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Monsieur le Président

 
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Wasite
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PostPosted: Fri 10 Jan 2020 - 00:06    Post subject: Monsieur le Président Reply with quote

À presque soixante-dix ans, ce n’est pas acceptable d’être réveillé par un type en treillis. Enfin, tout un régiment pour être honnête. Si je suis devenu président du Sénat, c’est aussi pour la tranquillité de la fonction. Enfin, je vais m’habiller bien que le lieutenant-colonel me presse considérant que l’on peut se rendre à l’Élysée en pyjama. Les militaires… Un coup d’eau sur le visage et le costume de la veille feront l’affaire, à 3h du matin aucun journaliste ne devrait m’attendre en guet-apens.  
Ce n’est qu’une fois dans la voiture que je commence réellement à m’interroger, que se passe t’il ? Les tas de testostérones m’ont seulement dit que le Premier Ministre se chargerait d’exposer les raisons de cette intrusion à mon domicile. Bref, je cherche à joindre Édouard en vain. Le Premier Con, je l’assure.  

 
Je passe les portes du palais présidentiel où tout un tas de petites mains s’affairent paniquées. On dirait un dîner de famille du lapin d’Alice au pays des merveilles. Je les ignore et me dirige vers le bureau du président, mais un général dont le nom m’échappe complètement m’invite vers la salle d’opération militaire. Un homme en noir me suit, avec la valise nucléaire. C’est grave, très grave. Je commence à saisir la situation. Une fois sur place, le gouvernement est presque au complet, enfin pas les sous-ministères dont on se fout. Ceux qui compte sont là. Le chef du gang s’approche de moi, tenant une petite boite noire de métal disposant d’un verrou à sécurité digital.  

 
« Henry, laisse moi t’expliquer la situation... ». engage il sans un bonjour, et me serrant la main. Une poignée de main calibré, comme celle que l’on fait lors des bains de foules. Une poignée de main qui se veut réconfortante et chaleureuse. Espèce de vieux salopard manipulateur. Cependant, vu sa mine déconfite, je me doute de ce qu’il va dire. 
« Il est mort ? ». Pas de temps à perdre en salamalec ou autres formalités. 
« Nous avons perdu la liaison avec son avion alors qu’il passait au-dessus de l’Atlantique. Plusieurs équipes de secours ont été envoyées mais sans réponse » Il reprend son souffle. « Nous ne parvenons à récupérer des images satellites claires, ni à comprendre ce qui se passe. Donc, conformément à la constitution. Tu dois assurer l’intérim ». 
« C’est une attaque, quelque chose ce style ? ». J’espère un accident, ou un sabotage dans le pire des cas.  
« Nous l’ignorons. C’est pour cela que tu dois ouvrir cette boîte ». 

 
J’entre mes empreinte, un petit bruit électronique puis mécanique précède le déclenchement de la serrure. Un ruban rouge avec un code en lettres d’or, trône au centre d’un coussin pourpre. La suite de chiffres et de lettres la plus importante du pays, une qui permet le déclenchement de l’ultime argument de la France. Une fois saisit, je me tourne vers l’état major et les cartes que la moitié scrute pendant que l’autre s’époumone au téléphone. 

 
« De quelles informations disposons nous ? ».  
« Malheureusement, monsieur le Président, nos seules informations sont celles que nous n’avons pas reçu. Nous avons perdu le contact avec la Guyane et les territoires proches. Les hommes en factions ou les administrations ne répondent plus. Nous cherchons actuellement les raisons de ce silence ». Le général chargé du renseignement, un homme austère de bonne compétence selon sa réputation. Il ne me convint pas, malgré tout nos moyens de surveillances, il n’est pas foutu de glaner quoique ce soit.  
« Pas de vidéo sur internet, ou sur un quelconque réseau nous permettant d’en apprendre plus ? ». 
« Des morceaux d’extrait d’émeutes en Amérique latine. Nous pensons à une révolution dont le président serait un dommage collatéral mais... ». Un militaire de carrière, quinze années de légion étrangère, avant de rejoindre les renseignements. Pourtant, il ne me regarde pas dans les yeux, ce n’est pas de la honte que je vois dans son regard… « Plusieurs éléments ne collent pas. Il y a peu de vidéos proportionnellement à la population, peu de mentions et puis internet a brutalement été coupée dans le sous-continent. Les liaisons satellitaires ne parviennent pas à retransmettre une fois braquées sur la région… Même les américains ne disposent pas de brouilleurs capables de faire une telle chose. Nous ne comprenons pas ». Je me tourne vers un secrétaire d’état, ou un sous-secrétaire ou chef de cabinet… Un type avec un poste occulte et pompeux. 
« Vous, établissez un contact avec le commandement de l’OTAN et le conseil européen. Si crise il y a, nous devons réagir ensemble ». Il hoche de la tête et s’exécute. « Et Washington, que font les américains ? ». Le soldat reprend. 
« Le Pentagone est passée en Defcon 3 suite à la disparition similaire d’un porte avion au large de Porto Rico. Nous savons que les Etats-Unis ont déployées une force aérienne de reconnaissance chargée de comprendre ce bordel ».  

 
Je prend un téléphone et appel directement ces couillons. Quant on parle d’Amérique Latine, les Yankee sont frileux au multilatéralisme. Fait chier, cette foutu administration ne me passe pas le Président ou un membre du cabinet. Un administratif me sert une soupe diplomatique fade. Je n’en tirerais rien, le gendarme du monde ne veut pas que l’on se mêle de son pré-carré. Je vais me gêner. 

 
« Monsieur le Président, nous avons le conseil en visioconférence. La chancelière demande des explications, ainsi que sur le silence américain ». Pas le temps de jouer au couple franco-allemand harmonieux. Je ne compte pas me le jouer solitaire, mais je vais prendre les devant au vu des capacités de projections de l’Allemagne.  
« Édouard, tu vas t’occuper de rassurer tout ce beau monde, transmettre les informations et en glaner de nouvelles. Je sens très mal cette histoire, convainc les de mettre leurs armées en état d’alerte. ». Le ministre grisonnant acquiesce immédiatement, trop content de ne pas assumer la responsabilité d’une éventuelle catastrophe. Contemplant ma magnifique tête à chapeaux.  

 
« Parfait messieurs de l’état major. Quelles sont nos options ? » 
« Nous pouvons envoyer des équipes de reconnaissances, mais cela est risqué car nous ignorons le sort des équipes de secours ». Un autre médaillé prend la parole. 
« Un Rafale peut y être dans une heure, ils sont déjà affété et attendent votre ordres ».  
« Les engins américains ont perdu le contact. Il y a quelque chose de similaire aux IEM là bas, et l’électronique embarqué est omniprésent dans nos appareils ». Fais-je remarquer. Un troisième ajoute.  
« La coupure n’est sûrement pas immédiate. Envoyons un pilote en constant lien radio, il nous fera un rapport en temps réel nous permettant de mieux cerner la situation ». Bonne idée. 
« Que la liaison soit directement retransmise ici, je veux que nous soyons en lien avec lui directement ». Un haut gradé de l’armée de l’air beugle immédiatement mes ordres dans son portable.  

 
Je m’assied quelques instant, tentant vainement de faire fis de toute l’agitation environnante. Une quête totalement vaine de replit sur soi momentanée.  

 
« Monsieur le Président... ». Je ne suis pas certain d’entendre. 
« Monsieur le Président ! ». J’essaye péniblement de sortir de mes pensées. 
« MONSIEUR LE PRÉSIDENT ! ».  
« Inutile d’hurler, que voulez vous ? ». Je ne pourrais pas faire le vide rien que cinq minutes. 
« Nous avons perdu les communications avec le Mexique et l’Australie, les autorités locales ne répondent plus ». Oh merde.  
« Quoi ? Comment est ce possible ? ». 
« Quelques images nous sont parvenu, postées sur internet. Elle sont brèves cependant ».  

 
L’homme dont j’ignore complètement le poste ou la fonction ouvre un ordinateur portable et lance une série de vidéos. Tout est complètement surréaliste, le cameraman fuit vers son domicile en traversant une rue de Mexico, mais ce n’est plus Mexico. Le sol est devenu poisseux, aussi bourbeux et sombre que du pétrole, quelques visages s’y dessinent fugacement. Cependant ils ne sont pas humains, une parodie macabre et grotesques tant les proportions de ceux ci sont absurdes. Un œil recouvrant presque toute la joue, ou bien un nez aplatit jusqu’au oreilles. Aucun ne se ressemble, si ce n’est dans la déformation immonde insultant dame nature elle-même.  

 
L’homme continue sa course, filmant ses compatriotes moins chanceux. Mes nerfs optiques peinent à décrire l’ensemble à mon cerveau. Il y en a qui se sont mis à genoux afin de s’automutiler en psalmodiant des chants catholiques, d’autres exécutent sommairement des « Desviados ». Enfin, ce n’est pas le plus choquant, non. Ceux dont les membres… fusionnent avec les murs, les lampadaires ou leurs voitures, ça je le surmonte difficilement. Une femme a la chair accrochée à sa portière, chair qui coule doucement sur la parois métallique du véhicule qui ondule d’une façon presque aqueuse, fondant les deux en une. Ses hurlements devenant presque mécaniques. Un petit garçon et son grand frère englués comme des siamois ayant grandit différemment, eux-même attachés à un ballon de basket s’écoulant sur leurs ventres tel une seconde peau. La ville s’est transformée en vaste théâtre des horreurs, rien n’a de sens. Autant la ville que ses habitants.  

 
« Vous vous foutez de ma gueule ». Je choppe ce petit connards farceur par le col. 
« Ces informations viennent des renseignements, monsieur, elles sont confirmées par d’autres vidéos du même style ! ». Il a mal choisit son moment pour sa petite blague de mauvais goût. 
« Espèce de taré, tu vas regretter ton petit tour ». Le directeur de la DGSE met sa main sur mon épaule.  
« Aussi fou que cela semble, elles sont vérifiées monsieur le Président. Les États-Unis sont passées en Defcon 1 à la chute de Mexico ». Jamais dans l’Histoire le Defcon 1 n’a été déclaré, pas même en 62 durant la crise de Cuba.  
« Qu’est ce qu’il veulent faire ? ». Un second prend la parole, représentant de la France à l’OTAN et expert en géostratégie. Quelque chose de ce genre.  
« Le haut commandement de l’OTAN vient d’appeler à la mobilisation des forces armées. Washington fait savoir qu’une frappe préventive n’est pas à exclure, une frappe nucléaire tactique. Le bureau ovale pense à une épidémie inconnu, un groupe de scientifique privilégient la thèse d’un objet cosmique déréglant nos lois physique. Un trou noir peut-être. ».  
« La chose paraît se répandre à une vitesse incontrôlable ». Si l’Australie est tombé, ce n’est pas un océan qui va protéger la métropole.  
« C’est pour cela que j’estime que diverses têtes nucléaires sont déjà mise à feu. Jamais l’US army ne laissera un (il hésite)…. Truc pareil traverser la frontière ». Nous devons prendre les devants, même si l’Amérique sanctuarise son territoire, il ne nous aiderons pas avant un bon bout de temps. 
« Décrétez la phase 6 de pandémie. Je veux un couvre feu, limitez les déplacements, fermez les aéroports et tout échanges physique avec d’autres continents. La circulation ne doit être que de nécessité, que les citoyens restent chez eux le temps que la crise soit jugulée. Demandez à Édouard de faire un communiqué et un discours aux français, il vaut mieux qu’un visage connue s’en occupe, mais avant cela que des équipes de maintiens de l’ordre équipées soit déployées dans les villes vitales et stratégiques. Je décrète également l’article 16 de la constitution, les instances valideront en cours de route  ». Plusieurs ministres et exécutants notent et s’attellent.  

 
Une carte en temps réel de l’évolution du phénomène s’affiche via un projecteur. L’Afrique du sud est contaminée, et cette abomination remonte vers l’Europe. Si la méthode USA fonctionne, je devrais me résoudre à faire de même avec les pays frontaliers, avec le Maghreb également. Qu’est ce que c’est que cette horreur ? Les images tournent et retournent dans ma tête. Ces offenses aux principes de la physique, ces offenses à ce qui doit être… Cela ne peut être réel.  

 
« Monsieur, nos satellites nous informent que les bombes viennent de toucher leurs cibles. Le Mexique n’existe plus... ». J’adresse un regard à mon interlocuteur puis replonge dans la projection.  
« Le pilote est aussi en route ».  
« Je crois que sa mission n’a plus grande importance. Général (je ballotte mon doigts et en désigne un aléatoirement), occupez vous de la liaison. Tenez moi informé ».  
La progression évolue tellement vite, plusieurs continents en l’espace de quelques heures ? Mes ordres et mesures sont tellement dérisoires, comment instituer quelconques réactions en un laps de temps si court ? Un sentiment d’impotence grandit en moi, comme si je jouais un rôle futile face à des événements incontrôlables. Il ne me reste que ce gros bouton rouge et ce code, la dernière réponse ignoble de l’humanité. La carte indique le Mali, nos troupes ne répondent probablement plus, un nouveau foyer qui n’est pas adjacent à la contamination originale. Enfin pour ce que l’on en sait, l’Afrique est loin d’être desservie correctement. Il est temps donc.  

 
Je me tourne vers l’homme à la valise, lui pose ma main sur l’épaule. 
« Veillez posez cette attachée-caisse, s’il vous plaît ». Ce qu’il fait, sans aucune hésitation. Terrifiante obéissance.  
« Messieurs, le Mali est mort. Vous savez ce que cela signifie ». Un silence de mort en guise de réponse. « Le choix ne nous appartient plus ». L’homme ouvre donc la maudite boîte, laissant apparaître un tableau de commande suivit d’un clavier, un officier se lève et entre les cibles que je lui désigne. Tout les centres de populations des pays méditerranéens adjacent au Mali ainsi que ce dernier, il faut parfois brûler une partie de la forêt pour éteindre un incendie. Soudain, un jeune adulte tout juste sorti de l’école s’approche de moi. Il doit être stagiaire, pistonnée dans un cabinet ministériel.  
« Non, nous pouvons attendre ! Au moins voir si la destruction du Mexique fut efficace avant d’oblitérer tout ces pays ! ». 
« Si elle fut efficace, ce sera grâce à la rapidité de décision du Président américain. Nous ne pouvons attendre ». Je fais signe à deux soldats de l’éloigner.  
« Si l’Europe s’en sort ce soir, ce sera le fait de la détermination française ». Enfin, j’entre les codes, dans 20mn les vecteurs de contamination seront limités.  

 
« Monsieur le Président, nous avons perdu le contact avec notre pilote, mais il a le temps de nous décrire plus précisément la situation ». Il se stoppe ; cessez votre mystère, général.  
« Continuez ». Mon ton sec ne laisse lui fait comprendre ce que je pense de son suspens.  
« Et bien, nous avons quelques images retransmise les caméras embarquées. Lui, il commençait à délirer. Le pauvre gars pensait que son avion cherchait à l’absorber, que ses bras était happés par le poste de pilotage, son visage dévoré par son casque et le siège qui le... ».  
« Venez en au fait ».  
« Il entendait un maelström de cris unissons, formant un cœur macabre blasphématoire lui raclant le cerveau comme si des milliers de tisonniers ardents lui transperçait l’organe de part en part... ». 
« GÉNÉRAL ». Le vieux militaire est à bout de nerfs.  
« Je… Excusez moi, monsieur le Président. Ses derniers instants furent éprouvant... ».  
« Continuez, et transmettez les documents ». Il le fait, tremblant et suant d’un stress intense. Quelques larmes coulent les long de sa joue. « Que vous a t’il dit qui peut nous être utile ? ».  
« Ce n’est pas une maladie, ni un châtiment. C’est autre chose, une chose tellement immonde et abjecte qu’elle pervertie et broie la notion de réalité pour en instituer une nouvelle. Une réalité où l’humanité n’ait qu’une écume gesticulante et bruyante hurlant sa souffrance tout en s’exaltant de sa propre transfiguration indicible et cyclopéenne ! ». quelques gardes s’approchent, je leur ordonne de dégager ce malade.  

 
Les photographies prisent de l’appareil, bien que mitraillées, ne sont pas nettes. On y distingue des choses pourtant, des choses absurdes. Je plisse les yeux, non les clichés sont tous clairs. Parfaitement clairs. Le continent sud-américain est… transformé. Il est devenu une immense masse tournoyante de terres, de boue et de chair. La chose est si mouvante que l’immondice revêt une forme différente régulièrement. Le pire étant les millions d’humains, mutés, mutilé ou fusionnés dans des mélanges totalement absurdes, sur le continent sont comme des plaques d’eczéma vivantes. Je jette ces ignobles… Trucs, ramassées et rangées par un mec. La salle me regarde étrangement, se demandant sûrement que faire si le Président craque comme le vieille homme de guerre. Oh ne vous inquiétez pas, le Président ne craque pas, il est parfaitement lucide et apte à diriger les opérations. Bon, il faut que je me calme, c’est en gardant la tête froide que je pourrai prendre les meilleures décisions.  

 
« Monsieur ». Le ministre des affaires étrangères, l’air tétanisé et triste. 
« Quoi ? ».  
« Nous avons perdu contact avec Washington ».  
Non… Simplement, non… 
« Que faisons nous, Monsieur ? ». 
Je ne sais pas.  
« Monsieur ? ». 
Qu’est ce que tu veux que je fasse ? Pourquoi tu restes là, attendant mes ordre ? Par ce que tu sais que tu n’as nul part où fuir, je suppose.  
« Répondez ! ».  
Pas le temps de partir dans le grand nord. De toute façon tu ne tiendrais pas trois semaines avec les maigres réserves que tu prendrais avec toi, monsieur le ministre.  
« Mais putain, c’est vous qui êtes en charge. Bordel ! ». 
Il n’y a rien à faire.  
Puis, il me colle une gifle.  
« Je ne sais pas, je n’en sais rien. Regardez la carte, monsieur le ministre, l’Espagne envoie des appels de détresses. Il n’y a rien à faire, à part prier pour que l’Angleterre nous vitrifie ».  

 
Tout le monde se stoppe une seconde, comprenant le désespoir de notre situation. Pendant cette petite seconde, chacun d’entre nous savait que c’était foutu, que nous n’avions aucune chance. Que nous allions tous disparaître. Puis, ils se sont tous remit à s’agiter, s’invectivant, donnant ou demandant des ordres ineptes, il y en a qui prie aussi. Bref, s’occuper pour ne pas penser, peut-être. L’espérance est un doux poison quant on réfléchit. Moi, je reste là, assis sur une chaise en contemplant un 9mm que j’ai ordonné de m’apporter. Le caporal a hésiter, puis il s’est souvenu que je suis le chef suprême des armées, et la hiérarchie est tout ce qui lui reste.  

 
Je ne saurais dire combien de temps s’est écoulé, mais la chose commence à faire sa besogne. Nous pouvons entendre les hurlements des parisiens, voir les crayons ou les armes pénétrer la chair pour former de nouveaux être immondes. La condition humaine en personne, c’est elle que nous voyons impitoyablement souillée de la plus vile des façons. Par la fenêtre, j’aperçois trois individus agglutinés formant une sorte de cafard humain à trois têtes. Le pire est que la jubilation orgasmique est autant palpable que la frayeur dans les hurlements de détresses.  

 
Je ne saurais en supporter davantage. Je pointe l’arme, déjà collé irrémédiablement à ma main, sur la tempe et tire. Une balle sort, mais se fond sur ma peau. Le canon également, tout comme la chaise. Peu à peu je ressens ces extensions comme si il s’agissait de mes organes. Je me sens dévoré par ces objets, mon dos s’avachit sur le dossier qui devient ma colonne vertébrale. De peur, je bascule en avant et tombe sur le sol, je rampe dans la douleur et la folie croissante tant mon esprit ne peut concevoir cette ignominie. Je ne peux parler, ma langue ne faisant qu’un avec mes gencives et mes dents. Alors je beugle et rampe, comme une odieuse limace humaine cherchant inlassablement une bonne âme pour mettre fin à ce sinistre spectacle.  

 
Mais point de bonne âme, le sort de mes camarades n’est guère plus enviable. À ma gauche, un agglomérat de viande et de membres formant une boules disgracieuses englobant tout ce qui la touche, à ma droite une série de mutants aux corps disproportionnés et ridicules. L’un a un cou se confondant avec son dos élancé, mais allongé sur des mètres, enfaîte il n’existait de lui que ce cou et sa tête à l’humeur changeante entre joie psychotique et désespérance prostatique. Un autre est encastré dans un mur, devenant organique, agrippant toutes personnes s’approchant de lui pour fuir. Pas par malveillance, mais simplement pour obtenir de l’aide. Les de ces personnes fusionnent, alors eux aussi cherchent de l’aide. Formant ainsi une chaîne démente.  
Finalement vinrent l’harmonie, les vociférations collectives devenant une clameurs généralisé. Une ode à cette transformation que nous abjurons et haïssons. Une symbiose collective nous faisant presque oublier que la Terre mutait aussi.  
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PostPosted: Fri 10 Jan 2020 - 00:06    Post subject: Publicité

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Jared Gauss
Critique
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Joined: 14 May 2017
Posts: 101
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Masculin Lion (24juil-23aoû) 虎 Tigre

PostPosted: Fri 10 Jan 2020 - 11:03    Post subject: Monsieur le Président Reply with quote

Hopidop.
Première critique de texte pour moi allons-y.


- cohérence/vraisemblance de l'histoire : j'ai pas été choqué par grand chose, en tant que néophyte politique/administratif, y a suffisament de termes et de mécaniques recherchées pour créer l'illusion que le narrateur est bien le président du Sénat. C'est donc très cool de mon point de vu.


- cohérence des actions du ou des personnages : s'il n'y avait pas eu la référence à la fuite vers le pôle Nord, je l'aurai fait demandé ici. Mais du coup impecc, le ton acerbe et cynique par moment du président lassé et dépassé marche très bien pour rendre une cohérence.


- sentiment éveillé chez le lecteur : du bon dégoût, c'est à vomir de s'imaginer ça. Une sensation hyper désagréable d'inéluctabilité hyper travaillé. J'aime vraiment beaucoup.


- vraisemblance du moyen de transmission de l'histoire : plus ou moins un témoignage mais ceci dis on s'en tape c'est pour le Nécro, ça fera pas tâche.


- style d'écriture : rend bien le narrateur, j'ai rien à en dire de plus, à part que ça marche.


- lisibilité du texte : rien ne m'a gêné.


- intérêt de l'histoire : oh bordel c'est crade et ça fait bizarre. Cette idée de monstruosité humaine, j'aime. Vraiment. C'est crado, effrayant, en même temps ça donne envie de pleurer, ça fait réfléchir à ce qui pourrait être notre fin du monde à nous. C'est POUR.
________________
"Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l’effleurer. Les mauvais la violent et l’abandonnent aux mouches."





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Adiboy
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Posts: 117
Masculin Balance (23sep-22oct)

PostPosted: Sat 11 Jan 2020 - 17:33    Post subject: Monsieur le Président Reply with quote

- Cohérence/vraisemblance de l'histoire : J’ai juste une petite interrogation sur le fait que certains humains soient plus ou moins épargnés par le mélange de matière (comme la personne qui filme Mexico mais qui ne fusionne pas avec sa caméra ni avec le sol sur lequel elle court). Après, vu que les propriétés du phénomène ne nous sont pas expliquées, on peut imaginer qu’elles n’affectent pas directement tout le monde dans la zone de mutation.


- Cohérence/vraisemblance des actions du ou des personnages : Il est difficile de deviner avec exactitude quelles décisions seraient prises dans la réalité si une telle chose survenait, mais celles qui sont exposées ici me semblent parfaitement crédibles.


- Sentiment éveillé chez le lecteur : Très intrigué et captivé par cette idée de représenter les réactions du haut de l’état face à un cataclysme imminent et inconnu.


- Lisibilité du texte : Pas mal d’erreurs orthographiques, mais rien qui ne puisse être corrigé par la waffe. L’aération est bonne.


- Style d'écriture : R.A.S


- Intérêt de l'histoire : L’histoire en elle-même est assez linéaire, mais la qualité de la narration et de la description bien sordide, ainsi que le réalisme du récit et la conception amusante de l’abomination suffisent à intéresser et fasciner. C'est donc un pour de ma part.




Au fait Jared Gauss, il n'y a jamais de MdT dans les textes du nécro. C'est pour ça que le critère "- vraisemblance du moyen de transmission de l'histoire" doit être retiré pour les critiques de cette section : voir le système de vote du Néconomorial.
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Sawsad
Critique
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Joined: 11 Feb 2016
Posts: 179
Localisation: France
Masculin Gémeaux (21mai-20juin) 龍 Dragon

PostPosted: Mon 10 Feb 2020 - 16:45    Post subject: Monsieur le Président Reply with quote

Cohérence ; Le président du Sénat il vient de Seine St Denis ? Je le trouve bien vulgaire pour un homme politique, d'ailleurs pourquoi il méprise ses compères et veut même se la donner avec eux ? tav
Style ; Trop familier à ma gout, il y'a des limites au familier, même dans la pensée. Sinon le texte se lit très facilement.
Sentiment éveillé ; Curiosité, un peu de stress et la lecture a été très agréable.
Intérêt ; J'ai bien apprécié ton texte, même si je l'ai trouvé long à se mettre en place. Dommage que la pandémie soit un sujet plus que classique, surtout ces temps ci. Je suis donc pour
________________
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http://creepypastafromthecrypt.blogspot.com/2016/03/lepouvantail.html
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Wasite
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PostPosted: Mon 10 Feb 2020 - 17:15    Post subject: Monsieur le Président Reply with quote

Acceptée
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