mer (partie 2) Répondre en citant

Celui-là suit la première partie. Y avait plus de fautes par contre, et beaucoup plus d'erreurs de traduction ou de termes inadaptés au français, attention.
________________
Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière.

Si tu trouves du travail, avise le bureau des objets trouvés.





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MessagePosté le: Mar 12 Juin 2018 - 16:59    Sujet du message: Confessions d'un plongeur en haute mer (partie 2) Répondre en citant

deja publié.
________________
Well...What can i say ?

You guys...



...are the best.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:47    Sujet du message: Confessions d'un plongeur en haute mer (partie 2)

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