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Ingen Steder V2

 
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Wasite
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PostPosted: Tue 22 Sep 2020 - 19:05    Post subject: Ingen Steder V2 Reply with quote

Les histoires sont des choses étranges, des œuvres de l'esprit destinés à divertir ou faire ressentir une série d'émotions à un public en manque. Ceux qui en racontent, de ce point de vue, ne sont-ils que de vulgaires dealers ? Et quel en est donc le prix à payer ? On le sait bien, nulle drogue n'est gratuite. Je suppose que cela dépend, dépend de celui qui raconte. Enfin, connaissez-vous l'histoire de Ingen Steder ? Eux-non plus, je vous rassure.

C’était une sorte de milice armée, ou de sécurité privée – elle cultivait volontairement le flou – qui avait engagé un guide pour l’orienter au travers des fjords norvégiens, à la recherche d’un village isolé. Ces hommes étaient à la poursuite d’une personne pour des raisons que la morale réprouverait certainement, le recrutement d'un guide ne posant pas de questions étant particulièrement évocateur. La route était risquée et la destination peu recommandable ; le hameau, quant à lui, de sinistre réputation. Pas celui où ils désiraient aller, mais celui où l'homme les emmenait. Chaque voyage a ses étapes, et celle-ci se révélait indispensable.

Ces étranges clients ne le croyaient pas au début, car le patelin n’était sur aucune carte, certes oui, mais ce n’était pas un village comme les autres. Il tenta de leur expliquer la chose au travers des rumeurs qui couraient sur « Ingen Steder », dont le nom fut à l’origine d’une hilarité générale. Le plus jeune, Noah, fit un jeu de mot plutôt habile. Qu’était-ce, déjà ? Oui, une plaisanterie sur le fait que « Nulle part » était honnête au vu de son emplacement. Ils prirent tous ensemble un peu de bière et l'étranger profita d’une accalmie zygomatique pour décrire leur futur arrêt. Ingen Steder fut, au cours du XIXe siècle, un endroit fort fréquenté par les marchands et bergers de passage, ce qui offrit une relative prospérité à la bourgade. Les échanges allaient bon train et cela éveillait la curiosité des environs, car l’inaccessibilité des lieux aurait dû la condamner au désintérêt de tous. Cela, pourtant, ne fut jamais le cas, même avec des relais construits à des emplacements beaucoup plus profitables et avec des tentatives diverses par les autorités locales qui tentaient d’attirer les voyageurs vers des routes bien plus logiques et efficaces. Il n’y avait rien à faire, ces derniers s’obstinaient à passer par là malgré les risques et la perte considérable de temps que le trajet représentait.

Les mercenaires l’écoutèrent tous sans le couper, visiblement intéressés et curieux au sujet de la légende. L'autochtone, plutôt gringalet, au physique tout à fait ordinaire, aurait volontiers continué son récit, mais leur chef, un vétéran de nature sceptique et pragmatique, ordonna à sa troupe le sommeil. De toute façon, ils ne prenaient pas au sérieux cette histoire, alors les confier à Morphée n’était pas un mal non plus. Le lendemain, l'homme continua à les guider au travers du dédale de falaises et de crevasse en prenant soin de les avertir des pièges naturels environnants. Une pente glissante ou alors un trou couvert de mousse ne sont pas rares dans la région et, heureusement, il connaissait le chemin à la perfection. Noah ne cessa de le harceler de questions à propos de l’endroit, discrètement néanmoins, car il craignait l’œil réprobateur de Henrik, son supérieur grincheux. Cela faisait plaisir au guide de constater un si vif intérêt de sa part, et il ne se privait pas pour lui donner de plus amples détails lorsque l’objet de sa crainte était occupé à réprimander un autre membre du bataillon. Il lui raconta la suite des événements, quand le seigneur local envoya quelques gardes comprendre les raisons de ce mystère. De prime abord, les gardes ne découvrirent rien d’exceptionnel, si ce n’est une magnifique auberge conçue pour recevoir dignement les visiteurs. Oh, bien sûr, les habitations étaient faites de pierres et les habitants gras comme des cochons. Mais ce n’était en rien d’étonnant au vu du nombre de fortunés voyageurs faisant halte là. Tout aurait pu se terminer ainsi, nonobstant, un des soldats avait un instinct aiguisé et savait qu’une diablerie empestait ces murs de larvikite. Il s’échina donc à trouver des preuves de son intuition et convainquit ses camarades de faire de même. Le soir venu, ils se rendirent dans l’église, un bâtiment luthérien peu entretenu en comparaison des beaux bâtiments voisins. Ces derniers ne trouvèrent aucun ministre du culte ni une quelconque croix. Chose qui les choqua considérablement. Était-ce une preuve d’hérésie ? La réponse était sans équivoque pour notre futé enquêteur, et le trio entama une fouille méthodique de la maison de Dieu. Nous pouvons trouver cela légèrement ridicule de chercher des indices dans le bâtiment manifestement le moins usité, mais pour les gens de cette époque, il était inconcevable de ne pas considérer une église comme l’épicentre d’une communauté. Que celle-ci soit un ramassis de dévots démoniaques ou pas. L’idée ne devait pas être si mauvaise que cela, car ils trouvèrent une trappe menant à des profondeurs indicibles.

Malheureusement, au grand désespoir de ce pauvre Noah, ils furent coupés dans leur discussion par Henrik qui exigea que cessent ces simagrées absurdes. Le colporteur sembla prendre ombrage de cette réprimande car il informa le chef, quelques minutes plus tard, qu'il allait repérer le chemin à quelques lieues de là. Ce dernier étant tout à fait retors et dangereux et méritait donc une inspection préalable. Les routes étaient particulièrement escarpées, et donc l'escadron se fatigua rapidement. Le meneur préférait prendre son temps et ne pas épuiser ses ouailles. Il était apparemment peu pressé d‘arriver à destination. Ils ne rejoignirent donc leur compagnon éclaireur que tardivement, mais cela ne le troubla pas outre mesure, du moins n'en fit-il pas mention. Ils décidèrent qu'un bivouac serait parfait avant de poursuivre leur route et s'enfoncer dans une nouvelle épreuve physique. Au coin du feu, les hommes commencèrent à discuter, bien que le malheureux maigrichon ne pût continuer son histoire. Le vieux Henrik ne voulait plus entendre parler de Ingen Steder, et surtout, ne voulait plus qu'il finisse son récit. Il ne comptait pas se laisser faire, vous pensez bien, alors il attendit d’être seul avec le guet pendant que tous dormaient à poings fermés. Le bouche à oreille avait parfaitement fonctionné, Noah s’étant fait relais de son histoire. La vigie serait le prochain pigeon voyageur, rôle qu’il était visiblement ravi d’assumer. Il continua donc là où il avait vulgairement été coupé.

Les trois gardes descendirent dans les tréfonds de la ville. Ils ne voyaient rien et n’avaient pas eu la présence d’esprit de prévoir des torches. De toute façon, ils ne se rendirent compte de cet oubli qu’une fois le sous-sol atteint et que les bougres virent des flammèches au loin. Certainement des bougies ou un brasier, ce qui restait parfaitement étrange dans un souterrain. Alors les trois continuèrent à marcher en direction de la lumière vive et trouvèrent une vaste cavité. Une immense crevasse circulaire dont le diamètre paraissait impossible à estimer. Encore, ce cratère improbable ne bouscula que peu l’équilibre mental de nos amis, mais la santé de leur esprit fut balayée comme un brin de paille au milieu d’un ouragan par la vision cauchemardesque qui siégeait au centre du cratère. Un gargantuesque amas de chair et de membres de toutes sortes, sans distinction d’espèce. Des chats, des chiens, des cerfs ou des vaches… Mais surtout des humains, en quantité incroyable. L’entité profane, la chose ignoble poussait des rugissements continus avec sa myriades de gueules et de bouches appelant à l’unisson ses engeances. Le cri était fort harmonieux, une sorte de symbiose vitale et de cohésion parfaite entre des choses qui sont pourtant chaotiques par essence comme l’homme et les animaux. Non, là, tous chantaient ensemble au travers de l’infâme blasphème avec leurs voix propres. Oh, que cet orchestre était beau, faites-moi confiance. Deux des hommes furent subjugués sur le coup, dans un instant de passion contradictoire oscillant entre le dégoût le plus profond et la joie exaltée, cela, pendant que leurs fondations psychiques se déchiraient comme du papier mouillé. Le dernier, le malin, voulu fuir sans attendre, mais derrière lui affluaient de toutes parts les villageois. En effet, chaque habitation ou édifice semblait posséder une trappe menant à cet épicentre inique. Alors, il se battit comme il le put, car tous les habitants se jetèrent sur le pauvre homme sans penser une seconde à leurs propres vies. Il parvint à en occire deux ou trois avant d’être submergé et maîtrisé. Les intrus ne tardèrent pas à découvrir leur sort, en effet les assaillants les envoyèrent presque immédiatement dans la divinité absurde. Enfin, plutôt membre par membre, en finissant par les têtes tranchées qui chantèrent à leur tour une fois engluées. Cela sous les gesticulations incessantes des infinités de parties muettes, comme des jambes ou des bras, composant la majorité de l’entité.

Tel un enfant captivé par un contre des Grimm, le vigile demanda pourquoi les villageois faisaient-ils cela et qu’était-ce que cette chose. Le guide conserva une part de mystère en lui promettant des réponses avant la fin du récit. Cependant, il lui glissa tout de même une révélation, certes évidente pour les plus perspicaces d’entre vous, mais visiblement déconcertante pour lui. La divinité offrait un étrange pouvoir d’attraction au hameau, comme un trappeur attirant du gibier dans un piège grâce à de délicieux appâts. La relève arriva avant que l'auditeur curieux ne le bombarde de questions, au grand soulagement de l’autochtone qui souhaitait s'isoler un peu. Il était néanmoins satisfait de ce soir, ils approchaient à grand pas de Ingen Steder et son récit allait bon train.

La journée suivante fut assez rude, et la chaleur étouffante du plateau qu'ils arpentaient transformait toute conversation un tant soit peu longue en calvaire christique. Ce n’était pas de chance, le guide bouillonnait littéralement contre les caprices de Dame nature et de ses lassantes facéties. Enfin, tous n’étaient pas à l’article de l’agonie, car Noah, qui était parti en éclaireur un peu plus loin, était en meilleure forme que les autres – même si sa tâche était surtout un prétexte du commandant pour l’éloigner du distrayant inconnu et de ses histoires qu’il jugeait abracadabrantesques et nuisibles à la concentration de ses hommes. Au bord de l’asphyxie, le jeune adulte les invita à venir admirer sa découverte. Ce qu'ils firent, et ce fut ainsi que la troupe se retrouva devant une antique stèle gravée indiquant « Ingen Steder ». Le curieux petit personnage fut très satisfait de voir qu'ils étaient sur la bonne route, le panneau médiéval l’attestant. Non qu'il doutât outre mesure de ses capacités de guide, mais l’assurance demeure une bouillote pour la conscience. Les autres murmurèrent entre eux, donnant enfin du crédit à la légende. Henrik, lui, était fort courroucé de la situation et demanda des explications. L'homme lui répondit qu'ils n'étaient qu’à quelques lieues de la destination, et qu’avec un peu de chance, ils l’atteindraient bien vite. Après quelques instants, le commandant se mit soudainement à rire, expliquant à sa troupe que leur compagnon temporaire pratiquait certainement une sorte d’humour local consistant à effrayer les voyageurs avant de les amener à l’endroit. Une espèce de tourisme étrange, bien qu'il niât ses accusations. Tout était vrai, et le guide tenait à ce qu’ils l’intègrent. Il était primordial qu’il finisse son récit. Ils se remirent en marche, décontenancés.


Le voyageur profita de la distraction de Henrik, perdu de ses pensées, pour s'adresser au reste de la troupe. En effet, ce point de passage lui avait rappelé une anecdote concernant un marchand, ou bien un moine itinérant, ayant emprunté la même voie des décennies auparavant. Ce dernier n'était pas un fanatique ou bien une personne crédule, adepte de la raison, fût-elle théologique, et donc ne prêta pas attention aux multiples avertissements que les habitants lui confièrent tout au long de sa route. Il arriva alors devant un grand arbre, un chêne magnifique et centenaire, là se tenait un vieux sage adossé qui l'interpella. « Ne continue pas ta route, mon ami, tu ne trouveras que ta fin. Ingen Steder n'est pas un lieu pour les Hommes ». Le sceptique n’eut cure des paroles du vieillards et ne les écouta que par respect pour son grand âge. Il continua donc et tomba sur un pendu presque décomposé. Malgré ses lèvres gonflées, celui-ci s'exprima tant bien mal. « Arrête-toi, tu ne sais pas où tu te rends ». L'humeur taquine du voyageur le poussa à répondre qu'il ne se rendait nulle part, ce qui courrouça le macchabée, qui rétorqua : « Écoute-moi, tais-toi et apprend, sinon mon sort sera enviable en comparaison du tien ». Une seconde fois, il refusa en argumentant qu'un pendu n'a d'expérience que celle qui mène au trépas, et reprit tranquillement son trajet. Il arriva alors aux abords de cette stèle indicative, ce panneau de pierre. Il s'y tenait la mort en personne, sa longue faux à la main et le visage couvert d'un capuchon noir. Ses doigts squelettiques pointaient en direction de Ingen Steder. « Suis cette route, pauvre âme, et jamais je ne viendrai te faucher. Tend l'oreille et entend la raison ». Le têtu marcheur ne lui accorda qu'un regard dédaigneux, la mort n'a de raison que celle menant à un inéluctable décès et il comptait encore vivre moultes années, alors il ignora tout simplement le vieil amas d'os drapé dans ses fripes noirs en lambeaux. Plus personne ne revit l'indécrottable sceptique.


Les soldats, enfin on le suppose, regardèrent avec incompréhension le hâbleur narrant une anecdote aussi farfelue. Ce dernier rit de bon cœur en expliquant qu'il ne fallait pas prendre cette histoire au pied de la lettre, qu'il s'agissait d'un conte local, mais avec un fond de vérité certain. Néanmoins, c'était à eux d'en tirer les leçons qu'ils souhaitaient. Lui, après tout, n'en était que le narrateur. La morale qui en résultat fut presque unanime, bien qu'elle mît quelques heures à éclore. L'équipe insista pour connaître la fin de l'histoire, insista pour connaître le passé de Ingen Steder et cela sans tenir compte de l'avis du chef. Chose que le guide leur offrit de bonne volonté.

La disparition des gardes ne causa qu’un émoi temporaire relatif, les enquêteurs suivants ne s’attardant jamais et ne collectant rien d’incriminant. Les années passèrent sans que la situation n’évolue. Quelques voyageurs se volatilisaient, mais les routes étaient peu sûres, n’est-ce pas ? Cela jusqu’à ce que se développe le journalisme et que le monde voie naître les premiers investigateurs. Au cours du XIXe siècle, il se développa une nouvelle passion dans la région. Une curiosité presque obsessionnelle, de la part de bourgeois et d’intellectuels oisifs, pour le cadre de vie rural et paysan censé être préservé de la réalité désenchantée. Une sorte de matrice inchangée des temps immémoriaux et conservatoire de traditions ancestrales, des sauvages locaux en somme. Un homme d’une trentaine d’années fut donc mandaté pour parcourir les villages reculés afin de capter une partie de cette essence originelle et de la retransmettre. Ce qu’il fit de bonne grâce, et le nom de la bourgade mystérieuse finit par parvenir à ses oreilles. Alors, le folkloriste se décida à s’y rendre en prenant soin de conserver un pistolet afin de se prémunir des bandits, nombreux disait-on, infestant la région.

Une fois sur place, il prit son temps pour connaître la petite cité et ses habitants. Il trouvait étrange que ces derniers soient habillés de manière convenable, tranchant avec ses précédentes expériences rurales, tout comme les bâtiments. Il n’y avait là aucune préservation du passé, simplement une extension de la modernité dans un cadre bucolique. Telle une pustule sur un beau visage. L’investigateur ne se découragea pas pour autant et continua à étudier l’endroit, sans se soucier du fait que les locaux n’étaient pas enchantés de ce trop curieux visiteur.

Les jours passant, il commença à trouver une chose particulièrement suspecte. Les réponses et les conversations des habitants ne sonnaient pas naturelles, comme si elles étaient l’œuvre d’automates aux réflexes perlocutoires enregistrés. L’homme notait jour après jour les bribes d’échanges qu’il pouvait voler par-ci par-là et les faits ne mentaient pas. Plus troublant encore était sa vision des habitants : plus il s’accoutumait à leur présence, plus leur forme changeait. À la manière d’un voile se levant, ou d’une brume psychologique se dissipant. Ce n’étaient pas des êtres humains, mais des tas de chairs et de membres agglutinés en un seul bloc profane. Les dignes enfants de la monstrueuse génitrice, bien que ces choses ne fussent que des extensions, des pantins dénués de volonté propre. Ils n’existaient que pour rendre viable la toile immonde et nourrir l’araignée en son centre. Lorsqu’il se rendit compte de cela, il fusa en direction de la civilisation immédiatement, enfin, quand l’illusion se brisa, car le chercheur n’attendit pas d’obtenir le fin mot pour prendre la poudre d’escampette. Les abominations tentèrent évidemment de l’arrêter et de se jeter sur lui, mais il parvint à en éliminer suffisamment, grâce à la technologie moderne, pour atteindre les limites du bourg. À ce moment, plus personne ne le suivit et il put suivre son chemin. Cependant, après une pause bien mérité à des kilomètres de là, il se réveilla sur la grande place de Ingen Steder, et entouré par les cauchemars ambulants. Je pense que vous savez ce qui arriva à notre pauvre ami qui n’eut pas le temps de vraiment comprendre avant son inévitable assimilation.


Le guide n'avait pas été honnête avec ses compagnons, il avait menti par omission. Ingen Steder n’était pas vraiment un lieu, ni un village, mais un monstre se tapissant sur cette route, prêt à fondre sur ses proies. La bête n’avait pas de localisation exacte et s’arrangeait toujours pour être trouvée. On ne pouvait s’en sortir que si elle le souhaitait, quiconque se retrouvait englué dans sa toile était à sa merci. Tous ne mouraient pas, car il ne fallait pas que cette voie soit réputée maudite et s’oppose ainsi à l’attraction naturelle via une crainte populaire. Or, malheureusement, les désormais rares personnes de passage ne pouvaient guère espérer en réchapper, car la modernisation et les multiples sollicitations de toutes sortes, du fait des possibilités de voyages ou d’explorations aisés tout autour du monde, noyaient l’influence dans un maelstrom d’autres. Le résultat était une faim vorace et impitoyable de tout ce qui pouvait passer à porter de crocs, la famine atroce de l’immondice obligeant à une assimilation cruelle de la faune sans distinction, ni sélection. Même si les humains étaient bien évidemment un met de choix.

Le commandant l’attrapa par le col et lui hurla diverses insultes. Ses soldats voulaient comprendre pourquoi il les avait offerts en pâture. Ce retournement d’opinion peut sembler brusque, mais cela s'explique par le fait que Ingen Steder était apparu subrepticement à quelques centaines de mètres avant la fin de l’histoire. Ce qui les fit paniquer du plus profond de leur être. C’est à ce moment que le narrateur prit congé de ses amis d’un récit, n’aimant pas souffrir de la peur et du ressentiment d’autrui. Ce n'était qu’un guide racontant des histoires, après tout.

Que se passa-t-il pour ses malheureux auditeurs en treillis ? Eh bien, ils tentèrent aussi de fuir, mais les pauvres étaient déjà arrivés sans le savoir. Prisonniers de la toile.

C1 par Magnosa

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PostPosted: Tue 22 Sep 2020 - 19:05    Post subject: Publicité

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Wasite
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Joined: 24 Aug 2016
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PostPosted: Sun 11 Oct 2020 - 15:17    Post subject: Ingen Steder V2 Reply with quote

Étant donné la popularité de la première version et l'intégration plus large de ce texte, j'assume son acceptation
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Sawsad
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Joined: 11 Feb 2016
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Masculin Gémeaux (21mai-20juin) 龍 Dragon

PostPosted: Sun 11 Oct 2020 - 15:19    Post subject: Ingen Steder V2 Reply with quote

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